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Faërye FridamAuteur
MessageSujet: Faërye Fridam   Sam 8 Nov 2014 - 21:13

FAËRYE FRIDAM (♀)

01/04/1989, lieu inconnu (France) • incnnue • bisexuelle à forte tendance lesbienne • Journaliste freelance. Elle écrit, aussi. Et, accessoirement, parfois, c'est une cambrioleuse. • tsukuyomi • Shirogane Naoto, de Shin Megami Tensei : Persona 4


DESCRIPTION PSYCHOLOGIQUE
Savez-vous ce que signifie le mot « Faërye », en elfique ? « Liberté ». Et, ma foi, ce nom convient parfaitement à notre amie. En effet, elle est constamment à la recherche de la liberté. Tout, chez elle, indique ce choix. En effet, la première chose qu’il est intéressant de noter chez elle est sa claustrophobie, qui est en partie traumatique. Dès qu’elle est enfermée dans un espace trop exigu, elle se met à paniquer totalement. Par exemple, n’espérez pas la voir rentrer dans quelque chose de plus petit qu’un ascenseur,  puisque même un espace de cette taille suffit à lui déclencher des crises de panique. Et, de même, il ne vaut mieux pas l’entraver. Car elle a déjà été retenue contre son gré, elle a développé un traumatisme qui s’est étendu à tout ce qui peut nuire à sa liberté.

Mais cela ne lui nuit finalement guère, car, alors que les autres préfèrent utiliser les ascenseurs ou les voitures, elle préfère utiliser ses pieds. En effet, très sportive, elle préférera toujours courir ou marcher plutôt que de s’enfermer dans un lieu trop étroit. Et d’ailleurs, puisqu’on parle de sa tendance sportive, il est important de noter qu’elle pratique très régulièrement l’escalade. Mais pas sur des murs d’escalade. Non, elle, ce qu’elle aime, c’est l’escalade sauvage, que ce soit sur une falaise… Ou sur un immeuble. Parce que ça ne la gêne pas plus que ça d’escalader les propriétés privées. Il faut dire que, dans sa soif de liberté, elle a parfois un peu de mal avec certaines règles, comme celle qui dit que c’est mal de tromper les systèmes de sécurité, sans rien voler, juste pour le plaisir de la performance.

Le plaisir de la performance… Parlons-en, d’ailleurs, de son goût pour les défis. Un goût pour les défis qui, en un sens est assez candide tout en étant étonnamment mûr, puisqu’elle ne s’intéresse pas à la victoire en tant que telle, mais juste à la victoire contre elle-même. Mais, pour elle, tout cela n’est qu’un jeu, car, après tout, Faë est un peu comme une grande enfant.

Oui, Faë peut avoir un côté un peu enfantin, sur plusieurs points. Non qu’elle soit capricieuse ou ce genre de choses, mais elle est parfois étonnamment naïve, mais aussi très curieuse. Elle aime apprendre de nouvelles choses, visiter de nouveaux endroits, découvrir de nouvelles expériences. Pour elle, peu importe si un endroit a déjà été visité des milliards de fois ou si c’est un terrain vierge, il suffit qu’il soit nouveau à ses yeux pour attiser sa curiosité et son enthousiasme. Parce que, oui, elle est quelqu’un de naturellement enthousiaste, et très souvent de bonne humeur. Quand je vous dis qu’elle est un peu enfantine. Mais bon, c’est ce qui fait son charme.

Nous avons déjà vu que Faërye est toujours enthousiaste à l’idée de découvrir de nouveaux horizons. Et cela s’exprime aussi par une assez grande difficulté à rester en place. Elle est un peu hyperactive, mais pourtant, elle sait prendre le temps d’apprécier ce qu’elle découvre…

Parce qu’elle est libre, elle est aussi libre de céder à ses émotions avec la plus pure des passions. Elle aime avec passion, elle déteste avec passion, elle s’énerve avec passion. Bien sûr, elle pourrait se nuancer, mais alors, ça reviendrait à se brider, une chose qu’elle s’est promise de ne jamais faire. Alors, toutes ses émotions sont intenses, aussi intenses qu’elle l’est elle-même…

Et parce qu’elle est libre, et chérit la liberté, elle ne pardonnera jamais à quiconque nuit à la liberté, la sienne, ou celle de ses proches, de quelque façon que ce soit. Blesser, emprisonner, tuer, nuire physiquement ou mentalement. Si quelqu’un qu’elle aime, ou elle-même, subit ça, alors, gare au coupable. Car elle ne lui pardonnera pas. Elle est libre, mais elle est aussi prisonnière de ses sentiments. Peut-être est-ce ça, la vraie liberté ? Pouvoir choisir d’aimer, de vivre, d’avoir n’importe quelle émotion, autant qu’on puisse le désirer.

Mais, malgré tout, elle n’est pas totalement libre, car elle est souvent assaillie, dans ses cauchemars, de visions de son passé. Alors, à ce moment-là ressurgissent la culpabilité, la douleur, la peur et la tristesse. Mais rien ne peut véritablement l’entraver, pas même ces sentiments négatifs…


INFORMATIONS MAGIQUES
• Manière d'utiliser la magie : Son pouvoir lui vient naturellement et elle n'a donc pas besoin d'un quelconque objet pour le maîtriser
• Affinité : Ses sentiments sont mitigés. D'un côté, elle déteste sa magie qui a détruit sa vie, mais de l'autre côté, sans elle, justement, elle ne serait pas devenue ce qu'elle est. Mais sans doute que la balance penche plus vers l'appréciation que la détestation...


DESCRIPTION PHYSIQUE
Comment décrire Faërye ? Hé bien… Tout d’abord, il faut que vous sachiez que c’est une jeune femme, âgée de 25 ans, et qui en fait à peu près 20. Il faut dire aussi que ses longs cheveux, qui lui descendent jusqu’en bas des reins, y sont pour beaucoup. Parlons-en, d’ailleurs, de ses cheveux. Comme je l’ai déjà dit, ils sont très longs, descendant jusqu’au bas de ses reins. Elle les a toujours laissé pousser depuis qu’elle a recouvré la liberté et ne les coupera sans doute que lorsqu’ils la gêneront dans ses mouvements, pas avant. Et c’est aussi par volonté de liberté qu’elle ne les attaque pas, les laissant pousser comme ils veulent, et qu’elle les a colorés de sa couleur préférée : la couleur du ciel nocturne « où les rêves s’envolent et les esprits des hommes restent libres ». Alors, certes, c’est parfois dur de les coiffer, mais elle se sent tellement mieux en les laissant flotter…

Sous ces cheveux, dans la partie supérieure d’un visage somme toute assez banal, donc un ovale, aux formes un peu arrondies, mais sans plus, se trouvaient bien entendu ses yeux. Chose incroyable, ils étaient au nombre de deux. Dingue, n’est-ce pas ? Mais laissons de côté le sarcasme pour constater que ces yeux sont d’une couleur bleue assez foncée. Il n’est ici pas question de verres de contact ou de coloration, mais ses yeux sont bel et bien de la couleur du ciel nocturne : bleu nuit.

Passons rapidement sur le reste de son visage, qui n’a rien de particulièrement remarquable : une bouche et un nez. Ce n’est pas ce que l’on pourrait qualifier de très intéressant, donc passons au reste du corps.

Comme je l’ai mentionné au début de ce texte, Faërye est une femme. Et, bien entendu, cela se voit. Alors, certes, sa poitrine n’est pas outrageusement grosse, mais elle n’est pas non plus inexistante. Elle est même plutôt visible, bien que de taille normale. Sa silhouette, fine et élancée, couplée à une taille de 1m76, renforce l’impression d’avoir une poitrine proéminente.

Le reste de son corps est, somme toute assez classique. Il est cependant à repérer deux particularités chez elle. La première est une cicatrice à la base de sa nuque, qui témoigne de nombreuses piqures de seringue. Non, ce n’était pas de la drogue. C’étaient des sédatifs… Et des drogues quand même, mais elle n’a jamais consommé de drogues telles que l’héroïne. Cette cicatrice est donc, à la base, une marque de piqure, mais, avec le temps, et lors d’une crise de panique, elle l’a agrandie. C’est désormais une longue griffure, qui est toujours sur sa peau après plus de cinq années. Le deuxième signe particulier est un tatouage représentant un Ouroboros, un serpent qui se mord la queue, sur son poignet droit.

Bien, maintenant que son aspect général est détaillé, intéressons-nous rapidement à son style vestimentaire. Hé bien c’est très simple. Si vous vous attendez à la voir porter des robes, ou mêmes des jupes, attendez-vous très fortement à être déçu. Car elle déteste les robes et les jupes et s’habille de façon très masculine. Chemisier, veste de costume, souvent ouverte, d’ailleurs, pantalon assorti, chaussures plates, qu’elles soient des baskets, des converses ou des chaussures de ville toutes simples. Mais, pour rajouter à son habillement très masculin, elle a, en plus, une cravate. Quand je vous dis qu’elle s’habille comme un mec !


RACONTE NOUS SON HISTOIRE
L’existence des lieux indiqués dans cet article semble n’avoir jamais été prouvée. Ce qui suit est donc un texte de fiction, non de réalité alternative ou même de faits réels. Vous êtes priés de le croire.

Partie 1 : Enfance rêvée

-Papa, regarde, j’arrive à éteindre les lumières rien qu’en le voulant très fort !

La petite fille d’à peine six ou sept ans regarda l’ampoule électrique comme si elle voulait la faire disparaître. En riant, son père appuya sur l’interrupteur, l’éteignant. La fillette se retourna vers son père, boudeuse.

-Papa, t’avais pas le droit ! T’as triché, j’ai vu !
-Bon, d’accord, j’arrête, je te crois, je te crois !
-C’est vrai ?
-Bien sûr ! Tu es tout à fait capable d’éteindre les lumières.
-Donc ça veut dire que j’ai des pouvoirs magiques ?
-Il faut croire. Mais en même temps, c’est logique, tu es la fille d’un puissant magicien !
-Oui, c’est vrai !

La fillette hocha la tête, convaincue que son pouvoir lui venait de son prestidigitateur de père. Sa mère, amusée, arriva à ce moment-là pour dire que le dîner était prêt. Alors la petite fille abandonna aussitôt ses expériences magiques pour se jeter dans les bras de sa mère. Souriant, le père se dit qu’il avait parfaitement réussi dans sa vie tant professionnelle que personnelle.

De son nom de scène Mandrake II, il était un prestidigitateur doué, mais sans plus, lorsqu’il avait rencontré un soir de spectacle Marina, celle qui deviendrait par la suite sa femme. Pourtant, leur rencontre avait mal commencé. Et c’est encore un euphémisme. En effet, le jeune Mandrake II voulait tester un nouveau tour lors de sa représentation du soir. Et la victime qui fut désignée n’était autre que Marina en personne. Sauf que, vous vous en doutiez je suppose, le tour fonctionna mal. Ce que la jeune femme prit très mal. Alors, lorsque le problème fut réglé, Mandrake II l’avait invitée à boire un café, en tant que dédommagement. Et, chose étonnante, ils avaient finalement sympathisé, au point que quelques années plus tard, ils se mariaient. Et le mariage améliora singulièrement la condition de magicien de Mandrake II. Tout d’abord, il changea de nom de scène. Ensuite, ses tours furent plus performants. Et, à ce moment-là, il était de ces magiciens qui gagnaient à être connus… Et quelques années plus tard, Marina donnait naissance à une merveilleuse fille. Sa fille. Sa…

Il secoua la tête pour arrêter de rêvasser. Il était temps de manger, après tout. Il pourrait penser à son bonheur plus tard. Car, une chose était sûre, il était heureux.


La petite essaya de penser très fort pour que les lumières s’allument, mais elle n’y arrivait plus. Sans doute ses pouvoirs étaient-ils encore faibles vu qu’elle était petite. Oui, c’était sans doute ça. Parce que son papa ne pouvait pas lui avoir menti. Après tout, elle avait trouvé son pouvoir à peine deux heures plus tôt, par hasard. Donc c’était logique qu’elle ne sache pas encore l’utiliser. Après tout, son papa était nul avec ses pouvoirs avant de rencontrer sa maman. Satisfaite, la petite s’enfonça d’avantage sous sa couette pour s’endormir, quand elle entendit des voix discuter en bas. Alors, poussée par la curiosité, elle s’approcha de l’escalier, pour voir de quoi il en tenait.

En bas, son papa et sa maman semblaient se disputer avec des hommes qui avaient l’air méchant. Ils avaient un visage sévère et portaient des habits noirs. Son père disait quelque chose comme « Je m’en fous que ça soit légal, dégagez d’ici ou je vous vire moi-même » et tenait dans ses mains une de ses épées de spectacle. Donc, une épée en caoutchouc. Autant dire que les méchants n’avaient pas vraiment l’air impressionnés. Pourtant son papa était un super magicien ! Et, bizarrement, alors qu’ils n’avaient pas peur, ils partirent en silence. Intriguée, la petite descendit les escaliers.

-Papa ? C’était qui ces messieurs qui font peur ?

Son père se retourna et sursauta en entendant la voix de sa fille. Il n’avait pas remarqué qu’elle était réveillée. Il bafouilla une réponse peu convaincante.

-Personne. C’était personne. Juste des gens qui n’étaient pas contents pour le prochain spectacle. Alors, ma chérie, tu peux aller te rendormir, ne t’en fais pas, papa veille sur toi. Alors dors, mon ange, d’accord ?
-D’accord, mais tu feras de la magie demain ?
-Bien entendu chérie ! Allez, file !

La petite ne vit pas le regard alarmé que s’échangèrent ses parents tandis qu’elle remontait l’escalier pour se coucher… Ils ignoraient combien de temps leur vie paisible allait bien pouvoir durer… Ne sachant pas si elle pouvait tout de même l’entendre, le père murmura pour sa fille.

-Surtout, n’oublie jamais d’être libre, ma chérie…

Peut-être l’entendit-elle. Ou peut-être ce vœu s’inscrivit inconsciemment en elle. Toujours est-il qu’il la marqua pour toujours…

Cette nuit-là, la petite rêva. Elle rêva que les méchants messieurs en costume revenaient. Qu’ils l’emmenaient. Que ses parents pleuraient et criaient. Et les hommes en costume l’emmenaient très loin. Ils l’attachaient à un lit dur et froid. Ils lui faisaient des piqures. Elle pleurait. Mais ils n’arrêtaient pas. Elle suppliait son papa de venir, mais il n’arrivait jamais, parce que les méchants en costume lui avaient fait du mal. Et elle criait, criait jusqu’à s’en casser la voix. Mais ils continuaient, et personne ne venait jamais…

Heureusement, au lever du soleil, seuls restent les bons rêves, tandis que les cauchemars s’évanouissent à la lueur du jour, comme s’ils n’avaient jamais existé…  Car les hommes en costume ne revinrent jamais. Pourtant, ils marquèrent son subconscient de façon incroyable… A tel point qu’elle rêva d’eux pendant de longues années encore…



Les années passèrent. La petite fille grandit. Ecole. Collège. Lycée. Le temps passa, mais une chose resta. La liberté. Car nul ne peut la retirer à celui qui l’a toujours recherchée. Liberté, mais respect. Car ne méritent haine et mépris que ceux qui nuisent à la liberté fondamentale… Pourtant, une chose gâchait cette liberté. Une seule petite chose peut changer le monde…

Liquide brûlant dans les veines. Respiration haletante. Sonnerie des appareils électroniques. Bruits. Lumières. Silhouettes indistinctes. Peur. Injection. Silhouettes blanches. Brume des rêves qui vont et repartent. Voix qui semblent triomphantes. Voix qui semblent inquiètes. Ordres. Choc électrique. Crissement du crayon sur le papier. Obscurité bienvenue. Retour à l’inconscience. Réveil.

L’adolescente était perdue dans ses pensées, ruminant encore et encore ce rêve. Un rêve qui, somme toute, était assez récurrent. Si les images changeaient souvent, l’angoisse, elle, était toujours la même, et cette sensation d’oppression ne la quittait pas forcément au réveil. Elle en avait déjà parlé à ses parents, mais ceux-ci n’avaient pu expliquer l’origine de ces cauchemars récurrents. Alors, elle n’avait pas d’autres choix que de vivre avec. Ou plutôt, d’essayer.

-Ouhouh ! Tu es là ? Tu dors ?

L’adolescente se retourna et son visage s’éclaircit lorsqu’elle reconnut la personne qui venait de la faire revenir à la réalité.

-Salut Anna ! Non, je dormais pas… Quoique, j’étais à nouveau dans mon cauchemar, donc bon…

Anna poussa un soupir.

-Dis donc, t’en as pas marre de faire ces rêves bizarres ? Tu pourrais pas faire des rêves normaux, comme, je sais pas, moi, un rêve érotique avec Tristan, vu que tu arrêtes pas de parler de lui depuis deux semaines ?
-Pff… n’importe quoi ! Tristan, c’est juste un béguin, donc comment je pourrais avoir des rêves érotiques avec lui ?
-Allez, à d’autres, Faërye !
-Au fait, pourquoi tu m’appelles toujours comme ça ? J’ai un prénom, je te rappelle.
-Je sais, mais je l’ai oublié, à force de t’appeler comme ça.
-C’est pas drôle !
-Si. Et pourquoi je t’appelle toujours comme ça ? Bah, tu connais le Seigneur des Anneaux, quand même ?
-Evidemment !
-Faërye, en elfique, ça veut dire « liberté ». Et vu que tu as que ce mot à la bouche, tout le temps, ça me paraît approprié, non ?
-Hum… Oui, tu as raison, j’aime bien le surnom !
-Bah, tu vois ! Alors, avec Tristan, c’en est où ? Oui, ça sert à rien de changer de sujet avec moi, non mais !
-Arf… Tristan, il n’y a rien, voyons !
-Mais oui, c’est ça, on y croit… Tu sais, je serais presque jalouse de lui, quand même !
-Hein ?

Anna tira la langue à son amie et partit en courant. L’adolescente reste hébétée un instant puis commença à lui courir après. Ce n’était qu’un jour comme les autres, un jour somme toute très banal. Les cauchemars, les cours, les loisirs. Tout cela formait, finalement, un tout, qui se créait autour de la jeune fille, façonnant son propre univers, comme chacun crée son monde.

Lumières aveuglantes. Douleur. Peur. Sonneries des machines électriques. Liquide brûlant dans les veines. Respiration haletante. Bruits. Lumières. Injections. Silhouettes. Voix inquiètes, et d’autres triomphantes. Brume des rêves qui vont et repartent. Cœur qui s’affaiblit. Chocs électriques. Inconscience. Réveil.

-Ouhouh ! T’es là ? Tu dors ?
-Ah, salut Anna ! Non, je ne dormais pas vraiment. Enfin, je crois.
-Ah, encore tes cauchemars ?
-Ouais… Ils m’épuisent…
-Tu peux pas penser à autre chose, comme, je sais pas, moi, ton fameux Tristan ?
-Arrête, tu sais bien qu’il n’y a rien entre lui et moi !
-Mais oui, à d’autres, Faërye !
-Au fait, pourquoi tu m’appelles toujours comme ça ? J’ai un prénom, je te rappelle.
-Je sais, mais je l’ai oublié, à force de t’appeler comme ça.
-C’est pas drôle !
-Si. Et pourquoi je t’appelle toujours comme ça ? Bah, tu connais le Seigneur des Anneaux, quand même ?
-Evidemment !
-Faërye, en elfique, ça veut dire « liberté ». Et vu que tu as que ce mot à la bouche, tout le temps, ça me paraît approprié, non ?
-Hum… Oui, tu as raison, j’aime bien le surnom !
-Et donc, avec Tristan ? Qu’est-ce qu’il y a ?

La jeune fille que l’on surnommait Faërye venait de s’arrêter net, comme sous le coup d’une attaque, ou d’une immense surprise. Son visage prit une expression perplexe.

-Dis, tu n’aurais pas l’impression qu’on a déjà eu cette conversation hier ?
-Hier ? Qu’est-ce que tu racontes ? Hier, c’était dimanche, donc on ne s’est pas vues, non ?
-Hein, tu es sûre ? J’aurais juré que…
-Bah, ça doit juste être une impression de déjà-vu ! Et d’ailleurs, en parlant de déjà-vu… Faudrait peut-être qu’on se décide à bosser cet exposé sur la mémoire, non ? Donc tu viens chez moi ce soir, OK ?
-Euh… OK…
-Mais franchement, tout ce cirque pour ne pas parler de Tristan… C’est si sérieux que ça ?
-Quoi ? Mais non !
-Oui, oui, je te crois. Tu sais, je l’envierais presque…
-Hein ?

Anna tira la langue à son amie et partit en courant. L’adolescente reste hébétée un instant puis commença à lui courir après. Ce n’était qu’un jour comme les autres, un jour somme toute très banal.

-Bonsoir madame !
-Bonsoir, Faërye. Comment vas-tu ?
-Ben… Je crois que ça irait mieux si tout le monde oubliait un peu ce surnom pour m’appeler par mon prénom !
-Désolée, désolée, mais je ne connais pas  ton prénom, Anna ne me l’a jamais dit !
-Hé bien, c’est simple, pourtant ! C’est … voyons !

Au moment où elle disait son prénom, une voiture passa devant la maison dans un raffut infernal, couvrant le son de la voix de la jeune fille. Elle soupira, tandis que la mère de sa meilleure amie lui souriait d’un air indulgent.

-Désolée jeune fille, mais je n’ai pas entendu ton prénom.
-Oh, et puis laissez tomber ! Faërye me convient très bien, vu que je n’arrive jamais à faire entendre mon prénom, on dirait que je suis maudite…
-Si tu le dis ! Enfin, vous avez un exposé à préparer, non ?

L’exposé n’était finalement qu’un prétexte, puisque les deux jeunes filles le bazardèrent rapidement avant de se remettre à discuter. Et bien sûr, Anna continuait de taquiner son amie sur son sujet favori : Tristan. Au bout d’un moment, l’adolescente ne tint plus et murmura à mi-voix :

-Tu sais, ce n’est pas Tristan que j’aime… C’est…

Elle n’eut pas le temps de finir. Car Anna avait saisi son visage et l’avait embrassée, soudainement, comme pour la faire taire.

-Anna… Je…
-Faë, tu commences à devenir forte, pas vrai ? C’est… dommage, je suppose.
-Qu’est-ce qu’il se passe ?
-Chut ! S’il te plaît, ne parle pas.

En pleurs, Anna sanglotait doucement sur l’épaule de son amie, sans la regarder en face, pleurant ce qu’elle savait être la fin d’une époque. Alors, sans qu’elle-même ne sache pourquoi, la jeune fille commença aussi à pleurer doucement… Peut-être sentait-elle au fond d’elle-même que quelque chose se terminait avec ce baiser ?

Et pourtant, une semaine passa, ponctuée de cauchemars… Mais aussi de scènes qui semblaient, au fur et à mesure, se répéter de plus en plus. Alors, inconsciemment, celle que l’on surnommait Faërye commençait à se demandait si tout était bien normal…


Partie 2 : Réalité cruelle

Pour ceux qui y travaillaient, cet endroit était juste « Le laboratoire ». Certains savaient certes qu’ils étaient financés par plusieurs états et quelques particuliers, mais, pour la plupart, ce n’était qu’un lieu de travail, une occasion d’étudier des phénomènes incroyables. Et ce, même si certaines personnes devaient en souffrir. Après tout, pour faire avancer la recherche, ne vaudrait-il pas mieux, parfois, ne reculer devant aucun sacrifice ? Y compris celui de son âme ou de son humanité ?

Pour ceux qui y étaient exploités, cet endroit était juste une prison. Enfin, pas pour tous. Car certains n’avaient même pas conscience de son existence. Pour ceux-là, cet endroit était juste un mauvais rêve. Un de ceux qui nous réveille, terrorisé, au milieu de la nuit, mais que l’on oublie au fil de sa journée, au fur et à mesure que le temps passe. Mais, prison ou cauchemar, peu importait, après tout. Car le résultat était le même. La liberté, pour eux, ne pouvait y exister, à part celle qu’apporte le dernier soupir. Mais peu importait. Car, conscients ou non, travailleurs ou exploités, tous y vivaient, de leur plein gré ou pas, et tous y mourraient. C’était ainsi qu’avait été créé ce projet.

-Faërye, en elfique, ça veut dire « liberté ». Vu que tu parles tout le temps de liberté, ça me semblait approprié, non ?
-Hum… Oui, tu as raison, j’aime bien le surnom ! Ah ! Et, avant que tu ne repartes sur le sujet précédent, non, il ne se passe rien avec Tristan. Voilà, comme ça, ta prochaine question est satisfaite !
-Mais… Comment tu as su ce que j’allais dire ?

Anna était interloquée. Mais son amie haussa les épaules. Elle le savait, car elle savait que cela faisait plus d’une semaine qu’elle répétait, sans interruption, la même journée, à quelques nuances près.

-C’est juste la dixième fois qu’on a la même discussion. Je commence à être lassée, maintenant. Pourquoi, une des premières fois, tu m’as dit que je devenais forte ? Qu’est-ce qu’il se passe ? Je suis sûre que tu sais quelque chose ! Alors dis-le moi ! PITIE !

Sa voix se brisa alors qu’elle hurlait ce dernier mot. Elle commença à sangloter, lassée de ne rien comprendre, mais de se rendre compte que quelque chose clochait. Elle en avait assez. Anna, pourtant, se contenta de cracher par terre, méprisante, tandis que ses traits se durcissaient.

-Et alors, quoi ? Quelque chose ne va pas ? Hé bien, essaye de trouver la solution au problème par toi-même, alors, même si je comprends pas ce que tu dis, au lieu de pleurnicher ! Tu parles tout le temps de ta liberté, mais tu arrives même pas à te libérer de tes cauchemars ! Peut-être que c’est ça, qui ne va pas ? Tu deviens cinglée, et tes cauchemars en sont juste la conséquence ? T’as déjà pensé qu’ils pouvaient être liés ? Non, je suppose ! Tu es pitoyable, tu n’as même pas la force de conquérir la liberté dont tu parles toujours !

Sur ces mots, elle tourna les talons et partit à grandes enjambées, tandis que son amie restait ébahie. Elle ne comprenait vraiment plus rien, en particulier, pourquoi sa meilleure amie se comportait comme ça. Tout était de plus en plus étrange, mais rien ne pourrait changer. Elle avait la conviction d’être totalement bloquée, alors que, dans sa tête, rebondissaient les derniers mots que lui avait adressée Anna. Son monde s’effondrait, et elle ne pouvait qu’assister, impuissante, à la destruction de son univers… Au loin, elle entendait la musique du camion d’un vendeur de glace, qui semblait entrecoupée par des bips.


Lumières aveuglantes. Peur. Douleur. Respiration haletante. La jeune fille se débattait, mais les hommes en blouse blanche la maintenaient fermement. L’un d’entre eux s’approcha avec une seringue et commença à préparer l’injection. Derrière elle, elle entendait les bips des appareils électriques.

La musique du camion du vendeur de glace semblait entrecoupée de bips, tandis qu’Anna s’éloignait, laissant ses paroles résonner dans l’esprit de la jeune fille.

-Tu n’as même pas la force de conquérir la liberté dont tu parles toujours !


-Elle devient trop résistante, il faut augmenter la dose !
-Non, elle n’aura pas la force !

-Tu n’as même pas la force. Tu es pitoyable !

Les mots tournaient dans son esprit, se mêlant à ceux des blouses blanches, comme un écho, formant peu à peu une litanie mortelle. Une litanie mortelle qui envahissait entièrement son esprit, l’obscurcissant.

Pitoyable. Tu n’as pas la force. Conquérir la liberté dont tu parles sans cesse !

Eveil.

Alors qu’elle avait fermé les yeux lorsque le scientifique avait approché sa seringue, elle les rouvrit. Dans ses veines, elle sentait son pouvoir circuler. Elle donna un coup de pied à celui qui tenait sa jambe, et se leva en titubant. Alors, les lumières semblèrent s’éteindre. Pourtant, elle y voyait comme en plein jour. Alors que, si elle se fiait aux cris des blouses blanches, ces derniers ne semblaient plus guère y voir goutte. Elle tituba, mais elle était portée par… sa volonté ? Son pouvoir ? Peu importait. Elle fit un pas hésitant, suivi d’un autre, puis continua, chaque pas étant plus assuré que le précédent. Inconsciemment, elle arracha les électrodes qu’elle avait sur la tête et la poitrine, ainsi que la perfusion qu’elle avait au bras. Alors, l’alarme commença à résonner.

Elle avança, comme dans une espèce de brouillard. Elle n’avait pas pleinement conscience de ce qu’elle faisait, elle était comme dans un état second. Des gardes armés, vêtus d’un costume qui semblait vouloir éveiller le début d’une réminiscence en elle, se montrèrent alors, pistolets braqués dans sa direction. A nouveau, les lumières s’éteignirent alors qu’elle continuait à avancer. Les gardes, étonnés, baissèrent leur garde un instant, suffisamment pour lui laisser le temps de s’avancer pour entrer dans une salle qui semblait vide.

-Tu crois que ça marchera sur moi ?

Non, impossible ! Cette voix… Elle était… réelle ? La jeune fille se retourna

-Anna !

Anna sourit, avec un sourire sadique.

-Oui, c’est bien moi, ma chère Faërye. On dirait que tu as ENFIN réussi à te réveiller… C’était pas faute d’avoir essayé, pourtant ! Bon sang, tu es tellement longue à la détente !
-Qu’est-ce que… Pourquoi ? Je… Je comprends pas…
-Logique. Bon, je la fais courte. Sédatif et hypnose, pour te rendre hyper sensible à la suggestion. Manipulations médicales pour étudier nos pouvoirs. Ici, on est deux cobayes.
-Im… Impossible !
-Et pourtant… Dis-moi, quel est ton nom, Faërye ?
-Je… Je m’appelle… … Je…

Anna eut un sourire encore plus sadique que le précédent, un sourire qui fit froid dans le dos de la jeune fille.

-Tu ne t’en souviens pas, pas vrai ? Il faut dire, tu es ici depuis plus de dix ans, tu avais à peine cinq ans… En un sens, je compatis. Tu n’as pas d’autre identité que celle du cobaye involontaire.
-Mais… Et… Et toi ? Tu…
-Moi ? C’est différent. Même si au début, je ne voulais pas, j’ai vite compris l’intérêt de les aider de mon plein gré. Déjà, j’ai gardé mon identité, contrairement à toi. Et j’ai plus de liberté de mouvement que toi. Et à part ça, tu n’arrêtais pas de sortir tout tes discours sur la liberté ! Ah, quelle ironie, tu ne crois pas ? C’est tellement beau !

Elle écarta les bras et éclata d’un rire dément. La jeune fille sans nom essaya de protester, les yeux pleins de larmes.

-Mais… Pourquoi ? Je… Je t’aime… Je…
-POURQUOI ?! Mais parce que c’est la seule option ! Ils voulaient voir si quelqu’un qui utilise la lumière et quelqu’un comme toi, qui a un pouvoir sur l’obscurité, pouvaient s’entendre. Ou plutôt, si c’était possible d’inverser les clichés ! Et je dois avouer que c’était fun !
-Non, je… Je t’aime…
-ALORS POURQUOI TU N’AS RIEN FAIT ? Ce n’est pas moi que tu crois aimer ! C’est juste l’image que je donnais ! Alors tu n’as aucun droit de dire que tu m’aimes ! Aucun, tu m’entends !

Plutôt que de parler, la jeune fille sans nom s’avança, encore plus déterminée qu’auparavant. Anna recula d’un pas en voyant la flamme dans son regard et fit apparaître une boule de lumière dans sa main, mais l’autre ne l’attaqua pas. Ou plutôt, si. Mais pas de la manière dont on pouvait s’y attendre. En effet, elle s’avança… Et l’embrassa. Simplement. Et passionnément. Un baiser pur, chargé des sentiments qu’elle ressentait. Un amour aussi pur que son baiser. Puis, elle rompit ce dernier, les yeux brillants.  

-Je t’interdis de dire que je ne t’aime pas. Et je t’interdis de jouer la comédie pour te faire détester. Tu mens très mal, tu sais ?

Anna resta sans voix. Et les larmes commencèrent à couler le long de ses joues.

-Faë…

Elle déglutit, et commença à pleurer à chaudes larmes.

-Dé…Désolée ! Je… Je voulais…
-Te faire détester, et, en gros, te sacrifier pour moi ? C’est complètement débile ! On va sortir d’ici !
-Non, c’est… C’est impossible… On… On ne peut pas sortir d’ici. Snif. On ne peut rien faire !
-Tu connais le lieu, non ? Alors il faut s’évader !
-Ensemble, on ne pourra pas s’évader ! Tu pars toute seule ! Je vais les occuper !
-Je refuse !

Ana embrassa son amie, un baiser au goût de larmes. Puis elle s’éloigna et eut un sourire amer.

-Soit libre, Faërye. Je t’aime.

Et, pour cacher qu’elle pleurait, elle fit demi-tour et emprunta la porte. La jeune fille s’élança vers la porte, mais ne put l’ouvrir. Elle était fermée de l’extérieur. Elle tempêta, s’acharnant sur la poignée, mais ne parvint pas à l’ouvrir, tandis que ses larmes brouillaient sa vue. Alors, pleurant, elle s’effondra au sol et se roula en boule.

Au bout de ce qui lui sembla une éternité, elle se releva et s’avança dans le couloir, continuant à pleurer. Et lorsque les larmes se tarirent, seule la liberté guida ses pas…



Balthazar était sorti tôt, ce matin. Sa jambe lui faisait encore mal. Et ses cauchemars ne semblaient pas vouloir lui laisser de répit, en ce moment. Il se revoyait sans cesse sur le front. Il sentait encore le fusil dans ses mains, le recul lorsqu’il tirait, l’odeur de la poudre et le bruit des tirs et des bombes. Cet ancien soldat était certes revenu de la guerre sauf. Mais cela ne l’avait pas empêché d’éprouver cette déchirure à l’âme, en plus de cette immonde blessure à la jambe qui l’avait laissé condamné à la claudication. Et cela faisait déjà plus de vingt ans. Vingt années qu’il essayait d’oublier que, finalement, il avait laissé ses camarades mourir. Et le pire, c’est qu’il avait obtenu une médaille. Si sa jambe était tordue, son âme n’était pas en meilleur état. Cette culpabilité le hantait, alors qu’il s’était carrément retiré du monde, vivant à l’écart, espérant retrouver, dans sa solitude, la force d’avancer. Mais cette solitude avait fini par devenir une de ses trois meilleures compagnes, avec  la douleur et la culpabilité.

S’y était-il habitué ? Non. Avait-il appris à vivre avec ? Il n’avait pas vraiment eu d’autre choix. Alors, à force, il pensait qu’il finirait par être blasé. Mais pourtant, rien n’y faisait. Alors, tout ce qu’il pouvait faire était d’avoir des nuits agitées, peuplées de cauchemars et de douleurs, de se réveiller en sursaut, de sortir et de respirer le vent frais en se baladant, jusqu’à ce qu’il se sente un peu mieux.

Et c’était précisément ce qu’il faisait ce matin. Il se baladait en boitant, perdu dans ses pensées, quand, tout à coup, il entendit un bruit. Il se retourna et écarquilla les yeux. Une jeune fille, qui devait avoir tout au plus une quinzaine d’années et qui avait l’air terrifiée se trouvait là, allongée. Elle semblait incapable de se relever. Alors, Balthazar s’avança.

-Tout va bien ?

La fille fit mine de se reculer en écarquillant encore plus les yeux, mais elle n’y arriva pas. Balthazar ne put s’empêcher de la comparer à un lapin effrayé. Alors, il continua à parler, d’une voix apaisante.

-Tu n’as pas à t’en faire. Je veux juste t’aider. Je m’appelle Balthazar. Et toi ? Tu es blessée ? Reste-là, je vais appeler l’hôpital, ou la police, ils t’aideront.

A cette mention, la jeune fille eut un air encore plus apeuré qu’auparavant et essaya de s’éloigner de Balthazar, qui s’était approché d’elle tout en parlant. Mais, apparemment, ce fut un effort trop intense pour elle. Elle s’évanouit, laissant Balthazar perplexe et inquiet.



Quand la jeune fille sans nom se réveilla, la première chose qu’elle sentit fut le contact des draps. Puis celui des bandages. Et la chaleur du soleil. Le deuxième sens qui s’éveilla fut celui de l’odorat. Elle sentait la lessive qui avait lavé les draps. Elle sentait la pièce dans laquelle elle se trouvait. Elle sentait une odeur de cuisine. Après l’odorat vint l’ouïe. Elle entendit des bruits domestiques, le chant d’un oiseau au loin, deux personnes discuter dans une autre pièce. Le goût revint par la suite. Elle pouvait goûter l’air de la pièce. Sa vue devait être le dernier sens à s’éveiller, mais, pour l’instant, elle préférait garder les yeux fermés pour savourer d’avantage les sensations que lui offraient ses quatre premiers sens. Une pensée effleura alors son esprit.

Tout ça n’était qu’un mauvais rêve. Je suis chez moi, et je vais bien. J’ai juste été abusée par ce que j’avais lu. Aujourd’hui, on est mardi, et comme tous les jours, je vais retrouver Anna. Elle me taquinera encore un peu à propos de Tristan et de mon surnom, comme d’habitude. Je me demande quand même comment j’ai pu imaginer tout ce truc… Genre, Anna se sacrifierait ! NON ! ANNA ! NON, NE PARS PAS !

Elle se redressa en sursaut, tendant le bras devant elle, pour rattraper celle qui était déjà loin. Et, en même temps, elle ouvrit les yeux. Alors, la respiration haletante et le cœur battant à tous rompre, elle put constater que non, ce n’était pas juste un rêve. Car elle ne se trouvait clairement pas à l’endroit qu’elle avait eu, auparavant, l’habitude d’appeler « chez elle ».

La pièce était meublée simplement, mais on y ressentait tout de même une certaine chaleur. Mais la jeune fille ne perçut pas la sérénité des lieux. Ce qu’elle perçut, ce fut qu’elle était à nouveau enfermée dans un lieu inconnu. Et les voix qu’elle entendait lui étaient totalement inconnues. Alors, la panique envahit son esprit et elle chercha à se lever et à se défaire des draps qui lui semblaient soudainement être plus oppressants qu’une chape de béton armé.

Mais, clairement, son corps était encore très affaibli. Alors, elle s’emmêla dans le drap et tomba avec fracas. La discussion s’arrêta, mais la tête de la jeune fille lui tournait. Elle avait beau essayer de fuir, sa prison de tissu se refermait sur elle, la privant de plus en plus de sa liberté. Alors, la porte de la pièce s’ouvrit sur deux personnes. Un homme qui semblait avoir environ 60 ans et une femme à qui on lui en donnait environ 40. Alors, en la voyant à terre, se débattre avec le drap, ils se précipitèrent tous deux vers elle, ne faisant qu’aggraver la panique de l’adolescente et ses tentatives désordonnées de s’en sortir qui ne faisaient qu’empirer la situation. Alors le vieil homme arrêta la femme en tendant le bras devant et prit la parole d’une voix calme, apaisante.

-Calme-toi, tu n’as rien à craindre, ici. Je t’ai trouvée il y a deux jours. Je t’ai amenée ici, parce que tu ne semblais pas vouloir aller à l’hôpital. Et je te présente Sarah, c’est la fille d’un ami, elle est médecin. Dis-moi, tu te souviens de m’avoir vu ?

Les yeux exorbités par la peur, elle secoua la tête pour donner une réponse négative. Même si ce n’était pas tout à fait exact. Elle se rappelait vaguement de la voix du vieil homme, mais n’arrivait plus à la situer dans le temps. Néanmoins, sa voix calme avait eu le mérite de l’apaiser, comme la première fois. Elle ne se débattait plus, laissant les draps retomber au sol. A ce moment-là, Sarah émit un petit rire et eut un sourire franchement amical avant de s’avancer vivement vers l’adolescente, qui eut bien évidemment un mouvement de recul, mais cela ne gêna pas la femme médecin, qui resta à distance, se contentant de prendre la parole à un rythme rapide.

-Salut ! Moi, c’est Sarah ! Balthazar m’a appelée. Et encore heureux, parce que, franchement, si un vieux de 60 ans se met à soigner une adolescente d’une quinzaine d’année tout seul, ça risque d’être mal interprété ! Dis-moi, tu peux nous raconter ce qui t’es arrivé ? Et commençons par le commencement ! Tu t’appelles comment ?

L’adolescente ouvrit la bouche, mais constata bien rapidement qu’aucun son ne franchissait ses lèvres. Alors, elle se contenta de secouer négativement la tête.

-Non ? Tu t’appelles non ?

Nouvelle réponse négative.

-Tu ne veux pas répondre ?

Haussement d’épaules

-Tu ne peux pas ?

Nouveau haussement d’épaules, accompagné d’un léger hochement de tête.

-Ou alors, tu ignores ton nom ?

Réponse affirmative, la jeune fille hocha la tête d’un air circonspect, hésitante. Sarah poussa un soupir.

-Alors, comment on va t’appeler ? Parce que Balthazar est d’accord avec moi, il vaut mieux que tu restes ici jusqu’à ce que tu ailles mieux ! Vu ton état, c’est déjà un miracle que tu te sois réveillée aussi tôt ! Pour l’instant, tu es en convalescence, mademoiselle !

Elle lui tendit un bout de papier et un crayon, laissant le choix à l’adolescente, qui hésita avant de prendre le crayon, puis avant d’écrire un unique mot.

Sois libre, Faërye. Je t’aime.

Puisque c’était le souhait de celle qu’elle avait aimé, alors, elle n’avait plus qu’à le respecter. Ce fut ce mot qu’elle écrivit.

Faërye

Ce fut aussi simple que cela. Sarah et Balthazar décidèrent donc de l’appeler Faërye, suite à son souhait, le temps que la jeune fille fût entièrement rétablie.

La jeune fille que l’on appelait Faërye resta donc chez Balthazar, recevant la visite quotidienne de Sarah. Son corps se rétablissait, et son âme s’apaisait, bercé d’air frais et de longues balades, ainsi que, parfois, de nuits à la belle étoile. Pourtant, alors qu’elle guérissait peu à peu, elle s’avérait toujours incapable de parler, et des cauchemars continuaient à l’assaillir. Ce fut ainsi une année après son arrivée qu’elle récupéra la parole et, avec cette dernière, emprunta enfin pleinement le chemin du rétablissement.

Pourtant, alors qu’elle était rétablie, elle demanda à rester chez Balthazar. Celui-ci, s’étant attaché à l’adolescente, qu’il considérait un peu comme sa fille, accepta bien volontiers. Car, si lui-même l’avait aidée à guérir, elle en avait fait de même avec lui. Ses nuits s’étaient apaisées, et sa jambe le faisait beaucoup moins souffrir.



Des années passèrent. Des années de bonheur et de liberté. Faërye devint une jeune femme indépendante, tandis que celui qu’elle considérait comme son père vieillissait peu à peu, paisiblement. Grâce à l’aide de Sarah et aux contacts de cette dernière, elle parvint à prendre des cours de journalisme et à se procurer des papiers, qui lui permirent de débuter sa carrière de journaliste freelance. Elle voyageait beaucoup, mais, entre deux pays étrangers, elle revenait toujours dans cette maison qui était, après tout, la sienne. Comme cette fois-ci…

-C’est moi, je suis rentrée !

Faërye entra dans la maison, se disant que son père faisait peut-être la sieste. Pourtant, il n’y avait ici absolument personne. Celle qui était devenue une belle jeune femme sentit son cœur se serrer. Et ce même cœur rata un battement lorsqu’elle aperçut, sur la table, une lettre qui lui était adressée. Avec appréhension, elle ouvrit l’enveloppe et commença à lire.

Ma chère Faërye, si tu lis cette lettre, c’est que j’ai quitté la maison. Je t’avais déjà parlé de mon projet de partir, lorsque je sentirais mon heure venir, afin de ne pas troubler l’air de cette maison à cause de la mort. Et c’est maintenant chose faite. J’ignore où je vais me diriger, mais je sais que je vais m’éloigner le plus possible. J’aurais aimé te dire adieu de vive voix, mais j’ignore quand tu rentreras. Peut-être te croiserais-je tout de même en partant. Mais si ce n’est pas le cas, alors, sache que je t’aime. Tu as été comme une fille pour moi, et tu es devenue magnifiquement libre en grandissant. Je suis sans doute l’homme le plus fier du monde, au moment où je t’écris ces quelques lignes. J’espère que tu continueras toujours à être aussi libre que maintenant.

Adieu.

Ton père, qui t’aime.

Balthazar Fridam.



Les larmes coulaient sur ses joues. Pourtant, lorsqu’elle voulut les essuyer, elle constata que ses yeux étaient secs. Puis qu’elle ne se trouvait plus à l’intérieur de sa maison, mais bien à l’extérieur, devant une  ville qu’elle ne connaissait absolument pas, même si elle avait toujours sa valise à ses côtés. Alors, son regard se porta sur la lettre qu’elle tenait dans la main gauche. Et elle vit qu’il ne s’agissait plus de la même lettre, mais d’un message où il était question de descendants et de pouvoirs. Elle poussa un soupir.


-Bon sang, où est-ce que je suis encore tombée ?


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MessageSujet: Re: Faërye Fridam   Sam 15 Nov 2014 - 19:27

Mademoiselle Faë, on attend la suite ! è_é


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MessageSujet: Re: Faërye Fridam   Sam 22 Nov 2014 - 21:42

Je viens de lire ton caractère, et je n'ai qu'une chose à te dire : tu es adoptée xD

Je veux un rp avec toi dès que tu auras compléter ta présentation, en effet, il te reste encore ton histoire alors bon courage.

Dans tous les cas bienvenue parmi nous






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MessageSujet: Re: Faërye Fridam   Ven 28 Nov 2014 - 12:29

Mademoiselle Faë, il va falloir de dépêcher ! Le délai est dépassé depuis presque une semaine ~


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MessageSujet: Re: Faërye Fridam   Dim 7 Déc 2014 - 0:27

Merci Emily ! ^^
Je serais ravie de RP avec toi dès que je serais validée ^^

Et j'ai maintenant l'honneur de vous annoncer que... J'ai ENFIN terminé cette histoire, la plus longue que j'aie écrite ! *pleure de joie*
J'attends maintenant les éventuels commentaires des admines ^^
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MessageSujet: Re: Faërye Fridam   Dim 7 Déc 2014 - 13:58

Voilà, j'ai tout lu (si si !) et pour moi c'est bon, bien que... non, je ne peux pas en dire plus TwT. Il manque cependant le passe :x Donc, une fois rajouté, moi ce sera oui x)


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MessageSujet: Re: Faërye Fridam   Dim 7 Déc 2014 - 14:11

Quelle andouille, oublier le passe ! x_x
Enfin, c'est corrigé ! ^^


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