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La nuit pour compagnie [Solo]Auteur
MessageSujet: La nuit pour compagnie [Solo]   Jeu 30 Mar 2017 - 9:54

Il était 22h. Je tournais sous ma couverture, à la recherche d'une position confortable pour dormir, mais il n'y faisait rien. Cela faisais bien une bonne heure que je me tuais à tenter de fermer l'œil, malgré quoi, le sommeil ne s'était toujours pas pointé. Redressant le haut de mon corps, et tombant les draps de mon torse pour ainsi dévoiler les ravages que le feu avait laissé sur ma peau, je scrutais les ombres où je discernais chaque objet et meubles malgré les ténèbres étendus de long et en large dans la pièce. Un fin rayon de lune traversait le volet par une petite brèche en son milieu, facilitant la distinction des formes en pleine nuit. Je me tournais, posais un pied puis l'autre sur le sol, et patienta un instant. En fait, c'était tout comme si ma tête bourdonnait d'idées, sans que je ne puisse moi-même les identifier. Comme une audience faisant un brouhaha devant la scène alors que l'artiste n'avait même pas encore passé le rideau de velours rouge. L'image me tira un petit sourire et je portais une main sur mon front, qui étais-je donc pour parler d'art ?

Je remuais ma tête en des mouvements circulaires, n'atteignant satisfaction que lorsque un petit "crac" se fit entendre, libérant ma nuque d'une raideur désagréable. Tâtant du bout des orteils le sol comme lorsqu'on pourrais "goûter" l'eau avant de plonger, je me préparais mentalement, moi et mes mollets, à supporter le temps d'une balade le poids de ma chair et de mes os. Je ne cherchais pas un habit particulier, quelque chose de chaud. Mes vêtements de la veille faisaient l'affaire, je les enfilais, pris les clés pour fermer l'appartement derrière moi, et descendait les escaliers. Il m'avait déjà été donné de croiser d'autres locataire dans ce hall d'entrée que j'arpentais à présent, un garçon de mon âge à qui je n'avais jamais su adresser plus qu'un bonjour, et une camarade à lui sûrement. Les deux n'avaient pas l'air de se détester, il n'était pas rare d'entendre leurs voix dans la cage d'escalier. Ce soir, il était bien calme, cet endroit. Tant mieux, après tout, c'est pour ces qualités là que j'aime la nuit.

Pointant un nez dans la rue face à l'immeuble me faisant office de résidence, l'expression "il n'y a pas un chat" aurait prit tout son sens s'il n'y avait effectivement pas que des félins pour peupler l'Ikazuchi du soir. J'emboitais mon propre pas, tenant compagnie à ma propre personne, et sillonna le long des rues, sans réel but si ce n'était respirer l'oxygène frais de la fin du mois de mars. Souvent, on entendait les grands-mères dire que "l'air de la mer soigne tous les maux". Qui sait, c'est vrai que marcher pieds nu dans le sable pouvait faire du bien, et je n'avais rien à y perdre. Il faisait toujours meilleur dans tout les cas de profiter de la nuit, plutôt que de rouler indéfiniment dans mon lit. Suivant les odeurs de sel, d'eau et de sable, il ne me fallut pas longtemps - et le temps m'importait peu ce soir - pour finalement sentir le crissement minuscule de nombreux grains de sable sous mes chaussures. Je me déchaussais alors, prenant la paire de baskets dans une main, et entama une promenade au bord de l'eau. Assez loin pour ne pas me mouiller les pieds, mais assez près pour profiter du son des vagues qui s'écrasent inlassablement sur le rivage. Mes inspirations se faisaient plus profondes, mes expirations, plus longues, ma marche, plus lente. Chaque petit grain de sable qui glissait entre mes orteils, chaque brise sur mon visage et mes mains, aujourd'hui dénudées de leurs gants blanc, et chaque vague glissant à quelques mètres de moi, tout ces dons de la nature, produisaient une atmosphère des plus agréable. J'accompagnais la marée au fil de ses humeurs, parfois détaillant le vaste horizon, parfois fermant les yeux pour profiter de mes autres sens.

Au loin, plus à l'intérieur des terres, attiraient mon attention des lumières. Je reconnaissais là les quartiers riches, une grande bâtisse, tel le manoir d'un Baron, il n'était pas la résidence de mon amie Lizbeth, celui-ci tenait d'un charisme plus ancien, et plus exotique. Un manoir comme ceux d'Europe, de brique et de piliers, de jardins élégants, et de prestance certaine. Pour être honnête, il avait un certain air presque lugubre, comme si ses propriétaires au grand pouvoir n'avait d'égal leurs fortune que leurs connaissances dans le domaine de la magie. Après avoir remis mes chaussure, je ne m'approchais qu'à une trentaine de mètres, tenant à conserver le calme de la nuit comme seul ami ce soir. La lumière précédemment perçu n'était pas celle de l'allée, dont les lampadaires éclairaient le pavé et la pierre taillée, mais celle d'une fenêtre, ou plutôt de la pièce sur laquelle donnait cette fenêtre. Perdant mon regard dans le détail, j'y perdais aussi mon esprit, comme si une brume venait dissimuler les réponses que je cherchais. La fenêtre se trouvait au premier étage, sur la face arrière du manoir. Et alors qu'il y a quelques temps je n'arrivais pas à fermer l'œil, cette fois-ci, il tenta de se clore par lui-même. Contre ma résistance, ma paupière papillonna un instant, et je titubais légèrement vers l'arrière. Lorsque je recouvrais finalement parfaitement mes sens, et alors que je levais la tête, la lumière n'était plus. Pour ne rien y ajouter, et accompagnant un sentiment inconnu de nostalgie, je décidais de revenir doucement sur mes pas. Mon sentiment était tel que l'on m'aurait dit avoir imaginé cette lumière, j'aurais pu douter. Ma dernière impression était que quelqu'un dans l'ombre de cette pièce aurait pu m'observer, sans pour autant que je ne puisse distinguer de présence d'une quelconque manière.

Alors que je repartais, chaque pas ne faisait qu'augmenter la pression qui prenait mon cœur en étaux, comme si j'avais commis une erreur, oublié quelque chose. Je vérifiais mes poches instinctivement et y retrouva mes clés d'appartement, bien que le manque ne semblait pas être d'ordre physique. Le sentiment ne se dissipait que lorsque j'étais au pied de l'immeuble, abritant ma résidence, lorsque je retrouvais le hall d'entrée aussi vide que je l'avais laissé après quelques longs instants de solitude. Reprenant mon chemin initial en sens inverse, les quelques marches de la cage d'escalier me guidèrent jusqu'au palier de mon logement. Quelle soirée si elle n'était cette aventure, de laquelle je revenais avec plus de questions que de réponses.


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