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 Froide entrevue

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Masculin Date d'inscription : 03/01/2018
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MessageSujet: Froide entrevue   Mer 10 Jan 2018 - 17:13

Ce matin là, Ikazuchi était d’une blancheur glaciale. La neige encore fraîche de la veille recouvrait les toits et bordait les trottoirs. Il devait être environ 6 heures du matin et le ciel était encore sombre au dessus de la ville. Ambre était debout devant la porte de sa maison, pieds nus, vêtu d’un simple pyjama. Il tenait dans sa main gauche une petite tasse remplit d’un liquide sombre. Une expression d’agacement et de profondes cernes remplaçaient son habituelle froideur. Il avait le morale dans les chaussettes et les nerfs en pelote. Normal quand on sait que l’on s’apprête à passer un moment très désagréable. Lentement, mécaniquement, il remua la petite tasse entre ses mains, faisant tournoyer son contenu. Un flocon imprudent vînt se fondre dans le café brûlant, mollement. Un regard dubitatif traîna un instant sur son visage, puis portant la tasse à ses lèvres, il pencha la tête en arrière pour boire une longue gorgée. L'amertume le fit frissoné, mais il vida la tasse d’une traite. Puis, sentant sa colère retomber, il rentra , claquant bruyamment la porte derrière lui. Aussitôt à l'intérieur, sa peau glacée se mit à picoter au contact de l’air chaud. Ses joues et son nez étaient rosit, ses doigts et ses orteils couverts d'engelures. Il n’y prit pas garde et après avoir posé sa tasse sur la table basse du salon, monta prestement l’escalier qui menait à sa chambre. Avec la négligence la plus totale, il s’empara de quelques vêtements au hasard dans son armoire, enfila sans se dépêcher un caleçon, un large sweat à capuche blanc et un jean. Ses mouvements lents, mous et peu précis trahissaient une paresse languissante. Il ne prit même pas la peine de se coiffer, laissant quelques épis se dresser sur sa tête. Inutile de faire un effort vestimentaire pour une journée aussi peu attrayante, après tout. Coco, son familier, grimpa sur son épaule en couinant de petits cris indignés, comme pour protester contre son attitude désinvolte. "Oui, oui, j'ai compris!" ralla-t-il à son tour, enfilant une paire de bottes. Puis, s'emparant négligement de son sac, il quitta la maison.

Dehors, la neige avait cessé de tomber, laissant place à de fines averses de soleil percant entre les nuages cotonneux. Il prit le bus jusqu’à Kousha, espérant, rattraper son manque de sommeil sur une banquette inconfortable. Il n'y parvint pas. De sombres souvenirs lui revînrent en mémoir et il passa le trajet à broyer du noir. Il du se résoudre à descendre de la rame, une once de tristesse au fond des yeux. Sans entrain, il se dirigea vers le lycée Danshi et pénétra dans l’un des grands bâtiments qui le composait. Il soupira. Il aurait voulu passer la journée à faire autre chose… Quelque chose d'utile. Sans se presser il monta l’escalier. Au moins il serait en retard! Il finit par trouver ce qu’il cherchait, ouvrit nonchalamment la porte et la referma derrière lui. Il lâcha un bref «bonjour» et sans attendre qu’on l’y convie, s’assit sur la chaise en face du bureau.


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MessageSujet: Re: Froide entrevue   Lun 15 Jan 2018 - 21:44

Des frissons parcouraient son corps, hérissant le duvet qui couvrait ses bras, le prologue de sa chevelure sur sa nuque. Il observait, de ses yeux gonflés par le sommeil, le fin manteau de neige qui emmitouflait la ville dans la fraîcheur hivernale. L’astre solaire embusqué derrière une armée de nuage n’osait affronter la cohorte de flocons qu’était la neige. Jürgen aimait ces paysages immaculés des vices humains, où les voitures, les passants, les habitants, se terraient dans les chaleurs superficielles des bâtiments. Il aimait l’accalmie, le mutisme de la cité, l’omniprésence du silence. Chaque gorgée de café qui se déversait dans ses entrailles l’embrasait et l’attirait hors des bras de Morphée pour l’ancrer dans la réalité. Son calendrier était punaisé aux côtés de la fenêtre, l’endroit où se postait l’allemand tous les matins sans exception. La date du jour était cerclée au feutre rouge. Il se souvint immédiatement de sa tâche du jour : aider de jeunes lycéens à s’extirper des tourments de la vie. Pour ce genre d’occasion, une tenue adéquate était nécessaire, il ne pouvait revêtir d’un de ces vieux jeans. Il enfila un jean serré, une chemise d’un bleu clair impeccablement repassée, des chaussures de ville et une parka noire. Sa capuche rabattue sur tête, il dévalait les escaliers de grands pas avides, un sac à dos contenant son laptop, ses clés et un paquet de cigarette sur le dos. Dehors, le froid lui fouettait le visage de violentes rafales et les flocons se heurtaient à lui pour faire de sa peau, un cimetière où les cendres étaient aussi fluides que des larmes.

Le lycée Danshi n’était qu’à une dizaine de minutes de son appartement mais, il avait de l’avance et appréciait flâner entre les petites boules de neige. Le bâtiment était immense, protégé d’un énorme portail verdâtre qui émettait des grincements stridents à chaque passage et devancé d’un préau où une odeur de cigarette taquinait les narines de chacun. Jürgen vint se blottir contre un mur avant de sortir une cigarette de son paquet. Il était rare qu’il ait des indus mais, par ces temps, il était incapable de rouler les doigts gelés. Les élèves commençaient à arriver par groupes, des rires gras, des moqueries et parfois des arômes corsés de parfums divers – quand il s’agissait de groupe d’étudiante, rythmant leurs pas las. Certains s’arrêtaient pour fumer, d’autres étaient seuls dont un jeune homme aux épaules voûtées et à la tête ancrée entre les épaules comme si le monde s’abattait sur ses frêles épaules. Sans doute tourmenté par le regard des autres songeait le psychologue dont l’esprit, même au repos, n’avait de cesse d’analyser les démarches, les gestes, la communication non-verbal qu’offrait les corps. Il inspirait longuement la fumée avant de la recracher sous forme de deux remparts par les narines. Il savourait cette première cigarette de la journée, la seule qu’il savait encore apprécier car le tabac maculait sa bouche immaculée de toutes saveurs, les dents propres et les poumons encore épurés. Le bout rougeoyant crépitait dans la brume matinale.

Une sonnerie aux tonalités d’église retentit. Il regarda une dernière fois son téléphone avant de le déposer dans son sac pour s’élancer dans le dédale de couloir qu’était le lycée. À plusieurs reprises, il avait déjà arpenté ce carrelage blanc, ses murs couverts d’une tapisserie jaune et malgré la similarité de chaque endroit, il parvenait à se repérer. Il trouva sa salle sans problème. Il s’agissait d’une minuscule pièce aux apparences de bibliothèque avec des étagères ponctuées de livres multiples, de l’histoire à la psychologie en passant par des livres d’algèbre. Une myriade de poussière recouvrait les ouvrages. Le bureau était imposant, en bois massif, disposant d’un globe terrestre miniature en guise de seule décoration. Jürgen sortit son laptop et le déposa sur son bureau sans l’ouvrir. Il se posta ensuite devant la fenêtre pour s’adonner à son petit plaisir favoris : observer les êtres humains en pleines interactions sociales. La porte s’ouvrit alors qu’il se focalisait sur un couple échangeant un dernier baiser passionné avant de se quitter pour se perdre puis se retrouver dans les méandres du lycée. La porte se referma, il ne s’était toujours pas retourné. Il fit volte-face avec une lenteur qui lui était exquise, s’obligeant à tarir sa curiosité quant à Ambre Rosabel, l’étudiant avec qui il devait s’entretenir aujourd’hui pour jauger de son état mental comme on jaugerait des capacités d’un élève avant de l’envoyer dans la classe supérieure.

« - Bonjour jeune homme déclara-t-il avec un grand sourire avant de tirer le fauteuil en cuir qui lui servirait de chaise. Il prit place en face de lui avant de croiser une jambe sur l’autre. Il masquait maladroitement une certaine surprise : le garçon, âgé de dix-sept ans, était plus grand que lui d’au moins une tête. Il arborait une silhouette fine, maigre presque, des iris sombres intenses, sa silhouette filiforme lui donnait une certaine élégance, une prestance charismatique fâcheusement gâchée par des cernes imposants. Je n’ai pas besoin de me présenter. Tu peux m’appeler Jürgen, évite docteur, ou monsieur. J’aurais l’air vieux sinon puis, je ne suis pas si vieux que ça. Enfin, on n’est pas ici pour parler de moi mais, plutôt de toi. Tu as été victime d’un drame et je suis là pour t’aider, veiller à ce que tu ailles bien. Je sais que ce n’est pas simple et que tu n’as certainement aucune envie de m’en parler mais c’est nécessaire et obligatoire. Malheureusement mais, j’ai l’espoir très sincère de pouvoir t’aider. » Il termina son monologue avec un sourire qu’il voulait chaleureux malgré l’allure réticente qu’entretenait Ambre. Il n’avait clairement aucune envie d’être ici. Un court silence s’installait. Il reprit immédiatement pour éviter ces instants pesants qui cadençaient le mutisme de certains patients : « J’aimerai, pour commencer, que tu me dises comment tu vas aujourd’hui et ensuite, si tu t’en sens capable… de me parler du drame, ce qu’il s’est passé exactement et ton état depuis… les faits. Et si tu ne veux pas en parler alors on peut parler de tout et de rien. Je n’insinue pas que je suis ton copain, ce serait stupide de ma part mais, tu peux me parler de tout. Tu es protégé par le secret professionnel et cela fait du bien de se confier. Crois-moi. Les psychologues, c’est bien pour ça. Et je parle d’expérience. Tu peux leur dire n’importe quoi : que tu te branles sur des enfants, que tu crèves d’envie de tuer quelqu’un ou que tu es persuadé que Dieu te chuchote des sales choses au creux de ton cerveau, ils ne peuvent rien divulguer à personne. Juste t’écouter hahaha. » Il avait volontairement choisi des exemples crus, légèrement burlesques pour détendre son patient, espérant jouer sur l’humour morbide qu’entretiennent en généralité les étudiants.
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MessageSujet: Re: Froide entrevue   Mer 17 Jan 2018 - 16:14

Des monologues de bonnes pensées hypocrites, ont lui en avait servis à toutes les sauces. Des déluges écœurants de pitié et de condoléances. Il ne comprenait pas. Il ne voulait pas comprendre. La douleur, il prétendait au et fort ne pas la ressentir. Les pleurs, ils les disaient tarit depuis longtemps. Mais rien à faire, peut importe se qu’il pouvait dire, on continuait à s’excuser, à se rependre en réconfort inutile et en paroles mielleuses. Il en avait plus qu’assez. Il voulait juste qu’on lui fiche la paix, qu’on l’oublie une bonne fois pour toute. Toute la fausse compassion qu’on lui administrait ne faisait qu’alourdir son fardeau. Chaque mots lui rappelait à quel point il avait mal. Mais il n’avait pas le droit de souffrir. Se l’interdire c’était le moins qu’il puisse faire en guise de pardon.


Ambre écouta sans broncher. Adossé à son siège, les mains plongées dans les larges poches de son sweat trop grand. Son regard embué de sommeil fixait distraitement celui du psychologue qui prétendait pouvoir l’aider. De temps à autre, il lançait une œillade vers la fenêtre ou vers les étagères garnit de livres. À vrai dire, l’aisance de son interlocuteur le rendait un peu nerveux. Une expression avenante, un ton décontracté… une attitude visant à le mettre à l’aise. Au fond de ses poches, Ambre serra les poings. La fatigue ralentissait considérablement le cours de ses pensées. Il commença à regretter de ne pas s’être endormit sur cette fichu banquette de bus. Ah… ç’aurait été agréable de se laisser bercer par le roulis mécanique et les tressautement irréguliers du bus roulant sur le béton déformé par les intempéries, les yeux mis-clos, observant les flocons filer à la hâte devant la vitre sale. Il se serrait endormit sans se soucier de rien et se serai laisser emmener le long de la route. Il aurait oublier Cornaline, aurait laisser son cœur vide se gorger du froid blanc. Mais non.


Le court de ses pensées fut interrompu par un court silence. C’était à son tour de parler. La pointe d’humour qui était venue conclure le discours de son interlocuteur lui arracha un sourire cynique. Il soupira. Malgré tout, ça risquait d’être long. Après un court instant, il répondit:
«Vous avez vu juste. Parler de ma vie à un parfait inconnu ne m’emballe pas vraiment. Mais comme je n’ai pas le choix… »
Ambre était fatigué. Il n’avait pas envie de se compliquer la tâche, d’autant plus que l’idée de déballer ses plus sombres pensées devant un inconnu le rebutait franchement. Il se décolla du dossier de sa chaise, posant ses coudes sur le bureau massif. Ses longs doigts s’entremêlèrent. Il inclina légèrement son visage vers la gauche, plongeant son regard d’obsidienne dans celui de Jürgen. Sa voix se fit maussade.
«Ma petite sœur s’est suicidée. Comme n’importe quel être humain j’ai été triste et puis j’ai fait mon deuil, point. Tout va bien maintenant.»
Mais ses dernières paroles s’accompagnèrent d’une lourde amertume qu’il ne put dissimuler. Il déglutit. Une boule de tristesse et de colère vint entacher sa voix. Ses doigts se resserèrent jusqu'à faire blanchir ses jointures.
«Il n’y a rien d’autre, je vous assure… »


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