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Plus loin de la réalité même.Auteur
MessageSujet: Plus loin de la réalité même.   Dim 25 Mar 2018 - 11:10

ft. OSMUND Damian

Après la pauvre blague qu'a été la fête en l'honneur du retour de la "légendaire Hasley", Félicité se sent perdue. Où est-elle ? Que fait-elle ici ? Retenue prisonnière dans un monde illusoire qui n'a aucun sens, elle cherche à trouver la faille. Mais avant de la trouver, il est nécessaire d'étudier ce qu'est une faille, et quoi de mieux que de trouver les siennes ?

Plus loin de la réalité même.

Le temps est frais. Je crois qu'on approche du zéro. Il n'y a pas un bruit dans les rues faiblement éclairées par les lampadaires à la lumière orangeâtre fébrile. On entend juste mes mocassins claquer sur le goudron encore humide, marqué par la pluie précédente encore récente. Je remonte mon écharpe jusque sous mon nez et essaie de voir si de la buée passe à travers le tissu. Expérience non concluante. Je balance mon parapluie en toile plastifiée dans une main, d'avant en arrière. Comme une majorette. Dans un mouvement circulaire un peu trop rapide, le manche s'échappe de mon poignet et le parapluie s'écrase deux – trois mètres plus loin sur le sol dans un bruit sec.
Quelle conne. Je me désole toute seule de mon abrutisme sévère, et vais le chercher en lançant des regards furtifs autour de moi, espérant que personne n'ait été témoin de cette démonstration de nullité. Je me penche, et le ramasse. Désormais, je vais le tenir sagement pour ne plus me planter.

Un peu plus loin, un banc. Je décide de m'y asseoir, j'en ai assez de marcher sans but. S'asseoir sans but est moins fatiguant. Je pose ma main sur le bois vert pour m'assurer qu'il n'est pas tre-... Bon. Je m'essuie sur mon cardigan tout neuf, retiens ma respiration et m'assois sur mon manteau pour ne pas me mouiller les fesses. C'est froid quand même. Je me penche en avant, les coudes posés sur les genoux, la tête dans les mains. J'entends quelques voitures qui passent, je vois les lumières qui s'éteignent au loin. Quelle heure est-il? Aucune idée.

Je n'ai même pas mon portable sur moi. Il doit se demander ce que je fais. Oh qu'est-ce que ça peut lui foutre ? ... Les yeux grands ouverts, je regarde droit devant moi. Je ne fixe rien. Tout se floute et se perd. Les yeux grands ouverts, je vois sans regarder. Tout ce qui s'est passé récemment m'a un peu secoué. Je dois l'avouer. Qu'est-ce qui est vrai, qu'est-ce qui est faux ? Cet endroit m'échappe, et j'ai parfois l'impression de voir à travers mes mains. Suis-je un spectre ? Enfermée dans une autre réalité, un monde renversé ? Où tout serait inverse ? Ou bien une sorte de purgatoire en attendant de décider quoi faire de moi ? Les mains m'en tombent, molles et lasses. Je ne sais pas vraiment quoi faire. Je vais juste suivre mes envies pour l'instant. Ce n'est pas comme si je pouvais faire quoi que ce soit pour changer ma situation. ( N'est-ce pas ? ... )

Un verre. Je crois que j'ai besoin d'un verre. Je n'en ai jamais eu besoin avant, mais là, j'crois que c'est ce qu'il me faut. Pour me retrouver dans un autre état que dans lequel je suis actuellement. Ça ne me fera pas de mal. ( N'est-ce pas ? ... ) Ou au pire, ça me permettra d'explorer de nouvelles théories du complot que je n'avais jamais envisagé. Au pire.

Je me lève, résolue. On est en semaine, mais des trucs devraient encore être ouverts. Surtout que c'est une île majoritairement étudiante, donc je ne devrais pas trop m'en faire. Je rencontrerais peut-être des gens intéressants là-bas, qui sait ? Même si ce sont des chimères. Je ne pense pas avoir perdu toute sociabilité. ( N'est-ce pas ? ... ) Je marche un peu sans but dans les quartiers résidentiels vidés de toute population, puis je croise un groupe, deux groupes, trois, etc ... Les gens se multiplient à l'infini. Je crois que j'approche en effet. J'entends du bruits. Des rires, des cris qui se perdent en éclat dans le silence absolu de la nuit.

Je continue de marcher. Ah, je vois plus de monde. Des bars aux entrées multicolores convient chaque passant à mettre le nez dans leur établissement avec leur musique à la mode forte, leur décoration tape à l’œil et les lumières transperçantes qui strient l'ambiance tamisée dans un contraste presque violent. Je regarde les enseignes. Tiens, celui-ci ira bien. Je pousse la porte sous l’œil féroce du videur. J'ai l'air majeure, ça suffit.



Une fois la porte franchie, rien n'est plus pareil. La musique tape fort, mais elle ne m'agresse pas. J'aime bien ce genre de musique. ...Hm, c'est qu'il y a du monde. J'essaie de repérer les points clés du bar en me tortillant sur place pour trouver des brèches à cette masse humaine. C'est une salle qui a l'air assez grande, et qui s'étale sur en longueur. Sur ma gauche, un mètre plus loin, un bar massif s'étend sur quelques mètres, avec l'éternelle collection de bouteilles d'alcool, chacune tentant d'être plus exotique que sa voisine. Un large miroir est au plafond, parallèle au sol pour refléter tout ce qui se trouve contre le mur, derrière le barman : les bouteilles se prolongent à n'en plus finir. Au fond, une piste de dance, mais je ne suis pas prête de m'y intéresser de si tôt. Puis, c'est pas comme si les gens se préoccupaient de faire les choses là où il le fallait – non il n'est pas question que de dance dans ma phrase. Je vois, un peu sur ma droite, des tables. Des verres. Des gens à chaque bout. Je crois qu'ils jouent au beer-pong. M'ouais.

Après ce bref examen, je décide d'aller au bar. Il n'y a pas de chaise libre, donc je m'y accoude dès qu'un accès se libère suite à une commande effectuée. Je regarde les pancartes aguicheuses qui affichent des prix ridicules. Je ne sais pas quoi prendre. Le barman a l'air de me regarder avec insistance, je suis trop lente. Je ne pense pas qu'il s'agisse d'un bar à coktails, donc je finis par commander un red bull vodka. Typique, mais efficace. Il me le sert en deux trois mouvements et je le règle comme il se doit. Je regarde le verre. Boire. Maintenant que j'y suis, c'est plus le moment de siroter.

Je l'avale d'un coup sans sourciller. C'est quoi ces verres de tapette qu'on nous sert ? Je pose le verre le bar. Presque au même moment, deux personnes quittent l'établissement en laissant les tabourets qu'ils occupaient vides. Si je veux camper au bar, je crois que c'est le moment de prendre un de ces sièges. Je m'y installe donc rapidement, comme un animal affamé. C'est ridicule de se battre pour des places, mais je sais ce que je veux. ( Avoir mon cul vissé sur une chaise. ) Alors j'y suis.

Je crois que je vais directement prendre un deuxième verre, sans batailler outre mesure. Je ne fais pas dans la dentelle ce soir, c'est décidé. Avec un coude sur le bar, je laisse reposer ma tête sur la main prévue à cet effet. J'attends que le barman revienne me voir. J'ai changé de place, il n'a donc pas fait attention à moi. Ou il ne vient pas de suite car il pense que je n'ai pas fini mon verre. Ou parce qu'il estime qu'il me faut plus de temps que ça pour choisir ma boisson. Je ne sais pas, peut-être rien de tout cela. En tout cas, je ne lui en tiens pas rigueur. J'attends juste, avec détermination, la nouvelle occasion de prendre un verre. Il finit par arriver vers moi. Je lui demande un Jager Bomb, encore un truc vu et revu mais bon, au moins c'est une valeur sure.

Alors qu'il s'en va à sa besogne, j'attends patiemment, le regard dans le vide, dans les bouteilles, dans les trucs qui décorent le bar. Je ne jugerai pas la déco de ce genre de lieu, je suis juste là pour consommer. Allez petit verre, viens à moi.





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MessageSujet: Re: Plus loin de la réalité même.   Dim 25 Mar 2018 - 19:10

Plus loin de la réalité même.
Faites de beaux rêves.
17heures. L’heure de partir de la maison pour aller au boulot. Je tirais une dernière fois sur ma cigarette avant de l’écraser au fond du cendrier, attrapant mon sac contenant les quelques trucs achetés que je devais ramener au bar après la dernière soirée, avant de sortir de la maison, me dirigeant enfin vers mon lieu de travail. L’air était frais, j’avais donc un manteau long par-dessus mon costume complet noir et une chemise pourpre en satin. Avoir une certaine classe, c’était un détail important en toute circonstances. Je fouillais ma poche droite pour en sortir mon paquet de clope afin d’en allumer une, marchant lentement pour pouvoir la savourer avant d’arriver. Après tout, le patron était déjà sur place et le gros des clients n’arriverait que dans deux heures, j’avais encore de la marge.

Une fois dans la rue menant au bar, j’en profitais pour ralentir encore un peu le pas, observant les alentours. Je n’avais jamais pensé à observer les devantures des autres bars du coin. Après tout, je me fichais de la concurrence. A vrai dire, leurs enseignes me déplaisait fortement. C’était pour cette raison que j’avais choisi le Sweet Dreams. Une enseigne sobre, rouge, avec un videur sympa à l’entrée. Lui aussi venait juste d’arriver. Je le saluais d’un signe de tête et lui filait une cigarette, m’arrêtant devant l’établissement pour discuter avec lui quelques instants, comme à mon habitude.

« - Alors ? Prêt pour ce soir ? Paraît qu’on va avoir du monde…

- Tu sais bien que j'adore quand y a du monde, c'est plus... mouvementé. Et toi, prêt à réceptionner les clients que je t’enverrais à l’extérieur ?
»

La discussion habituelle entre un barman et son videur, rien de bien important en somme. J’écrasais ma clope sur le couvercle de la poubelle dans la ruelle d’à côté avant d’entrer dans le bar, saluant le patron à distance, me dirigeant directement dans l’arrière salle pour retirer mon manteau et me changer, enfilant simplement un gilet avec le nom du bar inscrit en petit sur la poitrine. Il fallait bien rappeler ou le client se trouvait, non ?

Je retournais ensuite derrière le bar, laissant le vieux aller se reposer. Ce soir, je gérerais seul, comme d’habitude. J’ouvrais mon sac et posait sur le comptoir la choppe de bière que j’avais dû racheter, en ayant cassé une « malencontreusement » sur la tête d’un client la veille… qui l’avait mérité, bien sûr. On ne crache pas sur le billard. Enfin bref.

Après quelques plaisanteries avec les clients habituels, l’heure tourna et ils rentrèrent chez eux, laissant le bar étrangement vide durant quelques temps. C’était l’heure creuse, celle ou je devais commencer à ranger les tables, allumer la musique et préparer le lieu à la deuxième partie de soirée. Celle ou il y aurait enfin un peu d’action.

Après quelques temps, j’allumais enfin l’enseigne dehors, le néon rouge et bleu faisant toujours son petit effet. En effet, les quelques habitués du soir ne tardèrent pas à arriver, passant leurs commandes habituelles, voyant de plus en plus de monde défiler au fil des heures, ayant déjà dû mettre deux clients à la porte alors qu’il n’était que 22h.

23h. Je m’essuyais le front, légèrement épuisé par deux clients en pleine dispute au billard un peu plus tôt, j’avais eu besoin de l’aide du videur pour les sortir cette fois, ayant réussi à garder mon calme et à ne rien leur casser sur la tronche. De vrais animaux… je reprenais ensuite calmement les commandes, ne pouvant plus vraiment prêter attention à ce qu’il se passait plus loin que mon comptoir. J’entendais les commandes des clients et les servait presque aussitôt, aucun ne voulant demander de cocktails actuellement. Puis je vis une jeune femme arriver au milieu de ce troupeau enragé. Indécise, apparemment. Clairement pas une habituée. Je marquais un temps d’arrêt, la détaillant légèrement du regard. Une petite blonde aux yeux bleus, l’air légèrement perdue dans cette foule. Elle mit énormément de temps pour me commander son premier verre, et il fut d’une simplicité, j’en étais déçu. Je m’attendais à enfin avoir une commande un peu plus exotique qu’une simple vodka redbull… enfin, j’allais devoir m’y faire, cette nuit, personne n’était original.

Je préparais son verre et le lui servait, observant deux clients assis un peu plus loin, en train de visiblement se disputer. Je déposais son verre sur le comptoir et prenait une autre commande après avoir récupéré son paiement, m’approchant des deux boulets, les interpellant avec un grand sourire, une main prête à leur lancer quelque chose sur la tronche au cas où :

« Excusez-moi les gars, j’peux vous demander un service ? Allez voir le videur a la sortie et demandez-lui s’il ne pourrait pas venir au bar quelques secondes, j’ai un 2-7 à gérer. J’vous offrirai un verre ensuite, d’accord ?»

Comprendre ici : les deux que je t’envoie tu les fous dehors. Marre d’avoir des abrutis accoudés au comptoir. D’abord hésitant, ils finirent par s’exécuter, alléchés par cette histoire de verre gratuit, continuant leur discussion vers le chemin de la sortie. Allez, deux boulets en moins, on commence le tri. Je retourne ensuite récupérer les verres vides traînant sur le comptoir, les jetant à la vaisselle avant de reprendre une autre commande, cherchant des yeux la personne m’ayant commandé la vodka un peu plus tôt. Elle en avait profité pour récupérer un des deux tabourets de libre, bien… voilà une personne intelligente.

Je pris le temps d’essuyer quelques verres avant de retourner vers elle, ayant fini les commandes des gens autour du bar. Je réfléchissais à ce que j’allais bien pouvoir faire si elle me demandait encore une boisson classique… hmmm… oui, on va faire ça. Je me dirige enfin vers elle, souriant, demandant poliment ce qu’elle désirait boire. Jager Bomb, décidément… hé bien soit, désolé pour elle, mais sa commande ce sera complètement autre chose.

Je m’éloigne donc d’elle et me dirige un peu plus loin, attrapant une petite chaîne pour la secouer, faisant tinter une cloche accrochée au-dessus du bar. L’ouverture des hostilités, l’annonce de la commande réservée aux nouveaux clients. J’appuie ensuite sur un bouton de la télécommande, changeant la musique du bar, déclenchant l’excitation de la foule, un grand sourire aux lèvres. J’attrape ensuite les bouteilles placées judicieusement à côté des ustensiles nécessaires à la préparation de cette boisson. Un peu de curaçao, du martini blanc, du lait de coco et un peu de jus d’ananas, le tout mélangé correctement avec de la glace. Je récupère ensuite un verre à cocktail dans la zone réfrigérée pour y verser le contenu ainsi obtenu, ajoutant un peu de grenadine pour obtenir un dégradé rouge dans le fond en plus de la séparation entre l’orange et le bleu clair. Le verre était parfait. J’ajoutais une feuille d’ananas sur le dessus avant de le déposer devant la jeune femme, un sourire aux lèvres :

« Je n’étais pas motivé par votre commande, du coup… offert par la maison. Un Sweet Dreams, le cocktail de bienvenue qu’on donne aux nouveaux clients. Ce sera sûrement mieux, vous verrez. »

Et avec un petit clin d’œil, je retourne à mes occupations, nettoyant quelques verres, n’ayant plus aucune commande à prendre dans l’immédiat, la musique revenant enfin sur la playlist habituelle de la soirée, les clients continuant leurs occupations comme si rien ne s’était passé.
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MessageSujet: Re: Plus loin de la réalité même.   Ven 30 Mar 2018 - 23:18

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IL NE ME SERT PAS UN JAGER BOMB?! MAIS QUEL ENFOIRE.

Plus loin de la réalité même.

Dans la lourde ambiance du bar et de sa musique tapageuse, j'entends un son aigu. Je regarde sans grand intérêt l'homme qui vient de prendre ma commande et qui tire sur la clochette avec la nonchalance typique des barmen de ce calibre. Que d'la gueule t'façon.

Pourtant, cette cloche qui a résonné quelques instants dans cette espèce de cave aux couleurs psychédéliques a déclenché un engouement insoupçonné au sein de la foule qui semble s'être unie sous une même bannière : ce tintement clair et pur, qui a transpercé toute la couche de son enivrante et épaisse. J'essaie de rester de marbre, mais j'avoue que ce comportement de masse m'intrigue, et quelque part, m'inquiète.

Le déclencheur de tout ce remue-ménage s'éloigne un peu plus au fond du bar dans un sourire provocateur et satisfait. Il sort des bouteilles, choisis précautionneusement le shaker qui ira à la prochaine commande dans le panier en plastique où la dernière tournée du lave vaisselle a été régurgitée puis se met à l'oeuvre. D'un coup d’œil discret, je l'observe préparer son cocktail. Ce n'est clairement pas le mien au vu des couleurs flashy. Je vois du bleu que j'interprète comme être du curaçao, plusieurs liquides blancs dont je ne prends pas la peine de faire des pronostiques et un jus de fruit.

M'ouais, m'a pas l'air fameux ce truc. Je suis pas fan des cocktails à base de jus de fruit car c'est souvent trop collant et désagréable en terme de texture dans la bouche une fois qu'on a la mixture pâteuse qui résiste au palais et vous assaille de tout ce sucre écœurant qui n'est rien d'autre que la marque de fabrique d'un mauvais barman qui ne sait pas gérer les subtilités d'autres spiritueux et se contente de faire des mélanges bizarres en se faisant passer pour un artiste. Si c'est sucré de toutes façons, ça passe, ça se laisse même boire. Mais très peu pour moi.

Après avoir remué tous ces liquides dans sa petite boîte magique, il va chercher un long verre allongé peu usité dans ce genre d'endroit, et y verse son résultat. Il y rajoute quelques trucs pour le rendre un peu plus pompant et soigné, puis d'un grand sourire fier, se retourne vers moi et l'amène d'une main. Je regarde autour de moi, ça doit être une erreur... Mais non, il m'affirme haut et fort qu'il en a juste fait à sa tête et qu'il me sert ce dont il a envie.

Les gens le regardent me servir, n'attendent plus rien de qui que ce soit et retournent tous à leur occupation tandis que la musique reprend ses droits dans la salle tamisée. ... je dois boire ? ... Je regarde encore le barman, sidérée par le service, qui me lance un clin d’œil et repart à son travail. ... Plus très chargé puisque apparement il n'a que des verres à nettoyer.

Je ne peux pas boire ça. Après tout ce que j'ai pensé de ce verre qu'il faisait, en prendre une gorgée serait perdre toute dignité et principe. Ça serait signer un contrat avec le diable – et ça, c'est mort. Je croise les jambes, prends une grande respiration et repousse le verre d'un geste poli mais sec. Je capte le serveur du regard avec un air de provocation mêlé d'indignation, puis je pose ma CB en faisant claquer son plastique fragile contre le matériau froid et rigide qui sert de plateau au bar, déterminée à avoir ce que je demande peu importe le gré de chacun. Je suis là pour moi, pas pour les autres.

-" Un Jager Bomb."

- "C'est pas très poli de pas accepter le verre de bienvenue du Sweet Dream mademoiselle."

Je regarde sur ma droite et aperçois un habitué assis, deux tabourets plus loin, tourné vers moi. Il a l'air déjà bien entamé, mais pas particulièrement hostile à première vue.

- "Et se mêler des affaires des autres, on vous a appris que c'était poli dans votre éducation ?"

Il rit, un peu désabusé par la répartie sèche et clairement pas malicieuse, puis retourne s'occuper de ses affaires en haussant les épaules. J'essaie de le transpercer d'un regard dédaigneux, mais je n'ai pas encore ce pouvoir. Je n'ai pas particulièrement envie de rire, de parler, de suivre ce qu'on me demande de faire. Tout ça semble faire partie d'un plan dans lequel on espère m'emmener avec du sucre et des instincts grégaires. Non désolée, mais je ne suis pas un mouton. Peu importe la cloche, la musique, les clients, le barman.

J'aurai ce que je demande, car c'est ce que je veux. Il n'y a rien de plus simple que de me servir ce foutu verre dans ce monde de merde. 'Fin franchement, y a pas d'autres moyens de me faire tourner en bourrique que de me faire interagir avec une caricature de barman dont l'ego semble faire de l'ombre à celui de Mickael Vendetta, qui ne peut que me servir un verre multicolore quand je lui commande une boisson basique, simple et qui par-dessus le marché, pense que l'exotisme de la boisson et son clin d’œil méprisable suffisent à me convaincre ? Voyons, je ne suis pas aussi influençable...  

... Le verre est offert quand même. Et ça reste de l'alcool. Nan. Nan. C'est mort. Après tout ce cirque, jamais je n'y touche. Je fais un scandale, je brise le verre au sol s'il faut après avoir versé tout son contenu sur le visage de celui qui pense pouvoir me faire avaler n'importe quoi, je me fait jeter du bar, etc, mais juste pas ça. Surtout pas après c'que je viens de faire avec ma CB. Je regarde le barman avec insistance. Le plus vite j'ai ce que je veux, le plus vite je sauve mon image.





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MessageSujet: Re: Plus loin de la réalité même.   Ven 6 Avr 2018 - 17:16

Plus loin de la réalité même.
Faites de beaux rêves.
Je commençais à vraiment m’ennuyer ce soir… très peu d’actions, et des commandes vraiment basiques. Ou sont passés les clients intéressants, ou ceux qui créent des problèmes ? Du coin de l’œil, je voyais ma nouvelle cliente repousser le verre que je venais de lui offrir. Je l’avais raté ? Impossible. Elle ne l’avait pas apprécié ? Non plus, le verre était intact… elle n’a donc pas bu. Très bien…

Elle venait de poser sa carte bleue sur le comptoir, j’avais entendu le petit bruit du plastique frappant sur mon comptoir. Bruit caractéristique du client ayant soif. Pourquoi refusait-elle un verre gratuit dans ce cas ? Bon, hé bien tant pis… j’écoutais à peine sa discussion, sachant très bien ce qu’elle avait demandé plus tôt. J’observais un client tenter de lui parler, mais vu sa réaction, il venait de se faire rembarrer. Elle avait l’air de très mauvaise humeur donc…

Je levais les yeux vers l’horloge du bar. Bientôt minuit, parfait, la relève arriverait j’allais pouvoir en profiter pour faire une petite pause. Avec un autre sourire adressé à la cliente, non sans mal, j’avais fini par céder à son « caprice » et j’avais préparé non pas un, mais deux Jager Bomb. Le premier était pour moi, je le buvais cul sec avant de préparer le sien, j’en avais bien besoin. Soirée de merde, aucune action. A part les deux abrutis au comptoir plus tôt. J’aurais dû les laisser assis la tiens, j’aurais pu m’amuser un peu avec eux au moins.

J'entamais donc ensuite la préparation de son verre, de manière beaucoup plus classique, sans jouer avec les bouteilles cette fois-ci. J’étais juste blasé, j’avais envie d’une cigarette mais j’avais fait la promesse d’arrêter de fumer dans le bar au patron, il n’appréciait pas les traces de cendre sur le comptoir le lendemain. Et puis de toute manière, c’était interdit pour les clients, donc si le barman le faisait, ou était la logique ?

Une fois son verre prêt, je le déposais devant elle, repoussant aussi le Sweet Dream juste à côté de celui-ci, avant de simplement lui dire :

« Ce verre reste gratuit, donc vous pouvez toujours le boire après celui que je viens de vous amener. Que je vous offre aussi, pour me faire pardonner de l’offense faite. Considérez ceci comme les excuses d’un barman maladroit à sa nouvelle clientèle. »

Un dernier sourire, un réel cette fois-ci, et je voyais mon collègue enfin arriver. Je m’excusais donc une dernière fois auprès de la cliente et retournais donc m’installer contre les bouteilles du fond, lui faisant signe de se dépêcher, sortant une clope de mon paquet pour la mettre à mes lèvres, lui faisant clairement comprendre qu’il était l’heure de ma pause. Je me servais un autre verre, cette fois-ci, mon cocktail favori, un Tequila Sunrise Original. D’abord les glaçons, ensuite la tequila, puis le jus de citron vert et enfin une petite touche de crème de cassis allant délicatement se poser au fond du verre. Le dégradé était réussi, c’était donc avec un sourire satisfait que j’accueillais le retardataire, sourire qui fut vite remplacé par une expression d’agacement et une froideur inhabituelle dans mes propos :

- Essaye d’arriver à l’heure la prochaine fois. Ça fait une demi-heure que j’attends pour pouvoir aller fumer tranquillement, tu sais que le patron apprécie pas quand je fais ça au bar. Laisse-moi deviner : Encore une cliente de la veille que t’as ramenée chez toi et tu n’as pas vu l’heure hein ? Couvrir tes conneries ça commence à me blaser… non j’plaisante, éclate-toi, après tout ça me permet de gérer certains ab… oh, je reviens. »

ENFIN ! Enfin une scène intéressante. Un type au billard venait de renverser le verre d’un autre et le ton montait. C’était l’heure du show… avec un sourire mauvais, je remontais les manches de ma chemise et me dirigeait droit vers le billard, commençant à faire se lever une brume légère autour de la zone. Les clients habitués à cet endroit avait directement compris ce qui allait arriver, et la plupart des joueurs s’étaient écartés des deux abrutis. Un coup partit de la part de l’abruti vexé, qui atteignit directement l’autre à la mâchoire. J’arrivais ensuite dans son dos, tapotant gentiment sur son épaule, attendant qu’il se retourne…

« Quoi, t’en veux aussi ?!

- Qui, moi ? Oh, non, je te rassure, je déteste prendre des coups. En donner par contre c’est autre chose… ici, on respecte le matériel du bar, le barman, et on fait pas chier pour un verre renversé. Donc les gros lourds comme toi, j'aime m'en occuper moi-même. »

A ces mots, j’esquivais simplement son poing et lui envoyait le mien directement dans l’estomac, le pliant en deux sous l’impact. Ensuite, un petit coup de coude sur la nuque pour le mettre K.O directement, puis je le laissais tomber au sol, récupérant aussi le deuxième type, qui lui n’avait rien demandé. La brume se dissipait, laissant enfin voir les deux épaves que je trainais sur le sol jusqu’à la porte extérieure, n’ayant aucune considération pour les deux. J’ouvrais ensuite la porte, relevant le type que j’avais assommé et je le balançais directement dans les ordures du bar, sans ménagement. Pour le deuxième en revanche, cette fois-ci, je le relevais et le prenait sur mon épaule, l’amenant simplement à côté de l’armoire à pharmacie pour le soigner un peu avant de le laisser repartir chez lui simplement, lui souhaitant une bonne soirée.

« Bon, je vais peut-être enfin pouvoir aller fumer moi… Et boire mon verre aussi !»

Après tout ça, je me dirigeais donc simplement vers le fumoir, un sourire aux lèvres, récupérant mon verre au bar sous le regard surpris de mon collègue de boulot. C’est vrai qu’il avait pas encore l’habitude…

« Tu t’y feras, ça se passe souvent comme ça la nuit… généralement tu n’auras pas besoin d’intervenir. Allez, à tout à l’heure !

- Heeeeeuuuu… ouais, à toute… »

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J'discute en #0066ff/#ff3300 si votre teinte est trop proche de la mienne. (signature en travaux.)

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