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Powerless [Elena]Auteur
MessageSujet: Powerless [Elena]   Ven 14 Juil 2017 - 21:53

Ça ne pouvait pas être Nelly, et tu le savais. Elle avait les clés, pourquoi s'embêterait-elle à frapper à la porte ? Titubant, tu te levais du canapé et prit la direction de la porte d’entrée. C’était la curiosité qui te poussait à ouvrir. À son départ, la folle aux cheveux roses t’avait annoncer aller chercher du renfort, piquant au vif le peu d’intérêt qu’il te restait pour le monde extérieur. Lorsque tu ouvris la porte, la surprise avait envahis ton visage. Tu bégayais à demie-voix.

« Que… Elena... »

--------------FLASHBASK--------------
C’était dimanche soir. Pendant que le brouillard s’installait lentement sur l’île, tu te contentais de continuer tes recherches dans tes multiples livres. Seulement, après y avoir passé une large partie de la journée, il fallait bien que tu te changes les esprits. Alors, tu avais poussé les ouvrages disposés sur la table pour installer l’ordinateur portable que tu venais de sortir de sa sacoche de transport. Tu lançais ta machine, traînais rapidement sur les réseaux sociaux et les nouvelles du Monde avant de consulter tes mails. Alors que jusque-là tu chantonnais, la stupeur prit ton visage. Tes yeux refusaient de délaisser l’écran. Mais rapidement, la colère montait en toi. Tu te savais prêt à exploser. Après tout, qu’est-ce qui t’en empêchait ?

Alors, pour calmer tes esprits, tu étais parti faire un tour à l’extérieur. Entre temps la pluie s’était mêlée à la brume et au froid de ce côté de l’île. Et tu marchais. Tu marchais sans but, uniquement pour te libérer l’esprit. Tu avais le cœur lourd alors que les gouttes de pluies s’acharnaient à te tomber dessus, comme une fatalité de plus qui s'abattait sur toi.

Aujourd’hui, pour la première fois depuis ta plus tendre enfance, tu avais eu froid.

---------------STOP--------------

« Que… Elena… »

Alors là, si tu t’y attendais ! Bien sûr que c’était totalement imprévu. Le jour où Nelly deviendra prévisible n’était donc pas encore né. Tu la fixais sans dire un mot de plus. Le regard triste et perdu que tu lui offrais n’avait rien de très glorieux. Tu avais honte de te montrer à elle dans l’état dans lequel tu étais maintenant. Pourquoi avait-il fallu que ça soit elle qui arrive juste à ce moment où tout va mal ? Pourquoi c’était elle que ton amie avait été cueillir comme “renfort” ? Et pourquoi la belle à la chevelure de jais était la seule personne de qui tu avais soutenu le regard depuis ces deux derniers jours ?

Tellement de question sans réponses. Des questions que, dans ton état, tu ne te posais pas réellement. La déferlante d’interrogation ne faisait que commencer, Shawn. Il faudra t’y faire à présent. Maintenant qu’”elle” n’est réellement et définitivement plus là.

--------------FLASHBACK--------------
Lundi, début de soirée. Terrence était venu voir si “tu étais encore en vie” alors que tu n’avais donné signe de vie à personne depuis plus de vingt-quatre heures. Tout feu tout flamme n’était pourtant pas du genre à beaucoup s’inquiéter, mais il avait -il fallait l’avouer- un instinct qui t’avait souvent impressionné. Avachis sur le canapé du salon, le regard vide, tu faisais déjà peine à voir à ce moment-là. Et pourtant le seul réflexe, la seule pensée que tu as eu à ce moment-là a été de lui demander s’il voulait boire un coup avec toi.

Non, Shawn, bien sûr qu’il ne voudrait pas. Qui aurait accepté de boire avec toi alors que tu semblais déjà tellement attaqué par l’alcool ? Terrence était idiot mais lucide, lui, au moins. Il n’avait pas hésité une seconde à te retirer ton verre des mains. Pour autant, il n’avait pas essayé de te faire la morale. Il savait que ça ne servait à rien. Rongé entre chagrin et colère, tu n’étais simplement pas prêt à entendre ce qu’il avait à te dire. Alors, tu avais fini par le chasser. Tu voulais rester seul. Seul dans cette pièce froide et sombre, à te morfondre de ta vie passée avec elle. Ce soir-là tu l’avais passé seul, à boire dans ton coin, avant de t’effondrer sur le canapé jusqu'au petit matin.

--------------STOP--------------

Tu la regardais. Tu avais l’impression que ça faisait une éternité que tu ne l’avais pas vue. Ah, Elena. Elle provoquait en toi une forme d’apaisement. Juste d’avoir planté ton regard dans le sien, tu sentais la chaleur de son regard te contaminer. L’instant avant même qu’elle ne puisse ouvrir la bouche, tu l’avais attrapée et tu l’avais serrée contre toi, sans hésiter plus. Tu la tenais de manière à ce qu’elle ne puisse pas te regarder, mais tu la serrais tellement fort que tu avais l’impression de pouvoir la briser.

« Rentre chez toi… S’il te plaît… »

Tes gestes contredisaient totalement tes paroles. Tu lui disais de partir, mais tu la tenais contre toi pour la garder à tes côtés. Ta voix tremblait tandis que tu humais le parfum que dégageaient ses cheveux. Désormais, les larmes perlaient à tes yeux. Alors même que tu n’avais pas versé une larme depuis que tu avais appris la nouvelle. Alors même que tu avais jusque-là noyé et enfoui ton chagrin. Pourquoi fallait-il qu’en sa présence tu menaces à ce point de relâcher tes émotions ? Pourquoi elle, alors tu étais éperdument entiché d’elle ?  

--------------FLASHBACK--------------
Mardi, fin d’après-midi. Cette fois, c’était Nelly qui était venue prendre de tes nouvelles. La jeune à la chevelure rosée n’avait pas été aussi “tendre” que ton ami de la veille. Elle, elle avait simplement fouiné dans tes affaires sans que tu ne l’y autorises. En même temps, avachis sur le canapé à regarder le plafond, tu n’avais pas réellement la force de te battre avec elle. Elle avait jeté un œil sur ton écran d’ordinateur. Elle avait vu “ce” mail. Cette photo d’Angelic, en robe de mariée, accompagnée d’une enfant et d’un mari qui semblaient heureux ensemble. Le mail venait d’Angleterre, et avait été envoyé par ta mère, Shawn. Ta mère te savait en vie, et venait une fois encore de bousiller ton existence. Sous la photo, le corps du texte indiquait “Mariée et mère d’une petite fille. Elle s’appelle Azuria. Ne reviens jamais, personne ne t’attend.” Nelly avait tiré une drôle de tête, tu avais d’abord pensé qu’elle était surprise du ton qu’employait ta mère avec toi. Mais la vraie raison, tu la connaissais ; et elle avait dû le voir, elle aussi. Elle était lentement approchée du canapé alors que tu t’y trouvais assied, la tête entre les bras et les coudes sur les genoux. Avec ses yeux emplis de tristesse et de compassion, elle avait relevé ta tête alors même que tu la sommais de partir. Tu ne voulais voir personne, tu chassais l’aide que l’on venait t’apporter. Pourtant, elle avait tout de même planté ses yeux dans les tiens. Son front collé au tiens, elle avait lâché un grand sourire avant de se décaler.

« Tu pourrais au moins prendre soin de toi, Shawn. En plus de boire, t’es bouillant de fièvre ! »

Elle s’était levée alors que tu lui ordonnais de te foutre la paix. Plantée au milieu du salon, elle n’avait pas tourné la tête en ta direction.

« N’emploie plus jamais ce ton avec moi Shawn. Sinon… »
« Je n’ai pas peur de ta faux, moi, Nelly. »
« Tu n’y as pas encore goûter, tu ne peux pas en avoir peur. Je ne reviendrais pas, mais je vais chercher du renfort. J’attendrais tes excuses. »

Et elle avait claqué la porte avant que tu ne recommences à grommeler. Tu en avais profité pour te servir un nouveau verre.

--------------STOP--------------

Tu ravalais tes larmes. Combien de temps avais-tu gardé ton amie dans tes bras ? Combien de temps allais-tu encore la garder ici ? Toi qui lui disais de partir. Toi qui n’avais accepté aucune aide. Toi qui avais rejeté la tendresse de Nelly-Pi quelques heures plus tôt. Toi qui n’arrivais pas à lâcher l’étreinte que tu exerçais sur la belle à la crinière brune.

Certainement qu’elle pouvait sentir ton cœur battre à un rythme fou. Certainement qu’elle avait remarqué les frissons de froids qui parcouraient ta peau à cause de la fièvre qui te possédait. Mais une chose était sure : elle ne pouvait qu’avoir remarqué ton mal-être. Tes cheveux en bataille et ta chemise à demie-ouverte te donnaient un air négligé. Tu avais honte. Honte de te montrer ainsi face à elle. Sauf que c’était trop tard, tu le savais n’est-ce pas ?

Tu relâchais finalement ton étreinte, libérant la belle de tes bras tremblants. Tu ne savais quoi faire : la jeter dehors, ou la laisser passer la maudite barrière que tu avais érigée contre le monde ? Tu n’avais pas le cœur assez dur pour la mettre à la porte comme les autres. Tu te ramollis, Shawn. Non, en réalité, elle t’avait seulement touché en plein cœur avec son regard d'azur. Shawn, tu t’étais rendue compte pourtant… De ces sentiments que tu éprouvais pour elle. Ces sentiments si puissants, si inédits.

Le regard bas, tu n’osais pas soutenir les perles bleues d’Elena. Finalement, tu conviens qu’il était hors de question de la jeter dehors. Alors, tu avais saisi sa main, fermé la porte derrière toi et la poussais à te suivre jusqu’au salon. Là, à l’entrée du salon, tu lâchais sa main. Pourtant, tu restais planté debout, l’esprit embrumé et le regard vague. Pour contrer les effets de la fièvre et de l’alcool tu venais de t’adosser au mur derrière toi et tu te laisses désormais tomber le long de celui-ci. Alors, tu avais levé la tête vers celle qui t’accompagnait.

« Fais comme chez toi. Ce n’est pas rangé… mais t’auras compris que c’est pas vraiment ma priorité aujourd'hui. »

Bien que tu la regardais, tu ne parvenais pas à soutenir son regard. Trop honteux, fiévreux et éméché certainement pour parvenir à garder quoi que ce soit du regard trop longtemps. Maintenant, il faudrait peut-être déterminer lequel des trois en est réellement la cause. A moins qu’il n’y ait encore autre chose...


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MessageSujet: Re: Powerless [Elena]   Sam 15 Juil 2017 - 10:32

Elle ne l’avait pas revu depuis son retour sur l’île. Quelques jours s’étaient déjà écoulés sans que la belle à la crinière d’ébène ne lui donne de nouvelles d’elle. Pourquoi ce silence de sa part ? Parce qu’elle ne savait pas par où commencer. Parler de cette mission périlleuse durant laquelle elle avait fait face à Ran, lui ayant valu quelques points de suture sur la paume de sa main, quelques hématomes ci et là, ou bien lui avouer ce que son cœur ne cessait de hurler. Voilà deux jours qu’Elena scrutait les couloirs de l’université, se prenant même à vagabonder près de la fameuse salle sans numéro où son ami avait l’habitude de passer la plus grande partie de son temps. Mais jamais elle ne l’avait aperçu. Sans trop savoir pourquoi, la brune voulait que le hasard l’amène à lui, incapable de se décider sur le texte à écrire sur son téléphone ou sur son ordinateur.

Le souvenir de ses lèvres, la douceur de celles-ci se posant sur les siennes, ne faisait que lui revenir en mémoire. La petite fleur bleue sentait son cœur qui s’emballait uniquement à cette pensée. Il lui avait fallu se mettre en danger pour comprendre l’étendue de ses sentiments pour le beau Suijin. Son regard, son sourire, tout ce qui venait de lui manquait à la douce, tout ce qui l’avait charmée. Elle ne pouvait se le sortir de la tête et quand bien même, elle ne voulait pas. Cette sensation de chaleur au creux de sa poitrine lorsque ses songes dérivaient vers lui était bien trop agréable pour être rejetée. Et peut-être que … Peut-être éprouvait-il la même chose ? Elle avait cru le sentir dans les battements de son cœur lorsqu’elle s’était blottie contre lui, elle avait cru le déceler dans ses pupilles d’émeraude lorsqu’il posait les yeux sur elle, elle avait cru le ressentir dans la tendresse de leurs baisers échangés. Elle avait cru, simplement, était-elle si loin de la vérité ?

Durant cette dernière heure de cours, elle s’était prise à rêvasser, réfléchissant toujours à ce qu’elle devait dire ou faire. Si seulement elle n’était pas si novice en matière d’amour, si seulement elle n’était pas aussi réservée bien que Shawn avait ce don de la mettre à l’aise, si seulement elle n’avait pas peur d’un rejet. Quittant sa salle de cours, une voix féminine inconnue l’interpela. Surprise d’entendre son prénom, Elena leva le regard vers une jeune femme à la chevelure rose qu’elle avait l’impression d’avoir déjà vue quelque part. Mais rapidement, le nom de Shawn fut mentionné, captant l’attention immédiate de la Saruta. Selon cette demoiselle se prénommant Nelly-Pi, son ami avait des problèmes et la rose demandait son renfort. Pourquoi elle ? Sans réellement réfléchir, elle lui avait posé cette question : « Pourquoi moi ? ». Et la réponse ne se fit pas attendre. Parce que le ténébreux tenait à elle. Après tout, elle était sa raison de rester ... Enfin c'était ce qu'elle s'imaginait.

Non sans remercier cette étrange étudiante, la brune se hâtait de sortir des cours. Une seule chose en tête, rejoindre Shawn et le soutenir. Le soutenir aux dépens de ses propres sentiments qu’elle tairait. Au vu de la cause de ses problèmes, la belle américaine ne pouvait plus se permettre de s’immiscer dans sa vie de la sorte, elle n’en avait pas le droit après ce qu’elle venait d’apprendre. Elle resterait son amie, une oreille attentive et une épaule à disposition. Si sa gorge se serrait à cette pensée, ce n’était rien comparé à cette inquiétude grandissant en elle. Celui qui logeait déjà au plus profond de son cœur avait maintenant le sien en miette, et ce, à cause d’une autre.

Comme pour refléter l’état d’esprit de la jeune femme, le temps s’était couvert avant qu’une pluie orageuse ne s’abatte sur l’île entière. Ce fut donc simplement vêtue de sa robe de printemps d’un beau bleu pastel, nouée d’un ruban sombre à la taille, de ses ballerines noires et de sa petite veste en jean, que la belle à la crinière d’onyx affrontait ce temps en ayant surpris plus d’un.

Trempée jusqu’à l’os, l’étudiante en lettres parvint à gagner tout de même la Résidence de son ami, grelottant de froid alors qu’elle prenait l’ascenseur qui n’allait certainement pas assez vite à son goût. Quelques habitants de l’immeuble la dévisagèrent, la faisant rougir. Sa jolie robe pastel n’était plus qu’un tissu trempée, moulant ses formes contre son gré mais pas que … Peu importe, même si elle avait honte de cette tenue, elle voulait à tout prix rejoindre le Suijin, pour le soutenir par sa simple présence. Son cœur tambourinait dans sa poitrine alors qu’elle hésita un instant à frapper à la porte de son appartement, ce qu’elle finit par faire.

L’attente lui parut interminable et enfin, la poignée de porte pivota alors qu’à l’encadrement se présentait celui qu’elle aimait, qui souffrait pour une autre femme. A la vision de ce visage triste et lassé, la belle eut l’impression qu’on lui enfonçait un poignard dans le cœur. Ils étaient dans un bel état, tous les deux. Lui avec sa mine déprimée mais pourtant surprise de la voir venir à lui, ses cheveux en bataille et sa chemise ouverte. Elle, transie de froid, dont les cheveux habituellement doux et soyeux n’avaient plus aucune forme tant ils étaient détrempés, dont la robe lui collait à la peau tout en en révélant un peu trop sur ses formes et ce qu'il y avait en dessous. Et pourtant, Elena ne put s’empêcher de se plonger dans ce regard d’émeraude. Il lui avait manqué, encore plus qu’elle le pensait.

Elle ouvrit la bouche, mais la referma aussitôt, ne sachant que dire à cet instant. Comment pourrait-elle lui souhaiter un bonjour ? Comment pourrait-elle lui apporter les politesses habituelles ? Ils restèrent un instant immobile alors qu’enfin, le beau ténébreux s’avança vers elle, passant ses bras autour d’elle. Il la serrait fort, si fort alors que la joue rosée de la Saruta se posa sur son torse decouvert. A l’accoutumée, elle en aurait rougit, elle en aurait été gênée, mais à cet instant, elle ne songea qu’à l’enlacer à son tour pour caresser doucement son dos. Son propre cœur était au bord de l’implosion alors qu’elle s’en voulait de profiter de ce rapprochement. Et pourtant, elle en avait bien besoin. Sa peau était douce, mais pourtant brûlante, laissant deviner une fièvre, un mal-être. Elle se sentait si fragile dans ses bras alors que c’était lui qui appelait à l’aide. Elena ne put croire en ces mots qu’il prononçait. Resserrant son étreinte, elle répondit de sa douce voix, tentant de ravaler ses propres larmes.

« Non Shawn, je n'irai nul part … »

Elle ne partirait pas. Elle ne le laisserait pas seul. Il en était hors de question. Et les gestes du ténébreux contredisaient ses propres paroles. Le voir dans cet état lui fendait le cœur. La belle à la chevelure d’ébène poursuivait ses tendres caresses, cherchant en tout point à le réconforter tout en savourant la chaleur de ses bras. A cet instant, elle dut se faire violence pour ne pas prononcer ces mots qu’il lui brûlait les lèvres. Elle l’aimait. Sans aucun doute. Si fort déjà. Mais ce n’était pas le moment.

Le beau brun finit par la relâcher alors qu’elle relevait ses iris d’azur vers lui, elle voyait bien ces larmes qui menaçaient de s’échapper de l’émeraude. Elle serra le poing alors qu’un petit lancement lui rappela ses points de suture et ce pansement blanc qu’elle vint dissimuler dans sa manche. Il ne devait pas voir. Elle voulait tant poser sa main sur son visage d’ange, le rassurer, se rapprocher encore un peu plus de lui. Mais elle ne pouvait pas se le permettre. Elle avait eu trop tendance à oublier celle qui logeait déjà dans le cœur de son si cher ami.

Tandis qu’Elena souffrait en silence, le Suijin semblait en proie à un dilemme alors que finalement, il la prit par la main pour l’entrainer à l’intérieur de son antre. La jolie brune savait que cela voulait dire beaucoup, la rose lui ayant expliqué qu’elle avait été chassée sans ménagement pour sa part. Il la laissait entrer. Il voulait d’elle. Enfin … de sa compagnie, de sa présence. Il l’amena jusqu’au salon où la douce put remarquer ces cadavres de verre autour du canapé. L’odeur ne lui avait pourtant pas échappée lorsqu’il l’avait serrée contre lui.

La mine triste, la douce l’observa alors qu’il se laissait glisser au sol, contre le mur. Il s’adressa à elle, mais Shawn ne semblait pas vouloir lui accorder ce regard dans lequel elle aimait pourtant tant se plonger. Alors, doucement, abandonnant son sac de cours par terre, elle s’agenouilla devant lui, sa longue chevelure gouttant à sa guise sur le sol qu’elle vint écarter derrière son oreille. Silencieusement, elle vint poser son front contre le sien. Elle dont la peau était si fraiche alors que la sienne était bouillante. Sa main blessée toujours bien cachée, l’autre vint doucement caresser la joue rosie du ténébreux. Elle n’avait pu s’en empêcher bien longtemps. Ses prunelles d’océan captant la profondeur des siennes, elle lui murmura quelques mots.

« Ne t’inquiètes pas, je m’occupe de tout … Je vais prendre soin de toi … Je suis là maintenant. »

Décollant son visage du sien, ses douces lippes vinrent s’appuyer sur son front alors que ses phalanges quittaient sa peau. Elle l’observa un instant alors qu’elle mourrait d’envie de lui voler ses lèvres, ce qu’elle ne fit pas. « Je suis désolée … » Sans doute comprendrait-il qu’elle jouait de son empathie, elle qui n’y était pour rien dans cette tristesse. Mais elle ne put se retenir bien longtemps, déposant un tendre et bref baiser sur les lippes de son ami. Un réconfort pour elle, peut-être aussi pour lui ? Elena s’écarta, se redressant tout en se mordant la lèvre avant de s’adresser de nouveau à lui toujours avec cette même délicatesse qui la caractérisait si bien, comme si de rien n'était.

« Ne restes pas là, tu as besoin de repos … »

Détournant les talons, elle ferma un infime instant les yeux tout en déglutissant discrètement. Cette épreuve semblait tout aussi éprouvante pour elle que pour lui, mais pas pour les mêmes raisons. Ce n’était pas le moment de jouer les égoïstes, elle qui avait toujours fait passé les problèmes des autres avant les siens. La brune devait s’occuper l’esprit, s’approchant des bouteilles vides ou semi-vides pour les saisir alors qu’elle se permit de se diriger vers la cuisine. Le reste d’alcool finit au fond de l’évier, pour éviter de nouvelles tentations.

Puis elle revint vers le salon, non sans s'être permise de lui apporter une tasse de café qu'elle posa sur la table basse. Elle s'approcha de son ami alors qu’elle se forçait à sourire.

« Je me suis permise de te faire un café ... Tu as besoin d'autre chose ? … Dis-moi … Je suis là … »


Elle serait toujours là pour lui. Toujours.






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MessageSujet: Re: Powerless [Elena]   Sam 15 Juil 2017 - 13:53

Tu faisais peine à voir, Shawn. Tellement peine à voir. C’était comme si tu n’étais plus toi-même, en proie à des démons profondément ancrés en toi. Cette noirceur que tu avais réussi à enfouir, la transformant en motivation qui te permettait jusque-là d’avancer dans tes projets, de persévérer ; cette noirceur qui remontait comme lorsqu’elle avait disparu au tout début. Un homme blessé doublement, voilà ce que tu étais aujourd’hui. Et tu te sentais tellement lamentable qu’elle, l’élue de ton cœur, assiste à ce spectacle digne d’un navet français qui passerait sur une chaîne nationale l’après-midi.

Tu l’avais amenée au salon avant de te laisser tomber désespérément contre un mur, comme si plus rien ne pouvait te soutenir à par un bloc de béton. Tu savais que c’était faux. Tu savais qu’elle n’était pas là par pitié. Tu t’en doutais, n’est-ce pas ? Tu te doutais certainement des sentiments qu’elle pouvait avoir pour toi. Et pourtant tu refusais d’ouvrir les yeux ; tu refusais de te risquer à être heureux, de peur de gâcher cette relation si complémentaire qui s’était installée entre vous. Elle avait ces yeux tristes, ceux que tu aurais aimé ne jamais voir sur son visage. Les larmes montaient à nouveaux à tes prunelles alors que tu détournais le regard. Tu entendis son sac tomber. Alors, elle s’approchait de toi jusqu’à pouvoir poser son front contre le tient. Sa peau froide contrastait avec la tienne, bouillante de fièvre. Pourquoi n’as-tu pas eu le courage de l’attraper contre toi ? De la serrer dans tes bras ? De caresser sa joue, ses cheveux humides ?

« Ne t’inquiètes pas, je m’occupe de tout … Je vais prendre soin de toi … Je suis là maintenant. »

Tu relevais la tête doucement, croisant enfin son regard alors qu’elle apposait ses lèvres sur ton front. Dans un murmure, elle s’excusa. Mais, de quoi s’excusait-elle ? D’être séduisante, désirable à souhait ? Ou bien d’être trempée jusqu’aux os, comme une idiote qui aurait couru sous la pluie ? Tu n’eus pas le temps d’ouvrir la bouche pour lui demander : ces lèvres possédaient déjà les tiennes.

La surprise s’emparait de ton visage. Ce n’était pas la première fois, pourtant, alors pourquoi est-ce que ce baiser avait un tel impact sur toi, là, maintenant ? Ton cœur tambourinait déjà dans ta poitrine, tu n’entendais plus que lui, quand bien même elle t’avait demandé de ne pas rester là où tu te situais. Tu l’avais vu, elle l’avait encore fait ; ce geste qui te fait craquer. Elle avait encore mordillé sa lèvre. Et toi, toi tu mourrais d’envie de répondre à ce baiser trop court à ton goût. Alors, tu la regardais s’éloigner de toi, ne sachant quoi faire pour la retenir. En avais-tu le droit, après tout ? Qui étais-tu pour juger qu’elle ne devait appartenir qu’à toi et à toi seul ? Tu l’avais vu saisir les bouteilles, partir vers la cuisine. Tu l’avais observée, détaillée. Ses vêtements mouillés n’avaient pas échappé au peu d’attention que tu avais. Décidément, elle t’obsédait. Elle t’obsédait tellement, que tu préférais qu’elle prenne soin d’elle et non de toi. Alors, titubant, tu t’étais dirigé vers la salle de bain pour y récupérer une serviette.

« Je me suis permise de te faire un café ... Tu as besoin d'autre chose ? … Dis-moi … Je suis là … »

Elena avait posé une tasse de café, visiblement tout frais et chaud, sur la table basse. Le geste, pourtant simple, t’avais surpris : ton regard le trahissait, mais tu espérais qu’elle ne le lise pas. Tu avais peur de la vexer, tu te sentais maladroit et vulnérable. Mais tu n’étais pas totalement idiot, n’est-ce pas Shawn ? Et puisque tu ne l’étais pas, tu voyais parfaitement sur son sourire, habituellement si magnifique et éclatant, n’était pas celui qu’elle avait pu te montrer jusqu’à aujourd’hui. Il n’était pas sincère. Et toi, tu n’aimais pas ça.

Tu t’étais approché d’elle, jusqu’à ce que tu puisses la toucher, sans pour autant le faire. Pour la première fois, tu étais venu chercher son regard de toi-même. Si ton visage affichait encore une profonde tristesse, c’est parce que tu n’étais pas apte à lui mentir ; tu t’y refusais. Elle était ce qui comptait le plus pour toi, pourquoi tu aurais voulu lui mentir ? Lui esquissant pourtant un léger et simple sourire en coin, tu posais la serviette sur sa tête et tu commençais alors à sécher doucement la chevelure de ta belle.

« J’ai besoin que tu prennes soin de toi, Elena. »
J’ai besoin de toi… Pourquoi c’est si dur à dire… ?

Tu avais saisi sa main, l’avait tiré vers ta chambre. Ton cœur s’enflammait, tes poumons te brûlaient, tes joues étaient teintées d’une douce mais violente couleur rouge. Mais ça, c’était la fièvre, tu en étais certain. Lorsque vous eurent enfin rejoins la pièce, tu lâchais sa main pour farfouiller dans l’armoire, sortant une chemise propre et la posant sur le lit. Alors, tu t’approchais à nouveau d’elle, plantant tes iris bleutés dans les siennes. Ta main glissait sur sa joue avec tendresse.

« Tu ferais mieux de te changer, ça évitera que tu attrapes froid. »
Ça évitera que je te saute dessus.

Tu savais qu’elle allait protester. Tu savais qu’elle n’accepterait pas que tu prennes ne serait-ce qu’un peu soin d’elle alors que tu étais dans le pire des états possible. Enfin, non : pire, c’est la mort. Mais tu n’étais pas mort, ah ça non. La fièvre, l’alcool et les sentiments que tu ressentais te montraient bien que tu étais en vie. Ah, ça y est, la voilà qui s’apprêtait à ouvrir la bouche pour broncher. Mais il était hors de question que tu la laisses faire. Sa santé était en jeu, et tu n’accepterais pas qu’elle attrape froid par ta faute. Avant qu’elle n’ait dit un mot, tu l’avais poussée sur le lit, te trouvant au-dessus de son corps frêle et froid. Ton regard sérieux se planta dans le sien. Cette scène avait un goût de déjà vu, mais cette fois… c’était différent. Tu étais sérieux. Tu ne voulais pas lui faire « peur ». Tu ne voulais pas la mettre en garde. Cette fois, tu étais prêt à passer à l’acte et à mettre à exécution tes menaces.

« Elena, si tu ne le fais pas toute seule, je vais devoir t’y aider ! »

Et tes yeux d’émeraudes scrutaient son visage si doux. Cette fois, tu n’avais pas pu résister. Tes lèvres se posèrent sur les siennes pour un baiser tendre que tu avais fait durer plusieurs secondes. Ta main en profitait, se glissant sur la peau des jambes nues de la jolie brune. Elle remontait, doucement, passant sous le tissu de sa robe pour venir frôler la peau de ses hanches. Alors, tu rompis le baiser. Alors, tu mis fin à ce moment. L’embrasant sur le nez, tu t’éloignais simplement avant de passer la porte.

« Je… t’attends dans le salon. »


Lorsqu’elle réapparue, tu étais avachi sur le sofa, la tasse de café tout chaud entre les mains. Tes joues encore rougies de ce que tu avais pu lui faire juste avant ne s’arrangèrent pas en la voyant. Par timidité, tu avais légèrement tourné le regard un instant avant de lui faire une place à tes côtés dans un silence gênant que tu ne savais rompre.

« Pardon. »

Plusieurs minutes s’étaient écoulées sans qu’aucun de vous n’ouvre la bouche. Et tout ce que tu avais à dire, c’était « pardon » ? On aurait pu croire à une mauvaise farce. Tu toussais, gardant la tasse de liquide chaud entre les mains, le regard planté dedans comme si tu allais pouvoir y deviner l’avenir.

« Je suis totalement pommé, Elena… Je sais plus quoi faire… »

Les sanglots dans ta voix eurent raison de toi. Tu posais la tasse sur la table basse avant de lamentablement te jeter dans ses bras comme un enfant en quête de réconfort.


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MessageSujet: Re: Powerless [Elena]   Dim 16 Juil 2017 - 12:02

Soutenir son regard semblait difficile pour la belle à la crinière d'ébène, mais pourtant, elle le fit tout de même. Après tout, comment pourrait-elle laisser passer ce léger sourire qu'il lui offrait, bien mieux que cet air triste qu'il arborait depuis son arrivée. Elle avait, elle-même, beaucoup de mal à dissimuler sa propre tristesse. Shawn était courageux, elle en était certaine. Mais elle se doutait également que son ami intériorisait, certainement pour ne pas l'inquiéter. Sa vue fut quelque peu troublé par un pan de serviette qu'elle écarta alors que le ténébreux commençait à sécher sa chevelure de jais encore trempée. Les joues roses, elle se laissait docilement faire alors que ses mots fit bondir légèrement son coeur.

Et elle ... Elle avait besoin de lui.

Sans qu'Elena ne puisse se défiler, elle se laissa tirer vers une autre pièce, ne comprenant pas ce geste soudain. Ses joues s'enflammèrent en constatant qu'il l'amenait dans sa chambre. Pourquoi dans sa chambre ? Sa main quitta la sienne alors que la jeune femme portait un regard curieux sur ce que le Suijin était entrain de faire. Il posa une chemise sur le lit avant de s'approcher d'elle de nouveau. Elle ne le quittait pas des yeux alors qu'il lui caressait la joue, avec ... tendresse ? La Saruta comprit alors que cette chemise était pour elle. Il s'inquiétait pour elle alors qu'il était lui-même dans un piteux état. Hors de question de lui obéir, c'était à elle de s'occuper de lui et non l'inverse.

"Shawn ..."

Mais elle ne put poursuivre dans sa lancée, surprise par l'initiative du beau brun. Elle était là, sur son lit, de nouveau à sa merci, comme lors de cette soirée après la patinoire. Elle déglutit, intimidée par ce regard qu'il lui portait. Se mordillant la lèvre, la douce arborait un air d'enfant penaud et resta totalement interdite à ses mots. L'aider à se ...

Sans qu'elle ne s'y attende, Shawn prit possession de ses lèvres. La jolie brune, bien que de plus en plus rougissante, ferma alors les yeux. Ses baisers, ils lui avaient tant manqués. Elle en voulait encore et encore. Elle levait sa main blessée dans l'optique de toucher sa peau, mais se ravisa bien vite pour éviter qu'il ne sente le tissu qui recouvrait sa plaie. Un doux contact vint réchauffer sa cuisse. Sa main ... Sa main remontait sous sa robe, jusqu'à sa hanche. Son coeur tambourinait dans sa poitrine alors qu'elle frissonnait comme jamais. Ses doigts étaient si chauds, la caresse si douce ...

La petite fleur bleue aurait tant aimé que ce moment ne s'arrête pas là. Elle le pensait secrètement. Mais leurs lèvres finirent par se quitter, le beau brun agrémentant son attention par un bisou sur son nez. Son visage était si rouge, son esprit si embrumé, qu'elle ne bougea pas pendant plusieurs secondes. Pourtant, son ami avait déjà quitté la pièce. Allongée sur le dos, elle ne savait plus que penser. Pourquoi ce baiser, pour cette caresse ? Pourquoi maintenant ? Alors qu'il se morfondait sur son ancien amour ? La belle américaine se sentait perdue.

Un peu tremblante, le coeur douloureux, elle finit tout de même par se redresser attrapant la serviette pour essorer un peu mieux sa crinière d'onyx. Puis, elle se dévêtit jusqu'à se retrouver en sous-vêtements. Elle grimaça en constatant que son soutien gorge avait subi le même traitement que sa robe et sa veste. Trempé, elle dut l'ôter également. Heureusement pour elle, son bas de dentelle noire était bien sec. Se saisissant de la chemise, elle l'enfila, bien heureuse que l'homme de son coeur soit aussi grand, ainsi, une fois boutonnée, la chemise lui arrivait un peu au dessus des genoux.

Repérant un radiateur, elle déposa une chaise devant pour y étendre ses vêtements, prenant soin de bien cacher son dessous. Avant de quitter la pièce et rejoindre le salon, elle s'assurait d'avoir bien boutonné le vêtement, cachant sa main blessé dans la manche beaucoup trop longue pour elle. Se montrer ainsi à lui la mettait mal à l'aise, mais elle n'avait pas réellement le choix. Elle le retrouva donc sur le sofa, hésitant un instant avant de s'asseoir à côté de lui.

Se planquant dans ses mèches, Elena n'osait ni le regarder, ni s'adresser à lui. Non pas parce qu'elle lui en voulait, mais parce que son coeur ne cessait de battre encore et encore. Mais ce silence devenait pesant, jusqu'à ce qu'un simple mot ne sorte de la gorge du ténébreux. Pardon. Regrettait-il ce qu'il avait fait plus tôt ? Surprise, son regard se porta sur lui. Elle aurait tant voulu lui dire qu'elle ne lui en voulait pas. Que son coeur s'affolait pour lui et uniquement pour lui. Mais elle n'eut pas le temps d'y réfléchir, la confession de son ami lui serrant le coeur. Il était malheureux, au point qu'il ne pouvait retenir ses sanglots, au point qu'il se jetait dans ses bras de manière desespérée.

Son organe de vie lui faisait si mal, c'était si douloureux de le voir ainsi, lui qu'elle aimait plus que tout. Et le savoir ainsi épris d'une autre la faisait souffrir encore plus. C'était dur pour elle, mais ce n'était pas le moment de jouer les égoïstes, même si elle était de plus en plus perturbée par les réactions contradictoires du jeune homme. Ses doigts finirent par se glisser dans les cheveux du brun, les caressant avec tendresse. Son autre main vint flatter son dos dans un geste qu'elle voulait rassurant, réconfortant.

Il fallait qu'elle reste à sa place. Elle n'était qu'une amie, rien de plus.

Les larmes lui montaient aux yeux. Réellement, elle ne supportait pas de le voir dans cet état de détresse. Et la douce se rendait bien compte qu'elle maudissait intérieurement celle qui l'avait blessé de la sorte. La jeune étudiante ne savait que dire, que faire. Elle finit par déposer un baiser dans ses cheveux, alors qu'une larme coulait sur sa propre joue. Ah, elle était si faible, si empathique, si ... malheureuse. Déglutissant, elle ouvrit enfin la bouche, cherchant soigneusement ses mots.

"Hey ... Ca va aller ..."

Elle se sentait idiote de ne rien dire de plus. Elle n'arrivait pas à trouver les mots. Il était difficile pour elle de le réconforter alors qu'elle-même commençait sérieusement à déprimer. C'était donc ça l'amour ? Un synonyme de souffrance ? Ce n'était pas l'image qu'elle s'en faisait depuis des années ... Confronter à la dure réalité, ses nerfs semblaient sur le point de lâcher.

"Je sais que tu souffres. Savoir que la personne qu'on aime est avec quelqu'un d'autre ... Ca doit faire si mal. Mais ... Elle ne te mérite pas Shawn. Si elle n'a pas été capable de t'attendre, de te chercher ... Si elle a été capable de te remplacer ... Elle n'en vaut pas la peine."

Etait-ce réellement le meilleur moyen de le réconforter ? La jolie brune était plutôt maladroite. Mais elle ne pouvait s'en empêcher. Cette femme faisait du mal à celui qu'elle aimait. Comment pourrait-elle la défendre ? Comment pourrait-elle mentir sur ce qu'elle ressent à cet instant. Elle retenait difficilement ses larmes, mais tenait bon. Elle le serrait un peu plus contre elle nichant son nez dans ses cheveux tout en reprenant.

"Je sais que tu l'aimes et peut-être que ... Tu m'en veux en sachant ce que je pense d'elle, mais je ne peux pas penser du bien de quelqu'un qui te fait du mal. Te voir comme ça ... ça fait mal ... Je veux te voir sourire moi ... Tu es si beau quand tu souris ..."

Ecarquillant les yeux, elle se rendit compte de sa bourde. Elle s'était laissée emportée dans ses mots, exposant ainsi le plus profond de ses pensées. Alors, son coeur au bord de l'implosion, elle tenta de se rattraper.

"Enfin ... J-je n'aime pas te voir malheureux. L'amour c'est pas fait pour pleurer."

Ce qu'elle pouvait être idiote, elle et ses principes sur l'amour qu'elle n'avait encore jamais expérimenté, qu'elle ne connaissait qu'à travers les livres. Tout ce qu'elle savait, c'était que ses sentiments pour lui étaient bien réels, et que s'il le fallait, elle ferait passer son bonheur avant le sien. Sa main glissa sur sa joue.

"Pardon. Je n'avais pas le droit de juger la situation comme ça ..."







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MessageSujet: Re: Powerless [Elena]   Lun 17 Juil 2017 - 20:54

Tu ressemblais à un enfant, Shawn. Blottis dans ses bras, comme un gosse l’aurait été dans ceux de sa mère après un gros chagrin. Elle tentait de te réconforter, tu pouvais le sentir dans ses gestes si tendres. Elle était d’une douceur qui te faisait fondre, et ce malgré l’état dans lequel tu te trouvais. Ton visage logeait à moitié sur sa poitrine. De là, tu pouvais sentir son cœur qui battait si vite, si fort. Et tu t’en voulais. Tu t’en voulais de la rendre si triste par ton propre état. Elle ne méritait pas de souffrir avec toi. Elena était si belle, si joyeuse, si… Si Elena.

Tu l’écoutais parler. Tu entendais le son de sa voix, elle t’apaisait lentement. Mais quelque chose te perturbait. Quelque chose n’allait pas dans ce qu’elle disait. Dans un sens, ça se tenait, là n’était pas la question. En réalité, tu avais plutôt l’impression qu’elle était légèrement à côté de la plaque. La jolie brune avait niché son nez dans tes cheveux. Son souffle te chatouillait, alors que tu pouvais sentir les sanglots dans sa voix. Alors qu’elle s’excusait, tu relevais la tête vers elle, sa main glissant sur ta joue. Ton regard se plantait dans le sien, profondément. Tu devais lui dire. Lui dire qu’elle fait fausse route. Lui dire que tu l’aimes, elle, juste elle, rien qu’elle. Tu inspiras une fois. Deux fois. Les yeux clos, tu attendais « le bon moment ». Mais il ne viendra, Shawn. Ce genre de chose, il faut le dire d’un coup. D’un seul. Quitte à se prendre un vent digne d’un ouragan. Quitte à ce qu’elle te gifle. Quitte à ce qu’elle te déteste à jamais.

« Elena je… Tu fais fausse route… »

Tu inspirais. L’embrassant sur la joue, tu t’étais relevé en lui faisait signe de ne pas bouger de là où elle était. Tremblant légèrement, tu avais saisi un vieil album photo dans le bas de la bibliothèque, avant de te diriger vers la table ronde et d’y prendre l’ordinateur portable. Là, tu étais revenu t’asseoir auprès de ta belle brune aux yeux d’azur. Tu allais replonger dans un passé que tu aurais préféré savoir enfoui à jamais. Mais pour elle… Tu étais prêt à tout.

Tu avais ouvert l’album, tournant les pages avec douceur jusqu’à retrouver cette photo de toi, lorsque tu avais quatre ans. Petit, tu te tenais debout près d’un arbre, tout sourire. Tes cheveux de jais avaient de légers reflets grisés. Pourtant, ils étaient teintés de blancs sur les pointes. Tes yeux, eux, avaient déjà leur couleur d’émeraude. Elena ne comprenait pas. Tu le voyais, elle ne faisait pas le lien avec ce qu’il se passait dans ton esprit. Tu lui offris un léger sourire, lui tendant la photo. Lorsqu’elle s’en saisit, tu avais rouvert l’écran de l’ordinateur que Nelly avait pris soin de charger lors de sa visite. Cette image s’affichait en premier sur l’écran : c’était la dernière que tu avais regardée. La dernière ouverte, avant que tu ne sortes sous cette pluie battante pour te rafraîchir l’esprit. A nouveau, tu sentais ton cœur chavirer. Il s’accélérait, se tordait, te faisait mal. Mais tu résistais. Tu étais décidé à lui dire, car s’il y avait bien quelqu’un à qui tu pouvais te confier, c’était celle que tu aimais.

Tu tournais l’écran vers ta belle, dévoilant l’image sur laquelle tu avais quelque peu buggé quelques secondes. C’était une photographie d’une enfant qui ne devait pas avoir plus de quatre ans. Elle aurait pu être n’importe qui. Mais elle n’était pas n’importe qui. Ses cheveux noirs comme le pelage d’un corbeau étaient légèrement reflétés de gris alors que leurs pointes blanches tronquaient avec le reste. Son visage fin et lumineux, à la peau si blanche, laissait ressortir ses petits yeux d’un vert émeraude profond et magnifique. Tu tournais ton regard vers Elena.

« Lorsque j’étais avec Angy, à cause d’une discussion avec des amis au lycée, on avait abordé le sujet des prénoms qu’on pourrait donner à nos enfants. Elle… Elle aurait adoré Apple pour une fille. Moi je… J’avais évoqué Azuria. »

Essuyant une larme qui avait coulé le long de ta joue, tu bougeais doucement la souris du PC. La légende sous la photo apparue alors : « Azuria, 4 ans ».

« C’est ma fille, Elena. Et je… Je ne le savais même pas ! Je… »

Tu secouais la tête, posant doucement ta tête sur son épaule.

« Tu l’as dit. Aimer, ce n’est pas fait pour souffrir. J’ai renoncé à Angelic, à la revoir, à partir d’ici pour elle quand je t’ai connu, ma belle. »

Tu levais la tête vers elle. Un léger sourire apparu au coin de tes lèvres alors que ton regard se plantait dans le sien. Il lui offrit un baiser furtif, puis, voyant qu’elle ne le repoussait pas, en second bien plus appuyé.

« Tu fais fausse route, Elena. C’est toi que j’aime. »


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MessageSujet: Re: Powerless [Elena]   Mar 18 Juil 2017 - 20:46

Elena cligna des yeux, ne comprenant pas où son ami voulait en venir. Sur quoi faisait-elle fausse route ? Sur les sentiments qu'il avait pour elle ? Sur ceux qu'il avait pour cette Angelic ? Ou sur toute autre chose. Elle ne comprenait pas et son regard le traduisait bien. Étrangement, elle appréhendait la réponse, persuadée de s'être trahie sur ses propres sentiments. Certainement qu'il la remettrait à sa place, en lui disant qu'elle n'était que son amie et rien de plus. Sa gorge se serrait autant que son cœur à cet instant.

Shawn s'éloigna après avoir déposé un baiser sur sa joue, la belle à la crinière d'ébène l’interrogeait du regard. Elle ne devait pas bouger alors, elle se contenta de l’observer en profitant pour replier ses jambes sur le canapé. Ses membres tremblaient d’angoisse, il ne devait pas s’en rendre compte. Ses pupilles d'océan se posèrent sur ce qui semblait être un album photo. Elle fronça les sourcils, ne comprenant toujours pas. Le beau brun s'arrêta sur une photo, la retirant de l'ouvrage pour lui tendre. Jetant un œil à son ami, elle la saisit avec précaution. Un sourire naquit sur son visage pâle à cet instant où elle reconnaissait l'homme de son cœur qui ne semblait pas plus âgé de 5 ans sur le cliché. La douce arborait un air tendre.

"Tu étais vraiment adorable…  Mais pourquoi tu…"

Elena s'interrompit devant l’écran de l'ordinateur que le ténébreux avait tourné vers elle. Et là, elle ouvrit la bouche, sans pouvoir prononcer un mot. A vrai dire, elle ne savait pas comment réagir. Cette petite fille était aussi adorable que l’enfant posant sur la photo qu'elle tenait toujours, aussi adorable que ressemblante. Elle déglutit avant de baisser les yeux. Elle ne savait s'il fallait sourire ou pleurer. L'homme qu'elle aimait était lié à jamais à une autre par l'intermédiaire de ce petit être innocent.

Aux mots de Shawn, elle constata ce prénom si doux, si beau qui lui allait si bien. La belle américaine ne put que se fixer sur les iris fascinantes d’Azuria, iris qu'elle aimait tant chez son père. Elle sourit légèrement à celui-ci comme pour sauver les apparences.

"C'est un très beau prénom."


Bien que sincère, bien qu'elle trouvait cette petite absolument magnifique, elle ne pouvait en dire plus pour le moment. Il lui fallait encaisser. Et pourtant ce n'était normalement pas son rôle à elle. Mais dorénavant, elle comprenait ce que pouvait ressentir son ami, lui qui venait d'apprendre l’existence d'une descendance. Elle aurait tant aimé cueillir elle même cette larme sur son visage. Elle se sentait si mal pour lui…

Et lorsque la tête du jeune homme vint rejoindre son épaule, la douce se permit de clore ses paupières, mais les rouvrit rapidement à cette confession pour le moins inespérée. Il avait renoncé à son premier pour elle ? Les joues de nouveau rouges, elle scrutait ses prunelles d’émeraude comme si elle n'arrivait pas à le croire. II souriait, il la faisait craquer. Le visage de Shawn s’approcha du sien pour déposer un baiser sur ses lèvres.

La jolie brune n'avait pas bougé, son cœur s'étant comme arrêté l’ombre de quelques millièmes de secondes. Et bien vite, un second suivit, plus appuyé, plus tendre, enflammant un peu plus le visage et le cœur de la petite fleur bleue. Paupières closes, elle savourait l'échange, un peu déboussolée. Ses lèvres étaient si douces, si additives.

Les paroles de l’homme de son cœur, ces mots qu'elle même n’avait pas eu le courage de dire, Elena ne les attendait plus et pourtant, il venait de les prononcer. L'émotion la submergeait, au point que ses pupilles subitement illuminées se remplirent de larmes. Troublée, elle prit d'abord soin de déposer la photo et l'ordinateur que Shawn tenait encore sur la table. Puis, le cœur battant, sourire aux lèvres, elle prit doucement possession des lippes du beau brun alors que ses mains encadraient son visage fin et harmonieux avant que ses bras ne viennent enlacer son cou.

La belle était si heureuse qu’elle ne se sépara de lui uniquement lorsqu'elle manqua de souffle. Pour dissimuler ses rougeurs, calmer les battements de son cœur, elle vint nicher son nez dans le cou du Suijin, sans relâcher son étreinte. Elle y resta quelques secondes avant de venir lui souffler quelques mots à l'oreille.

"Moi aussi…  Je t'aime, Shawn."


Se mordant encore et toujours la lèvre inférieure, elle s'écarta de lui pour planter ses yeux dans les siens. Elle avait retenu ses larmes. A quoi bon pleurer alors qu'elle était heureuse ? Subitement elle semblait plus rayonnante. Et enfin, elle se permit de poser sa main sur sa joue, approchant son visage du sien, frottant doucement son nez contre le sien. Bien qu'encore rose, elle se devait de le lui dire dans les yeux.

"Je t'aime."

Un doux baiser, un second, et la belle s'écarta, l'observant un instant l'air inquiet. Elle posa sa main sur son front, y constatant la température alors qu'elle arborait une moue contrariée.

"Tu es encore bouillant de fièvre, il faut que tu te reposes ... Reste ici, je vais te chercher un verre d'eau fraiche ça te fera du bien."

Un dernier baiser volé et Elena se déroba à lui, à contre coeur, elle était si bien tout contre lui. Elle n'aimait pas s'éloigner de lui, lui qui était dorénavant son aimé. Mais sa santé passait avant ses désirs de tendresse, elle ne pouvait le laisser dans cet état. N'était-ce pas le rôle d'une petite amie de prendre soin de celui qu'elle aime ? Arrivant sur le pas de la porte de la cuisine, elle se retourna une dernière fois vers lui. Il fallait qu'elle le lui dise.

"Shawn ... Ta fille est magnifique, elle te ressemble beaucoup ..." Un petit clin d'oeil à ce compliment indirect qu'il lui avait offert lors de leur première sortie. Mais, lui souriant paisiblement, elle ajouta : "Je t'aiderais à trouver un moyen de regagner le continent pour la rencontrer."

Elle y était déterminée. Elle voulait, l'aider, le voir sourire, le rendre heureux. Elle-même avait pu regagner le continent, mais par l'intermédiaire d'une mission qu'on lui avait délivrée. Peut-être que s'il se rendait au bon lieu, ou s'adresser à la bonne personne, Shawn pourrait partir quelques jours d'ici ? Cette idée lui serra le coeur alors que la douce fouillait déjà les placards à la recherche de quelque chose à grignoter. Son beau brun n'avait sans doute rien mangé depuis la nouvelle, elle en était sûre. Tout de même, un sourire ourla ses lippes alors qu'elle commençait à réaliser qu'il était désormais : son Shawn.






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MessageSujet: Re: Powerless [Elena]   Dim 23 Juil 2017 - 18:49

Tu avais vu ses larmes monter rapidement à ses yeux. Tu les avais vu, et tu avais cru l’avoir blessée. Mais ce sentiment n’avait duré qu’un instant. Un instant pendant lequel elle avait soigneusement déposé cette photographie et l’ordinateur sur la table, te laissant dans l’incertitude. Certes, tu réalisais que ce n’avait pas forcément été le « bon » moment pour tout lui dévoiler. A bien y réfléchir, si tu ne l’avais pas fait sur un coup de tête, tu ne l’aurais d’ailleurs certainement jamais fait. Elena venait de passer ses bras autour de ton cou, ses lèvres venaient prendre les tiennes tandis que ses mains entouraient ton visage. Comme si elle avait peur que tu t’enfuis. Comme si tu aurais pu avoir envie de fuir. Ce n’est que lorsque vous commenciez à manquer de souffle qu’elle relâcha un peu son étreinte, nichant son nez dans ton cou pour mieux d’enlacer.

Ces mots… Elle te les avait retournés. Alors elle aussi, elle ressentait de tels sentiments. Tu avais souris, tendrement, amoureusement. Elle s’éloigna un peu, te regardant de ses iris si profondes. Ta jolie brune mordillait encore sa lèvre. Elle te rendait dingue, alors que tu passais doucement ton pouce sur cette partie torturée de son corps. Son nez contre le tien, tu observais ses rougeurs qui la rendait encore plus belle qu’elle ne l’était.

« Je t’aime. »

Ce baiser qu’elle t’offrait, tu avais l’impression de l’avoir attendu depuis des années. Alors que le précédent n’avait même pas cinq minutes ! Mais c’était différent. C’était différent maintenant qu’elle l’avait dit. Un baiser tendre, doux, avant qu’elle ne te regarde avec cet air inquiété. Ah, la fièvre. Elle avait donc fini par réellement s’en rendre compte, alors… Tu souriais niaisement. Comment pouvais-tu te reposer après ça ? Alors qu’elle était là ? Alors qu’elle te rendait dingue. Tu la regardais s’éloigner, laissant ton corps tomber sur le canapé. Ton regard ne se détachait pas de ce corps à demi-nu qui se pavanait devant toi. Elle semblait si minuscule dans cette chemise qui était la tienne… De ton point de vu, tu avais une vision imprenable sur ses dessous. Tu te surpris un moment à clairement la mater, imaginant un instant le touché de tes doigts sur cette peau qui te semblait si douce.

Ta belle te tirait de tes rêveries impures, te promettant de trouver un moyen de partir après t’avoir fait un compliment indirect. Ce clin d’œil te donnait envie de la dévorer. Mais tu lui répondis plutôt avec un large sourire enfantin.

« Je t’emmènerai avec moi, c’est promis. »

Il était hors de question qu’elle reste ici si tu partais. Avec cette île, on ne pouvait pas réellement savoir qui partirait, quand, pourquoi et surtout qui reviendrait et quand… Ni dans quel état. Tu chassais cette idée de ta tête. Doucement, tu te levais et quittais le canapé pour partir à la recherche de ta belle, te faufilant derrière elle lorsque tu eus rejoint la cuisine. Cette scène avait un goût de déjà vu, mais tu savais l’histoire différente. Ta tête prit place sur l’épaule de la jolie brune, qui ne tarda pas à râler parce que tu t’étais déplacé jusqu’à elle. Mais tu avais besoin d’elle. Tu voulais la sentir, la toucher. L’embrasser. Tu saisissais ses lèvres des tiennes, glissant doucement ta main dans la sienne. De ta main libre, tu passais doucement sur sa peau jusqu’à trouver ta place sur sa hanche. Pourtant, tu avais rompu le baiser un peu rapidement. Quelque chose avait attiré ton attention.

Doucement, tu relevais la manche de la belle, dévoilant un étrange pansement sur sa main. Ton regard se fit plus sombre, plus inquiet.

« Elena… Qu’est-ce qu’il t’est arrivé ? »

Tes yeux réclamaient la vérité pure. Peu importait qu’elle soit dure à entendre, tout ce qui comptait pour toi, c’était qu’elle aille bien, au final. Mais tu ne voulais pas commencer cette relation sur un mensonge. Non, tu ne voulais juste pas de mensonge. Mais ça, elle le savait certainement. Oui, c’était certain qu’elle le savait : elle non plus, elle n’aurait pas aimé qu’on lui mente. Malgré ton regard inquiet, tu l’avais embrassée sur la joue, maintenant ton étreinte sur elle, gardant cette main sur sa hanche, alors que l’autre avait glissé ses doigts entre les siens.


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MessageSujet: Re: Powerless [Elena]   Mar 25 Juil 2017 - 16:17

La petite fleur bleue était dans son monde, sur son petit nuage alors qu’elle ne tardait guère à trouver un verre et une bouteille de fraîche. Une moue sur le visage, Elena se disait qu’elle devrait peut être lui préparer quelque chose à manger, doutant de l’alimentation de son beau brun de ces derniers jours. Ses pensées dérivaient encore sur ses mots échangés. Ils s’aimaient tous les deux, n'était ce pas merveilleux ? Et lorsque Shawn lui avait promis de l'emmener avec lui, il ne s’était certainement pas rendu à quel point cela pouvait la rendre heureuse. Elle ne fut pas si surprise de le sentir près d’elle et bien vite ses pupilles d'océan se posèrent sur l’intrus. Arborant une moue contrariée, les sourcils froncé, elle le réprimanda.

“Je t’ai dit de rester tranquille…”

La belle a la crinière d’ébène n’eut pas le loisir de poursuivre son sermon, interrompue par les douces lèvres de son ténébreux. Il savait déjà si bien y faire avec elle. Le cœur battant, elle ferma les yeux, lui rendant ce baiser dorénavant normal entre eux, même si chacun d’eux restait exceptionnelle aux yeux de la douce. Plus d'ambiguïté, simplement deux personnes amoureuses.

La belle américaine ne pouvait que céder sous ses contacts alors qu'elle rosissait en sentent les mains de son aimé caresser sa peau. Mais le baiser fut rompu, bien trop tôt, si bien qu’elle aurait pu protester un peu pour le poursuivre. Mais avec tout ceci, elle avait oublié un détail : sa main blessée.

Honteuse, elle baissa le regard, se mordant la lèvre en attendant la question inévitable. Elle aurait voulu qu'il n’y prête pas attention mais c'était impossible pour lui, elle le savait maintenant très attachée à elle. L’interrogation posée, elle risqua un coup d’œil vers lui. Son regard d’émeraude ne montrait aucune colère, juste de l'inquiétude et ce besoin de vérité. Elle lisait déjà si bien dans ses yeux, mais elle détourna le regard préférant regarder le sol.

Elle ne lui mentirait pas, ce n'était pas son genre, surtout juste après la naissance de leur relation. Cherchant ses mots, ce baiser sur la joue lui donna du courage, tout comme son étreinte se resserrant sur elle. Elle caressa nerveusement la main de son beau brun avant d’ouvrir enfin la bouche, cessant de torturer sa lèvre inférieure. Elle avait beaucoup de choses à énoncer, aussi, elle décida de ne pas se retourner, pour parler plus librement.

“Pardon je…  Je voulais t’en parler mais…  tu étais si malheureux, ma priorité était d'être à tes côtés et d’être à ton écoute. Je ne voulais pas que tu t'inquiètes pour une chose de plus. “

Et c'était bien vrai. Elle n'avait voulu être égoïste, préférant le réconforter avant tout. Elle inspira avant de lâcher cette information qui risquait sans doute de faire bondir le cœur du jeune homme.

“J’ai…  j’ai combattu Ran… “ Une pause, puis elle reprit. “J’ai été envoyée pour une mission sur le continent avec plusieurs descendants. Le but était de ramener une clé qui se trouve dans un musée. J'ai fait équipe avec une femme du nom de Jess et…  Oliver. Ran s’est mise en travers de notre chemin. Tout est un peu confus. J'avais si peur que… ma magie a fini par prendre le dessus et je suis devenue une… Autre personne. Tout comme Jess et Oli. D’ailleurs, Oli a essayé à plusieurs reprises de me protéger, il voulait que je prenne la fuite mais je voulais pas les laisser, je voulais pas être lâche.”

Elle déglutit. Il était rare que la belle parle autant mais il le fallait. Elle lui devait la vérité. Elena ferma un instant les yeux, resserrant un peu plus sa main. Même si elle ne voulait pas l’admettre, cette expérience l'avait angoissée, quoi de plus normal ? Soupirant, elle finit par s’extirper de l’étreinte, se retournant pour adresser un léger sourire à Shawn alors que ses iris d'azur se planter dans les siennes.

“En y repensant, je voulais me battre pour revenir auprès de toi…”

Elle rosit un peu en observant sa main bandée.

“J’ai eu de la chance, je n'ai eu que ça et quelques bleus. Et cette plaie je ne la dois qu’à moi même. Je me suis entaillée la main en plantant un morceau de verre dans le dos de Ran parce que ma magie n’avait aucun effet sur elle. Je n'ai jamais haï personne mais elle… Si.”

Sans oser relever la tête, elle continua son récit.

“Pardon, je parle beaucoup. On nous a donné ensuite l'opportunité de voyager sur le continent pendant vingt quatre heures et, j'ai décidé de me rendre sur la tombe de ma mère.”

Sa voix se fit un peu tremblante mais elle sourit tout de même.

“Ça m’a fait un bien fou, c'est comme si j'avais pu lui dire au revoir. Oli est venu avec moi, on a beaucoup parlé tous les deux, je sais maintenant pourquoi il était si étrange ces dernières semaines… Mais aussi, j'ai appris que j'ai une demi-sœur qui vit dans la rue ici même… Ça c'est encore une autre histoire. Je ne l’ai pas encore eu le cran de la chercher…”

Elle n’avait pas fini non. Le beau brun l'ayant écoutée tout le long, elle voulait terminer par ce que logeait au fond de son cœur durant cette longue journée. Attrapant doucement les mains de son Suijin, elle se confia.

“Mais je veux que tu saches que je n’ai pas cessé de penser à toi la bas et je m'étais d'ailleurs décidée à t'avouer ce que je ressens pour toi dès mon retour.”

Se mordant une énième fois la lèvre, elle leva timidement les yeux vers lui avant de se rehausser sur la pointe des pieds et déposer ses lèvres sur sa joue. Une fois pied à terre, les joues empourprées, elle ajouta quelques mots.

“Tu m’as beaucoup manqué tu sais ?”







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