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World of jazz vous attends Auteur
MessageSujet: World of jazz vous attends    Ven 26 Mai 2017 - 14:44

Bienvenue dans les rues d'Amishawa animés par les foules lorsque vient la nuit. Des grands boulevards sont illuminés par les hauts lampadaires. Des immeubles bien plus que les arbres et dont les façades sont dignes des plus beaux quartiers français. Enfin, dans la partie sud d'Amishawa. Vous pourrez y trouver des tonnes de boutiques, de jolis cafés et des appartements remplies d'histoires à dormir debout. Mais attendez ! Ne partez pas ! vous allez manquer le meilleur. Par ici, je vous pris. Voyez-vous cette enseigne lumineuse coincée entre deux magasins qui, à cette heure-ci (20 heures), sont déjà fermés ? World of Jazz, un bar à l'ambiance chaleureuse servant de la vraie musique pour vous détendre et passer un agréable moment en compagnie d'artistes hors du commun (un peu comme tout le monde sur cette île). Allez-y ! Descendez les escaliers. N'ayez pas peur. Marches après marches, vous immergez peu à peu dans le monde de Bird, Louis Amstrong, Benny Goodman et Nina Simone. La musique devient de plus en plus forte à votre approche. En passant les longs rideaux rouges, vous entrez dans un autre univers. Des lumières tamisées rouges et oranges sont accrochés sous forme de lustres au plafond, le sol est en parquet noir et où sont disposés tantôt des canapés en tissus rouges, tantôt des fauteuils en cuir. Tous sont tournés vers des tables basses couleur Chêne Daimyo, décorés par des bougies et la carte des boissons.
Vos yeux semblent intrigués par le centre de la salle. Le piano ? Ne vous inquiétez pas, nous y reviendrons bientôt.
En regardant à votre gauche, vous pourrez voir le bar entouré de tabourets utilisaient par les habitués férues de bonnes musiques et du whisky. Derrière le comptoir, vous aurez la belle vue de différentes bouteilles aux doux liquides alcoolisés, ainsi que le Barman prêt à vous servir un verre en écoutant vos complaintes. Occupons-nous du fond maintenant. Oui, je parle de la scène. Chaque soir, vous aurez droit à une superbe prestation de la part d'artistes tous aussi incroyables les uns que les autres. Du saxophone à la trompette, passant par la batterie et parfois une voix mélodieuse viendra vous faire frissonner. Enfin, le piano, mon instrument de travail même s'il s'agit plus d'un instrument de plaisir. Les touches se mettent en mouvements sous la pression de mes doigts agiles glissant du grave à l'aigu et vice versa. Je joue vite suivant mon envie et jonglant avec les différents morceaux de jazz que je connais par coeur.
Soudain, voilà que je rentre en transe, plus rien ne compte, il n'y a que le piano et moi. Le son harmonieux produit par les marteaux frappant les cordes inonde la pièce et rend la foule assise silencieuse. Tous ont les yeux rivés sur ma prestation de jazz, mes doigts bougeant selon mon bon vouloir, admirant ma posture à la fois droite et magnifique. Après six heures de piano intensive, du blues au rythme endiablés des notes, je marque une pause. J'ai oublié quelque chose. Une chose importante : me présenter.

Je suis Gabrielle. Gabrielle Vatara. Comme vous avez pu le remarquer, je suis employée en tant que pianiste. Si vous venez le lundi au jeudi, ainsi que le samedi soir entre 20 heures et 02 heures du matin, vous aurez l'occasion de m'écouter jouer. Et vous, qui êtes-vous ?




Dernière édition par Gabrielle Vatara le Dim 28 Mai 2017 - 20:49, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: World of jazz vous attends    Dim 28 Mai 2017 - 20:03

Pfiou ! Quelle chaleur ! Était-on vraiment au mois de mai ? Certes, juin n'était plus qu'à quelques jours de là, mais tout de même, le thermomètre affichait des températures très largement estivales. Moi qui voulait prendre l'air, j'étais finalement resté cloîtré chez moi, l'atmosphère lourde et chargée d'humidité ne m'attirant pas véritablement. Le soir venu, une légère brise avait commencé à souffler, vivifiant quelque peu l'air environnant. Si seulement ce vent frais était arrivé plus tôt. Même si, le solstice approchant, le soleil se couchait de plus en plus tard, sortir à cette heure risquait de me faire rentrer tard, suivant où me guideraient mes pas. Après avoir passé quelques minutes à me morfondre sur cette balade prometteuse qui m'avait filé entre les doigts, je poussai un soupir et enfilai finalement mes chaussures. Après tout, demain était dimanche, pour une fois que j'avais fait mes devoirs à l'avance, je pouvais bien m'autoriser un coucher un peu tardif.



En sortant, j'hésitais un instant sur ma direction. Kousha ? Je commençais à connaître l'endroit plutôt bien, j'avais envie de changer pour une fois, quitte à aller plus loin. Je me décidai finalement pour Amishawa. La ville serait sans doute animée, en cette soirée de week-end. Le bus me déposa au centre-ville, où je commençai à flâner tranquillement, errant un peu au hasard. Je m'amusai à saisir au vol des bribes de conversation. Deux hommes en costume devant moi semblaient parler affaires. De l'autre côté de la rue, un enfant hésitait entre une glace fraise ou parfum vanille. Plus loin sur un banc, une bande d'amis riait joyeusement. Ce quartier plein de vie me revigorait. Voulant échapper à la chaleur qui restait envahissante malgré le vent, je me mis en quête d'un endroit où me poser devant une boisson fraîche. Rapidement, une enseigne attira mon regard. Un bar qui semblait animé, et duquel s'échappait les échos d'un morceau de musique. Je jetai à nouveau un coup d’œil à la façade. World of Jazz ? Un nom prometteur s'il en était. Je décidai de tenter ma chance.



J'ouvre la porte, et me voilà aussitôt accueilli par un air rythmé, dont je connais le nom, ce qui est plutôt rare. It don't mean a thing, un morceau parfait pour se sentir soudainement pris d'une envie de remuer dans tous les sens. Je finis d'ailleurs rapidement par battre la mesure avec mon pied, me balançant légèrement, en rythme avec la musique. Difficile de s'empêcher. Battre la mesure est déjà une chose qui me vient assez naturellement, mais face aux accents chauds d'une musique dansante et entraînante comme le jazz, le swing, le blues, et autres joyeusetés rythmées, je ne peux pas résister. Envolée, ma soif ! Je pourrai me désaltérer une fois rentré. En revanche, je ne dispose pas d'orchestre à ma disposition, alors profitons du spectacle tant qu'il est temps !



Une fois leur morceau fini, les musiciens se retirèrent et furent remplacés par une pianiste. Elle paraissait étonnamment jeune, je lui donnais à peu près mon âge. Mais après tout, l'âge ne faisait pas le musicien. Ne disait-on pas de Mozart qu'il avait composé son premier morceau à sept ou huit ans ? La pianiste se lança alors, les yeux rivés sur son piano. Comme d'habitude, voir des musiciens en pleine action était impressionnant. Ses doigts semblaient littéralement rebondir sur les touches, tandis que la mélodie se déroulait, imperturbable. N'étant pas pianiste, j'étais bien incapable de déterminer si cette fille était finalement oui ou non une virtuose, mais la question ne m'intéressait pas vraiment. Ce qu'elle jouait me plaisait, et c'était l'essentiel.



Une fois sa prestation terminée, les applaudissements fusèrent, auxquels je joignis les miens de bonne grâce. Les spectateurs les plus proches de la scène se dispersèrent, allant sans doute se chercher un rafraîchissement en attendant que les artistes suivants ne prennent la relève. De mon côté, je restai à ma place, ne sachant trop où aller. L'atmosphère était telle que j'aurais pu me croire transporté dans les années 20. L'illusion était parfaite, du moins si je m'en tenais aux décors retranscrits par les films que j'avais pu voir. C'en était presque... intimidant. L'établissement semblait trop classe pour moi. Heureusement que j'avais mis une chemise aujourd'hui, j'aurais détonné si j'avais montré le bout de mon nez en T-shirt.



Absorbé dans ma contemplation du lieu, je mis un certain à me rendre compte que la pianiste s'était tournée vers moi. Se présentant sous le nom de Gabrielle, elle prit soin de me détailler les heures auxquelles je pourrais l'entendre jouer avant de me demander mon propre nom.

- Moi ? Je m'appelle Jérémy. Jérémy Dulac. Tu joues vraiment bien, dis-moi ! Tu fais du piano depuis longtemps ?

C'est alors que je réalisai un peu tard que Gabrielle avait employé le vouvoiement pour s'adresser à moi... Flûte ! La gaffe... Je repris précipitamment la parole pour tenter de m'excuser.

- Euh... Désolé pour le tutoiement. Comme tu as l'air d'avoir le même âge que moi, ça m'est venu naturellement. Enfin, euh... comme vous avez l'air d'avoir... Hum.

Huhu. Beau boulot, Jérémy. Décidément, tu n'étais pas du soir, toi. Je finis par afficher un petit air gêné.

- Bref. Encore désolé.
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MessageSujet: Re: World of jazz vous attends    Lun 29 Mai 2017 - 16:57

Assise sur l’un des canapés en tissu rouge, près du jeune homme inconnu à la chevelure d’or, je l’observais lui-même occupé à scruter chacun des détails de ce lieu. Son regard allait des tables basses, illuminées par les bougies, au comptoir conquis par les habitués, il dévia de sa trajectoire vers les bouteilles d’alcool finissant son périple sur le grand piano. Perdu dans son monde, il semblait ne pas avoir remarqué ma présence et encore moins ce que je venais de lui dire. Dommage, il me plaisait beaucoup avec son air égaré et son pied agité. Soudain, le blondinet se reprit, il se redressa, le dos appuyé contre l’accoudoir du canapé, apeuré comme si mes paroles avaient enfin atteint son cerveau. Je perçais ses yeux ciel de mes yeux verts émeraudes, attendant sa réponse.



    - Moi ? Je m'appelle Jérémy. Jérémy Dulac. Tu joues vraiment bien, dis-moi ! Tu fais du piano depuis longtemps ?


Je voulu lui répondre, mais il se reprit immédiatement, ne me laissant pas le temps de lui donner ce qu’il voulait.


    -  Euh... Désolé pour le tutoiement. Comme tu as l'air d'avoir le même âge que moi, ça m'est venu naturellement. Enfin, euh... comme vous avez l'air d'avoir... Hum.


Je restais quelques secondes surprise par ses mots, clignant plusieurs fois des cils.

    -  Bref. Encore désolé.


Je réprimais un fou rire en plaçant ma main devant ma bouche et souriant en le dissimulant le plus possible. Adorable. Voilà ce qui me vint tout de suite à l'esprit. Puis-je vraiment penser ça de quelqu'un de probablement plus vieux que moi ? J'enlevais ma main pour replacer ma robe de feu et dirigeant ma jambe droite nue sur l'autre enfoui sous le tissu. Je finis par lui faire face.


    - Pour répondre à ta première question, je fais du piano depuis l'âge de six ans. Un fois, un prêtre est venue dans mon orphelinat accompagné d'un piano à queue qu'il voulait nous offrir. Il joua du Chopin devant moi et depuis ce jour, je n'ai cessé d'aimer et d'apprécier la beauté de cet instrument.


Je replaçais une mèche de cheveux derrière mon oreille, me gâchant la vue, fis un signe au serveur qui m'apportera, dans un petit moment, mon cocktail sans alcool habituel et me laissant assez de temps, afin de donner une réponse au nouveau client du bar avant d'être servis.



    - Quant à la seconde question cachée dans ta phrase, j'ai seize ans, donc tu peux me tutoyer. Et toi ? Que fait un jeune homme ici à une heure aussi tardive ?


Je jetais un coup d'oeil à l'horloge située au-dessus du bar indiquant deux heures et demie. Jeremy n'avait pas suffisamment de secondes pour répliquer que le serveur s'approchait, mon cocktail sur un plateau noir sur la paume de sa main gauche. Il posa le mélange orange, rouge et violet sur la table basse.


    - Voilà pour toi, mon ange. Fit-il m'offrant un clin d'oeil.


Il se tourna vers le beau blond à mes côtés tout en le dévisageant de haut en bas. Sa chemise devait lui déplaire. Sans doute pas assez sophistiqué pour lui ou cet endroit. Le serveur reprit son sérieux.

    - Qu'est-ce que je sers à ton ami ?



    - Je préfère le terme compatriote. Dit-je avec mon plus bel accent anglais.


Je tourne mon regard en direction de mon camarade et sourit tendrement. Après tout, nous sommes tous les deux français. Cocorico.


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MessageSujet: Re: World of jazz vous attends    Lun 29 Mai 2017 - 20:54

Rattrapé par la réalité, je m'étais arraché à mes pensées pour répondre à la jeune pianiste qui me faisait l'honneur de se présenter à moi. Bien évidemment, fidèle à moi-même, j'avais manqué d'attention et avais commencé à la tutoyer. Chassez le naturel, il revient au galop. Il y avait des situations dans lesquelles le vouvoiement n'était pas naturel. Enfin, pas pour moi. Toujours est-il que je m'étais rendu compte trop tard de ma gaffe. Au moins avais-je tenté maladroitement de corriger le tir de mon mieux, moyennement rassuré quant à ma crédibilité qui venait vraisemblablement d'en prendre un sacré coup en l'espace de trois phrases.



Gabrielle papillonna d'ailleurs rapidement des yeux, l'air plutôt désemparé. J'étais plutôt habitué : ce n'était pas la première fois que je me mélangeais les pinceaux lors d'un premier contact, et c'était généralement l'effet que je faisais à mes interlocuteurs dans ces cas-là... En revanche, rares étaient ceux qui avaient répondu en semblant réprimer un rire. Ce qui était justement le cas de Gabrielle. Voilà qui était une bonne surprise. Effectivement, je devais avoir l'air plutôt comique. Mieux valait ça qu'avoir l'air stupide, après tout. J'accueillis ce rire camouflé en lui rendant un sourire reconnaissant de ne pas m'avoir trop taquiné.



Une fois l'envie de rire passée, Gabrielle se retourna vers moi et m'expliqua d'où lui venait sa passion du piano. Le mot "orphelinat" retint mon attention. Une orpheline ? Je notai qu'elle l'avait évoqué avec une certaine facilité, alors que l'on aurait pu s'attendre à ce que l'absence de ses parents ramène des souvenirs douloureux. Quoi qu'il en soit, mieux valait tout de même éviter le sujet. Une fois qu'elle m'eut officiellement autorisé à la tutoyer, je pus répondre à ses questions, la principale étant : la raison de ma présence ici à cette heure. Jetant un regard à ma montre, je réprimai un haussement de sourcil éloquent. Deux heures et demie ?? Moi qui pensait me coucher tard, il était déjà très tôt le matin. Une bonne journée au lit en perspective...

- De mon côté, j'ai dix-huit ans. On n'est pas si éloignés que ça ! Quant à ce que je fais ici... J'avais tout simplement du temps libre, donc j'ai décidé de m'autoriser une sortie, qui a fini par m'amener jusqu'à ce bar. Dans lequel la musique m'a coincé plus longtemps que prévu, je dois dire.



Un serveur s'approcha alors, servant un cocktail à Gabrielle. Se tournant vers moi, il me dévisagea un instant. Était-ce vraiment un drame de préférer les chemises à grands carreaux de couleur à celles unies ? Alors que je voyais avec soulagement son regard se faire moins inquisiteur, le serveur me prit en traître en me demandant ce que je voulais boire. Instant d'arrêt dans mon esprit. La musique m'avait fait oublier qu'il s'agissait d'un bar, et depuis le temps que j'étais là, je n'avais pas jeté un œil à la carte. Mais si une chemise un peu trop colorée m'attirait des regards, j'étais à peu près certain que Coca et Orangina n'étaient pas à leur place ici. Un cocktail ? Ils étaient peut-être alcoolisés. Gabrielle en avait bien reçu un, mais rien ne garantissait que la législation soit semblable à la française... Je rentrais en bus, le problème n'était pas là. Je n'aimais simplement pas le goût.

- Un café noisette, s'il vous plaît.



Bénie soit ma rencontre avec Nate ! S'il ne m'avait pas fait essayer le café, j'aurais dû m'en remettre à la providence en tentant le cocktail inconnu, voire demander un verre d'eau... Une fois ma commande passée, je repris la conversation.

- Tu apprends donc le piano depuis tes six ans ? Waou, pas étonnant que tu joues aussi bien. Tu as dû beaucoup t'entraîner pour atteindre ce niveau. J'aimerais bien jouer de la musique, moi aussi, mais finalement je n'ai jamais réussi à me décider pour un instrument en particulier. Entre la guitare, le piano, la batterie, le saxophone, le violon, le violoncelle, et j'en oublie certainement beaucoup qui m'attirent tout autant... Au bout du compte, je me contente de chantonner. Moyennement bien, précisai-je en lâchant un petit rire.
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MessageSujet: Re: World of jazz vous attends    Mar 30 Mai 2017 - 21:40

Au fil de la conservation, qu'avais-je appris ? Tout d'abord, le sens de la mode, en fonction des lieux dans lesquels il allait, ne faisait certainement pas partie de ses fonctions. Une chemise à grands carreaux colorés n'était pas vraiment le style recommandé pour un bar jazz....surtout pour un bar jazz. Par rapport aux hommes en costards foncés sortant du bureau, passant par les plus sophistiqués dans leur costume trois pièces de velours rouge et sans oublier, les femmes aux robes aussi sensuelles les unes que les autres, il était loin d'être dans la norme, comprenant discrétion et classe, du code vestimentaire de World of Jazz. Cependant, on pouvait au moins lui trouver de l'originalité, ce qui n'était pas le cas de tout le monde....surtout dans un bar jazz. Ensuite, il ne semblait pas du tout avoir prévu de rester aussi tard. Tard ? Il n'est que deux heures du matin. Est-il du genre à se coucher avant 22 heures de peur de voir la nuit tomber ?

Pourtant, ce jeune homme face à moi avait dix-huit ans, autrement dit il était plus vieux que moi de deux ans. Et on est surpris de rester aussi tard loin de la maison. Malgré ce détail qui, je dois l'avouer, m'amuse beaucoup, Jéremy avait du goût en terme de musique puisqu'il avait été emporté par la magie du blues et les autres sonorités harmonieuses du jazz. Et le plaisir l'était encore plus pour moi, vu que mon instrument, non je ne parle pas de mes atouts mis en valeur dans ce tissu rouge, l'avait fait rester plus longtemps et me permettait ainsi d'avoir de la jolie compagnie. J'observe un peu plus ses traits et les à côtés. Il possède une belle touffe blonde et épaisse, des grands yeux bleus clairs aux cils plus long que la plupart des hommes, une bouche plutôt simple, mais qui pourrait être un bon atout, des traits fins ne gâchant pas sa virilité. En parlant de cela, il ne semble pas vraiment musclés, ni bedonnant. Pourtant, il pourrait avoir un potentiel, même si à vu d'oeil il ne parait pas beaucoup plus grand que moi, son corps pourrait s'avérer intéressant. Mais accepterait-il que je le peigne nue ?

    - Un café noisette, s'il vous plaît.


Mes yeux s'écarquillent, mes joues se gonflent et je repose immédiatement mes deux mains sur ma bouche pour ne pas éclater de rire. De toutes les boissons que le bar pouvait servir, des cocktails aux multiples couleurs alcoolisés au cinquante nuances ambrés de scotch, du café noir au décaféiné, des vins rouges au bourbon raffiné, il fallut qu'il choisisse un café noisette. Mélange entre un café torréfié dans la plus pure des traditions et une cuillère de lait acheté à l'épicerie du coin. De plus en plus adorable ce Jéremy. Par contre, je me résigne à lui proposer de le peindre dans son plus simple appareil. Le serveur regarde mon compatriote d'un air aussi amusé que le mieux, l'un de ses sourcils relevé ainsi que le coin de sa bouche. Il fit un signe de la tête au blondinet et repartis préparer sa boisson. Quant à moi, je repris mon sérieux et écouta la suite.

    - Tu apprends donc le piano depuis tes six ans ? Waou, pas étonnant que tu joues aussi bien. Tu as dû beaucoup t'entraîner pour atteindre ce niveau. J'aimerais bien jouer de la musique, moi aussi, mais finalement je n'ai jamais réussi à me décider pour un instrument en particulier. Entre la guitare, le piano, la batterie, le saxophone, le violon, le violoncelle, et j'en oublie certainement beaucoup qui m'attirent tout autant... Au bout du compte, je me contente de chantonner. Moyennement bien, dit-il en lâchant un petit rire.


Je souris à sa remarque et pense à toutes ces années où je jouais sur ce vieux piano, ces mois à m'entraîner sur les touches, ces heures à faire sonner les blanches et les noires. Un pur bonheur pour moi et de la souffrance auditive, au départ, pour mes camarades d'orphelinat. Un vrai coup de foudre pour moi, un massacre dans les premiers temps à une virtuosité incroyable aujourd'hui.

    - Oui, j'ai eu pas mal d'entraînement les premières années pour atteindre mon niveau, mais quand c'est une passion, c'est juste du plaisir. Je fis une pause en buvant une gorgée de mon Sex on th beach avant de reprendre. Je comprends qu'il est difficle de se contenter d'un seul instrument à la fois, cependant si on se concentre sur ce seul instrument, on peut faire des choses incroyables. Je parle toujours d'instrument de musique. Dit-je avec un sourire malicieux. Après, rien ne t'empêche d'améliorer ton chant sous ta douche. Est-ce que tu me laisserais écouter tes progrés ?


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MessageSujet: Re: World of jazz vous attends    Mer 31 Mai 2017 - 21:46

Je soutenais sans faiblir le regard circonspect du serveur, comme pour lui signifier implicitement que j'assumerais mes choix vestimentaires jusqu'au bout. Tout de même, carreaux ou pas, bleu, blanc, et brun n'étaient pas les couleurs les plus exubérantes du monde, si ? Et puis, une chemise à manches longues, cela faisait tout de même une coupe un minimum habillée, indépendamment du coloris. J'épargnai tout de même au serveur mon ignorance en termes de cocktails en commandant un simple café, ce qui me valut un nouveau haussement de sourcil évocateur de sa part tandis que Gabrielle manquait de s'étouffer avec son rafraîchissement. J'avais le malheur d'apprécier des boissons trop banales. Et alors ? Ce n'était pas tant l'étonnement du serveur qui me dérangeait que la légère impression de condescendance qui se dégageait de son sourire en coin. Monsieur ne connaissait pas le goût des choses simples ? J'aurais vraiment dû lui demander un verre d'eau minérale, pour voir sa réaction. Je gardai l'idée dans un coin de ma tête en vue de ma prochaine visite. Je me tournai de nouveau vers Gabrielle alors que le serveur repartait. Mais tout de même, qu'une musique aussi libre et féconde que le jazz puisse donner naissance à des codes de comportement aussi fermés avait de quoi étonner...



Je complimentai de nouveau Gabrielle sur son talent de pianiste, lui expliquant que je n'avais jamais su choisir un instrument en particulier à pratiquer. Je me doutais bien qu'atteindre un bon niveau n'était possible qu'en se concentrant sur un instrument à la fois. Mais pas moyen de me décider. Trop de choses me faisaient envie. Gabrielle comprenait mon indécision, mais me certifia qu'un seul instrument pouvait déjà permettre d'atteindre des sommets avec de l'entraînement, agrémentant cette remarque d'une petite plaisanterie. Peut-être que si mon emploi du temps me le permettait, je pourrais commencer des cours. Restait à choisir un instrument une bonne fois pour toutes. Rebondissant sur mes tentatives moyennes de pousser la chansonnette, Gabrielle me suggéra de persévérer dans cette voie (une voie de la voix, en quelque sorte, huhu) tout en se proposant pour écouter mes progrès.



- Chanter sous la douche ? Ça m'arrive déjà, et un peu partout ailleurs en fait, mais je ne fais pas vraiment attention à la qualité de ma voix, c'est simplement histoire de fredonner les airs qui me plaisent. Je n'avais jamais vraiment pensé à travailler sérieusement mon chant, pour tout te dire. Te faire écouter ? Euh, eh bien... C'est que je ne me sens très à l'aise pour donner de la voix en présence d'autres personnes. En tout cas pas tout seul. Je sais, c'est un peu stupide...



Stupide, mais vrai. Et d'autant plus étrange que dans toute autre situation, je gérais plutôt bien le trac. Je n'avais aucun souci à passer seul pour présenter un exposé en cours sous le regard des autres élèves, j'avais fait du théâtre étant petit, et assumer mes choix vestimentaires "détonnants" au milieu d'une foule ne me faisait pas peur, en témoignait mon échange de regards avec le serveur quelques instants plus tôt. Mais chanter ? Rien à voir, du moins pour moi. C'était un sentiment difficile à expliquer, mais donner de la voix me donnait bien plus l'impression de m'exposer au regard d'autrui qu'une autre activité. Je me sentais presque vulnérable dans ces instants-là. Raison pour laquelle je limitais mes performances acoustiques au seul bénéfice de mes propres oreilles.



Le serveur revint finalement avec mon café, dont je bus une gorgée, avant de demander :

- Autrement, du haut de ton expérience, quel est le morceau que tu préfères jouer ?

J'appréciais le jazz, mais sans vraiment m'y connaître. J'entendais des morceaux à la radio sans connaître leurs noms, ni ceux des artistes. Gabrielle me ferait peut-être découvrir des pépites.
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MessageSujet: Re: World of jazz vous attends    Jeu 1 Juin 2017 - 11:12

Le comportement du serveur semblait heurté mon nouveau compagnon de discussion. Certes, ses goûts tant vestimentaires que culinaires étaient on ne peut plus hors du commun, par rapport à ce bar, mais ce n'était ni une raison pour se moquer, ni pour le juger de haut. Je fis un regard quelque peu furieux à mon camarade de travail lui faisant comprendre qu'il devait se comporter de façon plus mature. Contrairement à toi, Gabrielle ? Le serveur pris donc la commande et repartis. En reprenant mon sérieux ainsi qu'une attitude plus polie envers lui, j'écoutais à nouveau ce qu'il avait à me dire. Vas-t-il me faire rire à nouveau, ce qui est loin de me déplaire. En l'occurrence, une farandole de compliments à mon sujet qui ne manqua pas de me faire rougir me fut destiné, avant de me répondre.

- Chanter sous la douche ? Ça m'arrive déjà, et un peu partout ailleurs en fait, mais je ne fais pas vraiment attention à la qualité de ma voix, c'est simplement histoire de fredonner les airs qui me plaisent. Je n'avais jamais vraiment pensé à travailler sérieusement mon chant, pour tout te dire. Te faire écouter ? Euh, eh bien... C'est que je ne me sens très à l'aise pour donner de la voix en présence d'autres personnes. En tout cas pas tout seul. Je sais, c'est un peu stupide...

Stupide ? Je ne pensais pas vraiment à cela. Nous avons tous nos qualités et défauts, nos compétences et nos inaptitudes. De plus, écouter une personne qui chante faux me fait souvent rire, mais je lui avais déjà ri au nez trop de fois. Je ne pourrais lui faire un nouvel affront. Surtout que jusqu'à présent, je ne me suis pas conduite de la manière la plus respectueuse. Quelle image de moi devait-il avoir ? Prétentieuse ? Hautaine ? Gamine..non, mon côté immature est une vérité plus que générale. C'est dire à quel point je le suis.

- Il n'y a pas de quoi se sentir stupide. On a pas tous une voix aussi incroyable que Beyoncé. Fit-je en souriant.

Mon grand ami malpoli coupa notre conversation pour servir son café noisette à mon compatriote. Un café noisette, s'il avait pris un café au lait j'aurais pu lui parler de l'anecdote sur le docteur Monin, médecin du roi à Grenoble, qui aurait eu le premier l'idée, en 1685, de le mélanger non plus à du sucre ou du miel, mais à du lait pour diminuer cette amertume : le « café au lait » avait comme propriétés, selon lui, de ne pas cailler dans l'estomac, d'arrêter la toux et d'engraisser les malades. Enfin, c'est ce que wikipédia me dit. Il prit une gorgée de sa boisson et reprit.

-  Autrement, du haut de ton expérience, quel est le morceau que tu préfères jouer ?

- Voyons voir...Crazy blues, la version de Michael Gundlach, une musqiue rapide et très rythmé. Elle te ferait bouger le pied à coup sûr. Dit-je, un clin d'oeil pour lui. Puis, dans un genre plus léger et doux, Fly me to the Moon, ou encore In a sentimental mood accompagner d'un saxophone. Il y a aussi cette musique enjouée et dynamique, I got rythme et ...

Je voulus continuer mon énumération des morceaux de jazz que j'adore jouer au piano et interpréter en public. Quand un vent violent s'engouffra dans la pièce relevant les robes ou jupes de certaines demoiselles présentes ici. Cela ne dura qu'un instant, mais cela suffit pour rincer l'oeil et émoustiller les gentlemans du bar. Le patron arriva en furie et annonça énervé et exaspéré au public, ne connaissant pas le ou la coupable, que cet établissement n'était pas propice à l'utilisation de ces dons et que nous ne tolérons aucunement ce genre comportement. Après, cette déclaration, l'ambiance calme et chaleureuse reprit peu à peu. Une idée me vint à l'esprit. Se pourrait-il, qu'en plus d'être mon camarade français, Jeremy possède le même don que moi ? Mieux encore qu'il sache s'en servir et m'apprendre à en faire de même ? Ma curiosité bien trop puissante prit le dessus sur mes bonnes manières et je lui demandai de la façon la plus franche qu'il soit :

- De quel élément vient ton pouvoir ?


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MessageSujet: Re: World of jazz vous attends    Ven 2 Juin 2017 - 22:06

Une fois ma commande passée, la conversation se porta sur la pratique de la musique. Gabrielle s'exerçait depuis déjà de nombreuses années, contrairement à moi qui était resté depuis toujours du côté des spectateurs. Lorsqu'elle me proposa de surveiller mes progrès en chant (à défaut de jouer d'un autre instrument), je ne fus que moyennement emballé. Non pas que chanter ne me plaisait pas, bien au contraire. Mais devant quelqu'un ? Le trac monstre... Gabrielle m'encouragea, m'assurant qu'avoir une voix exceptionnelle n'avait rien d'essentiel. C'était gentil de sa part.

-Bon, on verra alors. Si je suis d'humeur, complétai-je avec un sourire en coin.



Après avoir bu une gorgée du café que le serveur venait de m'apporter, je questionnai Gabrielle au sujet de ses morceaux favoris, en quête de nouvelles musiques à écouter. Elle n'hésita qu'un bref instant avant de me répondre, visiblement contente de partager ses préférences. J'eus un petit rire lorsqu'elle me taquina sur mon pied un peu trop enthousiaste, tandis que je répétais dans ma tête les titres à mesure qu'elle me les citait, afin d'être certain de m'en souvenir. On sentait bien que mon interlocutrice était une passionnée : la liste de morceaux s'annonçait longue, il semblait y en avoir pour tous les goûts.

Gabrielle fut cependant coupé dans son énumération par une soudaine bourrasque de vent, soulevant serviettes, rideaux, mais aussi jupes et robes... Une scène digne d'un film. L'événement était plutôt curieux en intérieur... Je mis un temps à comprendre, cherchant d'abord des yeux une fenêtre restée ouverte. Un pouvoir, cela ne pouvait être que ça. C'était d'ailleurs l'avis du gérant, qui arriva bientôt, l'air courroucé, rappelant à tous qu'il n'était pas question de se servir de ses pouvoirs pour embarrasser la gent féminine. La salle se fit un peu plus silencieuse pendant quelques instants, mais les conversations reprirent vite, chacun semblant vouloir effacer ce fâcheux incident de sa mémoire.



La pianiste me demanda alors quel était mon propre pouvoir. Un sourire se dessina sur mes lèvres : ma question préférée. Car il s'agissait d'un prétexte idéal pour m'amuser avec cette magie que j'aimais tant. Je préférais de loin répondre à cette question par une petite démonstration, c'était bien plus divertissant. Cependant, je préférai éviter mon habituelle chute de neige pour cette fois. Après le dernier incident, mieux valait quelque chose d'un peu plus discret. Sans compter que les canapés n'apprécieraient peut-être pas de finir mouillés... Une petite sculpture de glace serait parfaite. Les petits objets ne me posaient plus aucune difficulté.

Je présentai ma main à Gabrielle, paume vers le haut, et commençai à matérialiser de la glace qui forma petit à petit une forme. Quelques instant plus tard, une clé de sol gelée flottait dans les airs, quelques centimètres au-dessus de ma paume. La forme me paraissait appropriée, au vu du lieu et de mon interlocutrice. Incapable d'ôter ce sourire benêt de mon visage, j'attendis quelques instants avant de faire disparaître ma création. Même après beaucoup de pratique, cette magie restait toujours aussi amusante.

- Tu l'auras deviné, je maîtrise la glace. Enfin, plutôt l'eau de manière générale, mais je suis plus à l'aise avec le solide que le liquide. Je suis plutôt bien tombé, je trouve. J'ai toujours adoré la neige.

Puisqu'elle m'avait lancé sur le sujet, il fallait bien que je lui retourne la question, au moins par politesse, non ? Ah la la, quelle mauvaise foi, Jérémy... Admets-le donc, que tu es curieux comme un gamin et que la magie te fascine !

- Et toi, quel est ton pouvoir ?
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MessageSujet: Re: World of jazz vous attends    Sam 3 Juin 2017 - 15:34

Après lui avoir posé la question, pleine de curiosité et d'espoir, de qu'elle était son pouvoir ou du moins l'élément auquel était associé celui-ci, il me sourit jusqu'aux oreilles et les yeux pleins d'étoiles. Apparemment, ma demande lui faisait on ne peut plus plaisir, il ressemblait à ses enfants auxquels on demande de montrer les tours de magie qu'ils ont appris dans un livre ou les chefs-d'oeuvre réalisés à la maternelle. Son côté adorable était revenue tel un cheval au galop à la seconde où j'avais émis cette requête. Vraiment très mignon. Regardant aux alentours, afin de voir si le patron était bien partis pour pouvoir me montrer sa magie, il tendit sa paume vers le haut et en moins de quelques secondes, son pouvoir fit effet. Un amas de glace prit place dans les airs, formant petit à petit une jolie clé de sol. Jolie attention à mon égard que j'appréciais fortement. Il avait un sourire béat et moi des yeux ronds comme des billes à la fois admirative de la beauté et de la longévité de sa magie. Comment faisait-il pour qu'elle dure autant ? Peu à peu la clé de sol volante disparut.

Puis, il m'expliquait que son pouvoir venait de l'eau, mais qu'il préférait en usé pour la matérialiser sous forme de glace au lieu de jouer de la liquidité de son élément. Après tout, il adorait la neige. Du moins, c'est ce qu'il m'avoua. Il me retourna à son tour la question, curieux lui aussi de connaître mes dons. Alors, je tendis ma main et tentais autant que je pouvais de faire apparaître une flamme, mais l'effort fut critique. Seul de petites étincelles et un semblant de flamme aussi ridicule que celle d'une bougie se formaient. Le tout ne dura que quelques secondes et à la place d'un visage illuminé par la grandeur de la magie, se dessinait une moue boudeuse exaspéré de n'avoir toujours fait aucun progrès et une boue triste de ne pas pouvoir lui montrer une magie équivalente à sa maîtrise.

- Mon élément est le feu. Je suis donc ton opposée et contrairement à toi, je ne maîtrise pas encore mon pouvoir. Il m’arrive d’avoir le bout des doigts en feu, mais c’est rare et je ne contrôle pas ces moments. Donc tu n’as pas à craindre que je fasse fondre. Du moins, pas à l’aide de ma magie. Dit-je avec un sourire espiègle.

Nous étions donc des éléments contraires, le feu contre la glace. Je pensais plus en profondeur aux conséquences de cette révélation. J’avais eu des cours sur l’histoire des dieux et surtout aux dangers qu’il y avait à se battre contre des personnes ayant éléments contraires aux nôtres. En théorie comme en pratique, je lui étais inférieur, il avait plus de facilité à m’éteindre que moi à le faire fondre. Mon esprit vagabondait encore plus loin, cherchant à imaginer certaines expériences de deux êtres comme nous : la fille de feux et le garçon de glace. Je pensais au résultat qu’il pouvait y avoir si nous nous battions, si nous testions nos pouvoirs l’un contre l’autre. Une autre idée bien plus intime me vint en tête.

- Qu'arrivera-t-il si des corps, dont les pouvoirs sont vraiment opposés comme les nôtres, couchent ensemble ?

Je ne m'étais pas rendu compte que j'avais balancé de ma bouche ma pensée au lieu de la garder pour moi, jusqu'à ce que je vois le visage de Jéremy rosir et ses yeux étaient ouverts au possible. Oh non ! Je devais rattraper le coche et ne devais pas laisser cette phrase comme ça. D'abord, les mots ne voulaient pas sortir et à part quelques balbutiements, je n'arrivais à rien. Je pris une mon verre et tentais d'expliquer, entre deux gorgées, que l'idée avait juste traversé mon esprit par curiosité et qu'elle n'avait rien d'important. Mon visage virait au rouge s'accordant parfaitement avec ma robe. Dire qu'au début la honte était en faveur de ce blondinet et qu'elle semblait tourner à présent vers moi. Entre ma phrase sur l'utilisation des instruments, l'histoire de l'écouter sous la douche, l'intention de le faire fondre et maintenant ce sous-entendu, je devais passer pour une fille ouverte, dans tous les sens du terme.


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MessageSujet: Re: World of jazz vous attends    Dim 4 Juin 2017 - 16:30

♫ Tou, toudou ! ♪

Comment se lasser de la magie ? Les possibilités étaient infinies, et il était tellement amusant de faire parler son imagination à travers ses pouvoirs ! Je ne laissais jamais passer un prétexte de faire usage de mon affinité avec la glace, tant j'appréciais cette chance que j'avais. La question de Gabrielle me donnait justement l'occasion de m'amuser. Me concentrant un instant, je façonnai une petite clé de sol à l'intention de la musicienne, un large sourire envahissant toujours mon visage. J'avais vraisemblablement l'apparence d'un gamin s'amusant avec un cadeau de Noël (ce qui n'était pas si éloigné de la vérité finalement), mais ça m'était bien égal. Gabrielle paraissait un peu impressionnée par ma performance. Sans doute ne possédait-elle ses pouvoirs que depuis peu. Poussé par la curiosité, je me renseignai sur sa propre magie.

Tentant à son tour de me faire une démonstration, elle fit apparaître après quelques étincelles une petite flamme au creux de sa main, qui s'évanouit au bout de quelques secondes. La mine renfrognée de Gabrielle laissait entendre qu'elle aurait préféré pouvoir me présenter un résultat plus impressionnant.



Accompagnant sa performance de petites explications, elle me révéla donc que son élément était le feu, et me confirma qu'elle ne le maîtrisait pas encore, non sans une nouvelle taquinerie sur son physique avantageux, qui m'arracha un sourire. La demoiselle avait décidément de l'humour, il était de mon devoir de répondre à ces traits d'esprit.

- Utilise tous les stratagèmes que tu souhaites. Je resterai... de glace.

(Oui, je suis plutôt fier de mes jeux de mots.)



Blague à part, Gabrielle semblait avoir du mal à développer ses pouvoirs, je pouvais peut-être lui faire part de ma propre expérience. Rien ne garantissait que les Kagutsuchi et les Suijin fonctionnent de la même manière, mais ça ne coûtait rien.

- Autrement, pour tes pouvoirs, il n'y a pas vraiment de secret : entraîne-toi. Commence simplement par essayer de faire durer ta flamme un certain temps. Après tu pourras essayer des formes simples, puis petit à petit les complexifier ou bien augmenter leur taille. Je sais que c'est un peu maigre comme conseil, mais je ne vois pas trop quoi te dire d'autre : ça vient avec le temps en s'entraînant.



Pendant mon petit laïus, Gabrielle restait pensive. Réfléchissait-elle à ses prochaines tentatives pyrotechniques ? Il est vrai que le feu pouvait sans doute donner de jolies créations, grâce à la mouvance des flammes. Voilà bien une chose à laquelle je n'avais pas accès avec la glace. Et avec de l'eau liquide ? J'étais loin d'être aussi doué, mais si cela me permettait de faire des créations mouvantes, cela valait peut-être le coup que je reprenne l'entraînement...

- Qu'arrivera-t-il si des corps, dont les pouvoirs sont vraiment opposés comme les nôtres, couchent ensemble ?

... Pardon ?



Mon cerveau venait de disjoncter. Il fallait vraiment le vivre pour comprendre à quel point la métaphore était bien choisie. Un stimulus un peu trop puissant, et c'était l'arrêt complet du système. Fin des communications, toute action interrompue soudainement. Peut-être un réflexe salvateur pour m'empêcher de répondre une bêtise un peu trop rapidement ? Une simple seconde, mais une longue seconde, s'écoula avant que je ne reprenne mes esprits. Sous mes yeux écarquillés, Gabrielle semblait elle aussi devoir gérer une situation de crise. Quelques bégaiements, une gorgée de son cocktail qui manqua presque de l'étouffer, et elle put enfin faire de son mieux pour rattraper ses propos qui l'avaient, semblait-il, autant surprise que moi. Je ne pus retenir un rire devant ses explications paniquées. Penser à voix haute pouvait facilement donner lieu à de fameux malentendus, tant il était facile de se trouver hors de propos. J'avais d'ailleurs moi-même plusieurs fois fait les frais de ce genre d'incidents... Je ne pus résister à l'envie de la taquiner gentiment :

- J'avoue que je suis flatté de l'intention, mais je vais décliner l'offre, dis-je d'un air rieur. Plus sérieusement, c'est vrai que c'est une bonne question. Si deux personnes avec des pouvoirs ont un enfant, je crois que celui-ci obtient la magie d'un de ses deux parents de manière aléatoire. Autrement, je ne crois pas que le contact prolongé entre deux personnes d'éléments opposés puisse avoir des effets néfastes sur l'un des deux concernés. Je pense que ça se saurait, autrement l'espèce a des soucis à se faire...
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MessageSujet: Re: World of jazz vous attends    Lun 5 Juin 2017 - 14:48

Après un long silence gênant entre nous deux, le beau blond décida de briser la glace en me taquinant. Il me fait comprendre que mon sous-entendu embarrassant le flatté me faisant rougir d'autant plus. Qu'est-ce que je n'aurais pas donné pour me transformer en cette petite flamme vacillante et brulante au bout d'une bougie. Bien évidemment, il se devait de refuser. Vraiment ? Il continuait son monologue en m'expliquant la théorie de deux parents ayant tout deux des pouvoirs différents. Il était vrai que j'étais arrivée ici par la voie de...bien personne ne le savait, mais il devait exister des personnes natives de cette île. Puis, il m'expliqua en rigolant que l'espèce humaine ou non aurait des soucis à se faire si celle-ci ne pouvait plus procréer dans ces conditions. Cette petite plaisanterie m'apaisait un peu et je reprenais doucement un teint moins rouge et plus naturelle, lui souriant tendrement en retour. Malgré tout, de nombreuses questions se bousculaient encore dans mon esprit. Tant les mystères de mon pouvoir que celui des autres, en passant de la génétique des parents à la création d'être née ainsi sans avoir eu des parents possédant de dons, tout s'embrouillait. C'était bien plus simple dans mon monde, mais ici toute théories et tout ce que j'avais vécu avant s'effondraient pour se changer en de nouvelles bien plus complexes

- Tes parents sont-ils de cette île ? Demandais-je innocemment

En observant l'horloge face à nous, je pouvais voir qu'il était grand temps pour nous de se préparer à sortir d'ici. Le bar avait des horaires que nous devions respecter. Je proposais alors à mon charmant partenaire de discussion de continuer cette conversation sur le chemin jusqu'au bus nous ramenant à Kousha. Faisant signe au serveur de venir, je lui demandais de mettre le café noisette de mon nouvel ami sur mon ardoise et de lui apporter un chocolat noisette précisant qu'il était mauvais pour les enfants de prendre de la caféine avant d'aller se coucher, le tout accompagner d'un clin d'oeil malicieux. Cette phrase eu pour effet de surprendre Jéremy et de faire sourire le serveur qui ne jugé plus de haut le blondinet. Arrivée dans les vestiaire, il me fallait moins de dix minutes pour passer d'une sublime longue robe de cocktail en soie rouge à une jolie robe courte blanche toute simple. Les partitions et mon costume de scène rangés dans mon sac, je le rejoignais pour enfin partir. Bien évidemment, son chocolat était fini et il n'attendait plus que moi pour partir d'ici et tergiverser sur les mystère de cette île et les nôtres.


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MessageSujet: Re: World of jazz vous attends    Lun 5 Juin 2017 - 21:47

Un silence de mort avait envahi la table, chacun ayant sans doute du mal à en croire ses oreilles. Devant la mine cramoisie de Gabrielle, je la taquinai gentiment avant de venir à son secours en répondant sérieusement à sa question sans plus m'attarder sur ce moment de gêne, ponctuant mon discours d'une petite boutade pour détendre l'atmosphère. Tandis qu'elle m'offrait un sourire, ses joues perdirent peu à peu de leur teinte écarlate, mais elle resta pensive. Sans doute se posait-elle une foule de questions sur la magie en général. C'était assez naturel si elle était une nouvelle arrivante. Tout était si nouveau. Et même après avoir passé du temps sur cette île, quantité de choses me demeuraient encore inconnues. Elle me demanda alors si mes parents étaient originaires d'Awashima.

- Non, absolument pas. D'ailleurs, ils ne sont même pas au courant que je possède des pouvoirs. Et je me demande bien comment ils réagiraient si je le leur apprenais...



Jetant un regard à l'horloge, Gabrielle m'annonça alors qu'il était temps pour nous de quitter le bar, et me proposa de poursuivre notre conversation en nous rendant à l'arrêt de bus. Elle appela cependant une dernière fois le serveur, lui demandant de mettre mon café sur sa note. Je m'apprêtais à protester, lorsqu'elle renchérit en passant également commande pour moi d'un chocolat, non sans me taquiner d'un air moqueur. Oho, elle voulait jouer à ça ?

- Et les petites filles bien sages ne boivent pas un verre avec des inconnus, on ne t'a jamais dit ça ? répondis-je, affichant également un sourire espiègle.

L'un dans l'autre, avoir un chocolat supplémentaire ne me déplaisait pas. Tandis que Gabrielle se changeait dans les vestiaires, je sirotai tranquillement ma boisson, le fluide sucré me réchauffant le corps à chaque gorgée. Je sortis quelques pièces de ma poche que je posai sur la table afin de payer cette consommation. La pianiste pouvait bien mettre mon café sur sa note si cela lui chantait, elle n'avait rien dit concernant le chocolat, et il ne serait pas dit que Jérémy Dulac pousserait la goujaterie au point de laisser une jeune femme lui payer deux commandes. Peu après que j'aie terminé ma tasse, Gabrielle quitta finalement les vestiaires dans une nouvelle robe, blanche celle-ci, et nous franchîmes la porte du bar, de retour à l'extérieur.

La chaleur étouffante qui régnait en début de soirée avait disparu, laissant place à une fraîcheur agréable accompagnée d'une légère brise. Voilà quel était un temps pour flâner ! Si seulement il ne fallait pas attendre la nuit noire pour bénéficier d'un tel climat...
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MessageSujet: Re: World of jazz vous attends    Ven 9 Juin 2017 - 13:07

Après un moment gênant, je décidais de changer l'ambiance en lui demandant si ses parents étaient eux-mêmes des personnes ayant un don. Il répondait tristement qu'ils n'avaient pas de pouvoirs et qu'ils n'étaient pas au courant de sa particularité. Il se demandait comment auraient-ils réagit s'il savait pour sa magie l'air attristé. Je comprenais ce sentiment. Ne pas pouvoir voir sa famille, ses amis, ne pouvoir rien leur dire, emprisonné ici, essayant de comprendre ce que nous sommes, nos pouvoirs, contrôler notre magie, apprendre tout sur tout, sur ce monde qui était inconnu au commun des mortels. Je songeais à ma venue ici, ce sentiment d'être perdu, de se sentir stupide de ne rien savoir.

L'heure avançait et nous devions partir. Après lui avoir payé sa consommation et lui avoir offert un chocolat noisette précisant que les enfants devaient éviter de prendre de la caféine avant d'aller se coucher, il me répondait que les filles bien sages ne devaient pas boire un verre avec des inconnus. Ce à quoi je répondis calmement que j'étais loin d'être une fille sage, le tout suivis d'un clin d'oeil et du serveur amusé. Dans les vestiaires, je me dépêchais à me changer et à le rejoindre en vitesse. Il avait fini son verre et nous étions enfin dehors. La chaleur était transformée en une brise légère et agréable de fin de soirée.

- Alors, tu es arrivé comme moi sur cette île, sans le savoir...As-tu déjà réussis à partir d'ici...retrouver ta famille ? Demandais-je toujours curieuse essayant de comprendre le monde dans lequel j'avais attéris.


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MessageSujet: Re: World of jazz vous attends    Lun 12 Juin 2017 - 21:33

Pour chasser la gêne apparue suite à quelques mots malheureux, Gabrielle m'avait posé des questions sur ma famille et mes pouvoirs. À mesure que je lui répondais, je la vis pensive. Songeait-elle à ses propres pouvoirs, à la multitude d'interrogations qui devaient tourbillonner dans sa tête ? Sans doute. C'était probablement ce qui arrivait à chacun d'entre nous lors de ses premiers temps ici. La pianiste m'annonça alors qu'il était temps pour nous de lancer le restaurant, non sans m'offrir une boisson supplémentaire accompagnée d'une petite pique, à laquelle je répondis d'un air rieur tout en profitant qu'elle ait le dos tourné pour payer subrepticement cette consommation à sa place. Tout en balayant ma répartie d'une simple remarque, elle fila dans les vestiaires. Le temps qu'elle revienne, j'avais terminé mon chocolat, délicieux au demeurant, et nous quittâmes le bar.



Le vent s'était levé, l'atmosphère était très agréable. La rue était bien plus calme qu'à mon arrivée : commerces fermés, passants presque totalement absents, le temps avait filé sans crier gare, tout le monde était rentré chez soi. Enfin presque tout le monde : nous n'étions pas encore chez nous, bien que sur le chemin du retour. Relançant la conversation, Gabrielle m'interrogea sur le monde extérieur et ses contacts avec nous.

- Eh bien... c'est assez amusant que tu poses la question. Quand je suis arrivé ici, j'ai d'abord eu pas mal d'autres soucis en tête. Il faut dire que je ne suis pas hyper organisé, alors se trouver un logement, se réinscrire au lycée, et autres, ça m'a bien occupé l'esprit, et je n'ai pas trop eu le temps de penser à autre chose. Puis le temps que m'installe correctement, comment dire... Ça paraissait d'un coup bien plus lointain. Finalement, je n'ai jamais vraiment essayé de recontacter mes proches. Mais l'île possède un système postal, il y a le téléphone et Internet, donc techniquement ça doit pouvoir être possible de contacter l'extérieur. On ne perd rien à essayer en tout cas. Par contre, pour ce qui est de quitter physiquement l'île... je n'ai pas encore entendu parler d'un moyen quelconque de rentrer chez soi. Mais ça a tout à fait pu m'échapper.

Ce n'était qu'en le disant que je me rendis compte que j'avais vraiment laissé derrière moi mon ancienne vie. La sensation était étrange. Mes proches me manquaient, pourtant. Mais depuis le temps, cela paraissait derrière, une autre époque. J'étais allé de l'avant. Quelle drôle d'impression.



Reprenant mes esprits, je me tirai de mes réflexions et relançai la conversation, profitant de nos points communs pour me remémorer un instant de plus mon ancienne vie :

- Donc tu es française ? De quel côté tu viens exactement ?

J'étais curieux de savoir si j'avais déjà passé dans le coin où elle habitait. On pouvait parfois avoir de ces surprises !
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MessageSujet: Re: World of jazz vous attends    Mar 13 Juin 2017 - 23:42

Nous marchions calmement dans les rues d'Amishawa, la brise légère rafraîchissait mon esprit en surchauffe du à des réflections intenses. Cela faisait quelques mois que j'étais sur cette île et je trouvais que le temps pesait comme si je venais de réaliser quelque chose de triste, une certaine nostalgie du passé, le mal du pays. Je ne savais pas, mais le fait d'être en compagnie venant de mon monde, de mon pays, tout cela me ramenait à une réalité que j'avais oubliée. Je n'étais plus sur ma terre natale, je n'étais plus en présence des amis que j'avais, je n'étais plus là où elle était. Je ressentais à présent le poids d'un manque, le manque de ceux que j'aime. Tout était allé tellement vite ces derniers temps, mon arrivée inexpliquée sur cette île inconnue, mes nuits à l'hôtel, mes journées de recherche autant pour le logement que pour mes études, toutes ces tumultes m'ont permis d'oublier que j'étais seule loin d'eux, loin de tout ce que je connaissais pour une aventure forcée. Et pourquoi ? Des pouvoirs que je ne peux contrôler malgré mon envie, du feu de mes doigts sans pouvoir le maîtriser, pour savoir que je descendrais d'un dieu, d'une divinité de la mythologie, d'une histoire de dieu puissant dont je ne savais même pas l'existence de leurs histoires. Apparemment, je n'étais pas la seule à avoir vécu ceci, Jéremy avait eu quelques soucis en tête l'empêchant de penser à contacter ses proches. Pourtant, il m'informait qu'il était possible de le faire, de leur parler par lettres, mails ou par téléphone.

- Même si cela est possible, que devons-nous ou pouvons-nous leur dire ? dis-je tremblante. Si tu pouvais, que leur dirais-tu ?

J'avais des frissons. Je préférais la chaleur de l'été qui étouffait les autres à cette brise me glaçant le sang. Je songeais à toute cette histoire. Au fond, je n'avais pas spécialement besoin de parler à mes proches. Mes parents étaient morts, j'avais quasiment abandonné la seule femme qui m'ai jamais soutenu et quand à mes amis, bien, un an avec eux n'étais peut-être pas assez important pour les informer du fait que j'avais atterris sur une île. Cependant, j'avais cette sensation de manque et de vouloir savoir, connaître l'histoire de ceux qui sont ici, ne plus me sentir la seule. Le blondinet semblait aussi soucieux que moi et relançait la conversation en me demandant d'où je venais, de quelle partie de la France j'avais passée ma vie.

- Du sud de la France, à Sète et toi ?


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MessageSujet: Re: World of jazz vous attends    Lun 19 Juin 2017 - 20:12

La conversation avait pris une drôle de tournure, plongés que nous étions dans cette nostalgie commune. Pendant que je répondais à la question de Gabrielle au sujet des contacts entre Awashima et le monde extérieur, la pianiste s'abîma dans ses pensées, songeant vraisemblablement à cette vie perdue laissée derrière nous. Lorsque je finis mon discours, elle me demanda ce que je raconterais à mes parents si l'opportunité m'en était donnée. Question épineuse. Je lâchai un soupir.

- Je ne sais pas vraiment. Leur parler me ferait sans doute du bien, mais à part prendre des nouvelles, que leur dire ? Que je n'ai aucune idée de si je pourrai les revoir un jour ? Que je suis capable de générer et contrôler l'eau et la glace ? Que l'endroit où je me trouve est peuplé de gens possédant tous de tels pouvoirs ? Ils ne me croiraient pas. Personne ne le pourrait, à moins de le voir de ses yeux, ce qui n'est pas envisageable. Je préfère ne pas imaginer comment la conversation tournerait.

Décidément, je savais m'y prendre pour installer une ambiance joviale et chaleureuse...



Comme pour changer de sujet, mais tout en gardant un certain lien avec cette réalité passée que nous évoquions (un moyen de me rassurer ?), je demandai à Gabrielle d'où elle venait. Sète ? Le nom m'était connu, mais pas moyen de le placer sur une carte, heureusement que la jeune fille m'avait précisé que la ville se situait au Sud.

- J'ai bien peur de n'y être jamais allé. Moi, je viens de Tours, vers le centre du pays, sur la Loire.

Étrange comme cette discussion banale pouvait sonner faux après avoir échangé sur la perte de notre ancienne vie. Tourner la page n'était pas chose si facile que cela ne le paraissait. Les souvenirs faisaient mine de disparaître, mais n'étaient qu'enfouis, et surgissaient des tréfonds de la mémoire à l'instant le plus traître.



Je devais me changer les idées, me calmer l'esprit. Tout en continuant à marcher je commençai à faire tomber quelques flocons au-dessus de ma tête. Cette manie avait le don de me détendre. Tant pis pour la cohérence avec la saison, rien ne valait la douceur d'un flocon de neige se posant sur le bout du nez pour se vider la tête. Une fois calmé, je fis cesser cette chute de neige localisée avant de me tourner à nouveau vers Gabrielle, changeant totalement de sujet :

- Dis-moi, toi qui connais le piano, tu as déjà écouté Picnic Suite de Claude Bolling ? C'est une suite pour piano, flute, et guitare, accompagnés par une contrebasse et une batterie. Elle a un don pour me mettre de bonne humeur, je te la conseille vivement !
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MessageSujet: Re: World of jazz vous attends    Mar 20 Juin 2017 - 17:17

Après lui avoir demandé ce qu'il dirait à ses parents s'il pouvait leur parler, curieuse de savoir ce qu'on pouvait dire lorsque l'on a des parents, des gens avec qui nous avons passé une grande partie de sa vie, ceux qui ont pris soin de nous par le biais d'engueulade, d'avertissements, de paroles tendres et de câlins doux. Je ne connaissais pas ce sentiment, ces habitudes, ces situations, je n'avais jamais eu la chance de vivre ça que ce soit avec mes vrais parents ou ceux qui auraient pu m'adopter. J'avais toujours vécu seul. L'orphelinat était rempli d'enfants qui me détestaient ou avaient peur de moi au point de m'ignorer. La seule personne dans ma vie qui aurait pu se rattacher à un semblant de famille était madame Pervenchard. Passons, il me disait que s'il avait cette possibilité cela lui ferait du bien de leur parler, qu'il ne savait pas quand il pourrait les revoir, qu'il était capable de faire de la magie d'eau et de glace, que son monde était rempli de gens ayant des dons similaires aux siens, que ses parents ne le croiraient pas, que la conversation serait étrange, compliqué. Il semblait à nouveau triste, tout comme je l'étais mais probablement moins que lui. Après tout il avait un véritable manque se nommant papa et maman. Moi, j'avais seulement abandonné des gamins qui me haïssaient, une directrice désespérée par mon comportement, une amitié naissante et un piano. En soi, je n'avais pas vraiment perdu quoi que ce soit à être ici, aucun risque de manquer à quelqu'un et j'avais emporté avec moi le minimum matériel. Je me disais que je n'aurais peut-être pas du lui demander cela, que c'était trop personnel, trop intime, trop triste pour en parler à une inconnue.

- Je suis désolée de t'avoir demandé ça. Surtout si cela te péne. Dis-je en murmurant à peine mes mots.

Je n'osais pas le regarder en face et continuait à regarder la route. Nous étions arrivés à l'arrêt de bus et attendions que notre carrosse vienne nous ramener à notre petit foyer. Afin de rendre la conversation moins morose, il changeait de sujet et me dit qu'il n'était jamais allé à Sète et que lui était de Tours. Puis il me demandait si j'avais entendu parler de Picnic Suite de Claude Bolling. Eh bien, cela m'avait énormément surpris et amusé. Je ne connaissais pas beaucoup de personnes qui avaient entendu cet oeuvre musical et encore moins ceux qui aimaient l'écouter pour être de bonne humeur.

- Je ne suis pas non plus aller à Tours. Mais peut-être que je pourrais y aller, le jour où on sera capable de partir d'ici. Dis-je amusé par la suite. Pour ce qui est de Picnic suite, je suis assez surprise par tes connaissances musicales. Quelles sont les autres oeuvres au piano que tu as en tête ?


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MessageSujet: Re: World of jazz vous attends    Lun 26 Juin 2017 - 14:48

La question de Gabrielle au sujet de mes parents avait ramené à ma mémoire des souvenirs presque oubliés depuis mon arrivée sur Awashima. Marmonnant ma réponse sans trop y penser, je songeais à ce que j'avais perdu, et à cette facilité avec laquelle j'avais semblé l'occulter, jusqu'à ce que la question innocente de la pianiste me force à me replonger dans ses souvenirs. Mon intonation dut lui paraître un peu trop mélancolique, car elle s'excusa dans un murmure d'avoir abordé le sujet.

- Oh, ne t'en fais donc pas pour ça. J'ai fini par m'y habituer. Ça ne me servirait pas à grand chose de me morfondre, de toute manière. Mieux vaut aller de l'avant sans se poser de questions. Et qui sait, peut-être que l'occasion de repartir finira par se présenter...



Ma vieille manie de faire tomber la neige me revint, finissant par me remettre à l'aise. Entretemps, nous étions arrivés à l'arrêt de bus. Il ne nous restait plus qu'à attendre que celui-ci nous embarque pour nous ramener tous deux à Kousha. Soucieux de ne pas se quitter sur une note aussi morose, je repris la conversation sur un tout autre sujet, en demandant à Gabrielle si par hasard elle connaissait Picnic Suite. Mon sourire s'élargit lorsqu'elle me répondit par l'affirmative. C'était bien la première fois que je rencontrais quelqu'un ayant entendu parler de ce morceau. La pianiste, de son côté, avait l'air tout aussi surprise que j'évoque cette œuvre, ne me cachant pas son étonnement, avant de me demander si j'avais d'autres morceaux de piano en tête.

- Haha, pour ce qui est de Picnic Suite, je n'ai vraiment aucun mérite à connaître. C'est notre professeur de musique au collège qui nous avait fait écouter le Canon lors d'un contrôle, et j'avais tellement aimé que je n'ai pas pu m'empêcher de lui demander le titre. Ça me fait plaisir que tu connaisses, jusque là j'avais vraiment l'impression d'être la seule personne au monde à en avoir entendu parler. Autrement, je connais d'autres morceaux, mais bien plus connus, je suis loin d'être un connaisseur. J'aime beaucoup le troisième mouvement de la Sonate au Clair de Lune de Beethoven. J'aime aussi un morceau nommé Nocturne, mais là pas sûr que tu connaisses, c'est tiré d'un jeu vidéo...



Quelle belle chose que la musique ! L'atmosphère était de nouveau détendue. Alors que nous parlions, des phares illuminèrent la chaussée, et notre bus s'arrêta sur le bas-côté. Laissant Gabrielle monter la première, je fis un pas de côté pour la laisser passer.

- Le carrosse de Mademoiselle est avancé. Prochain arrêt : Kousha !
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