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[INTRIGUE] Tempus Fugit. [Groupe 4 : Elena Heart/Johan N. Stern]Auteur
MessageSujet: Re: [INTRIGUE] Tempus Fugit. [Groupe 4 : Elena Heart/Johan N. Stern]   Lun 14 Mar 2016 - 22:08

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Parler des points positifs. Johan savait vraiment comment détendre l'atmosphère. A l'entendre parler du fait qu'il avait pu quitter le travail plutôt pour passer du temps avec moi, je me rendis compte que même si ces évènements étaient pénibles, je restais aux côtés de mon bien aimé, je gagnais du temps avec lui, et c'était ça le plus important. Même malgré l'angoisse, notre complicité ne se tarissait pas. Même en ces lieux, Nos regards ne changeaient pas l'un envers l'autre. Et cette main que je continuais à serrer comme si la lâcher causerait ma perte. En attendant, l'évolution des petits plus de cette aventure me fit repenser à cette promesse de chocolat chaud, et bien vite j'agrémentais un petit scénario autour de cette boisson chaude, soit des câlins, et d'autres plaisirs sucrés se marirant parfaitement avec elle. Se laisser emporter dans une telle innocence dans une situation dangereuse était peut être étrange, mais pourtant cela aidait à me détendre. J'en oubliais presque notre discussion sérieuse du second palier.

Je restais un peu honteuse de m'être soudainement transformée en véritable moulin à paroles et m'en excusa, laissant la parole à mon bien aimé. Il semblait d'accord avec ma proposition, bien contente à l'idée que nous cuisinerions ensemble lorsque nous serions rentrés à l'appartement, à supposer que l'on y rentre un jour ... Je chassais cette pensée de ma tête, me disant qu'être défaitiste n'arrangerait pas les choses, revenant aux paroles de Johan. Je souris en le contemplant : "D'accord, soirée sucre alors c'est décidé ! J'ai encore plus hâte de rentrer maintenant." Puis, vint un nouveau point positif, la visite de la ville d'Hizumu, une ville qui lui sied à merveille en connaissant sa plus grande passion. Je le laissais terminer avant de hocher la tête, la mine joyeuse.

"Oui, on pourrait se faire une journée rien que tous les deux, tu prendrais une journée de congé comme ça, cette ville a l'air superbe et j'adorerais m'y promener avec toi. Tu me promets contre le fera ?" Je me stoppais une fois de plus dans les escaliers, le fixant un instant, toujours cette lueur d'amour dans le regard, caressant sa main de mon pouce. "A moi ... Un autre point positif." J'hésitais un instant.

"Cette épreuve me montre que j'avais raison à propos de toi ... Que je peux me sentir en sécurité avec toi, que tu es si courageux que tu me donnes envie de l'être aussi pour toi ... Que grâce à toi, je suis devenue quelqu'un de meilleur et que ... Quoiqu'il puisse nous arriver ici, quoique l'on puisse apprendre l'un sur l'autre, rien ne changera entre nous."

Je détournais le regard un instant, me rendant compte que j'avais rendu la situation de nouveau sérieuse, me rendant compte que j'avais fait réapparaitre cette mélodie dans ma tête ainsi que mes angoisses. Je levais les yeux vers lui, l'air triste, décidant à lui révéler ma plus grande appréhension.

"Johan ... J'ai si peur de ... de voir ma mère ..." Je serrais de nouveau sa main. "Mais tant que tu seras là ... ça ira."









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MessageSujet: Re: [INTRIGUE] Tempus Fugit. [Groupe 4 : Elena Heart/Johan N. Stern]   Mer 16 Mar 2016 - 16:55


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On dirait que le petit numéro de tout à l'heure n'avait pas suffi aux deux amoureux. Ils en venaient presque à oublier ce qu'ils avaient vu plutôt. Pourquoi, le murmure le sentait. Ce n'était qu'un masque. Qui donc espéraient-ils tromper avec cette farce grossière ? Sans doute n'étaient-ils même pas dupes eux-mêmes. Car leur tension était palpable et... Délicieuse. L'homme, surtout, annonçait un repas de choix. Alors, mieux valait le laisser pour plus tard. Sa terreur n'en serait finalement que plus excellente. Alors, pour l'instant, mieux valait s'amuser un peu avec la femme...

Très vite, le murmure tripla d'intensité, comme s'il essayait de les assourdir ou de les assommer. Si tant est que ce fût possible, on aurait dit qu'un simple murmure se mettait maintenant à peser des tonnes, tant il emplissait l'air ambiant. Et alors, très rapidement, le décor changea. Les murs de pierre nue disparurent. Cette fois, ce n'était pas qu'un simple visage... Mais bel et bien une projection...

Ils se trouvaient dans une chambre d'hôpital. Devant eux, un lit. Dans ce lit reposait une femme, branchée à diverses machines. Sa pâleur cadavérique révélait la vérité quant à son état. Et, alors, elle tourna la tête, adressant un regard froid aux deux jeunes qui espéraient que les futilités les protégeraient. Son regard se fit accusateur. Elle leva un doigt décharné... Et le pointa sur la fille, sans rien dire...



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MessageSujet: Re: [INTRIGUE] Tempus Fugit. [Groupe 4 : Elena Heart/Johan N. Stern]   Jeu 17 Mar 2016 - 0:52

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Tout était bon pour détourner leur attention de l’angoisse du moment. Tout, absolument tout. Et si, par la même occasion, Johan parvenait à enlever de l’esprit de son aimée cette discussion du dernier pallier, au moins pour quelques instants, il en serait heureux. Lui, ne le pouvait pas. Ses mots revenaient en boucle dans sa tête, les siens, ceux d’Elena. Il avait pesé chacune de ses paroles, choisit ses dires avec soin pour ne pas trop en dévoiler mais pour pourtant la rassurer suffisamment, tout en la préparant du mieux qu’il put à cette potentielle âpre nouvelle. Après tout, rien ne leur disait que cet esprit frappeur comptait revenir. Un certain ‘temps’ s’était déjà écoulé depuis qu’il avait quitté le premier pallier et, depuis, plus rien. Pas même à ce second palier. Rien, sauf l’éternelle comptine qui ne changeait jamais et ces murmures pesant et incessant. Au moins, arrivait-il à les ignorer un peu, à se concentrer sur l’unique chose de valeur dans son existence en cet instant : la belle américaine qu’il avait le droit d’appeler ‘sa femme’. Simplement, il lui proposa la possibilité futur qu’ils puissent se rendre à Hizumu, dans d’autres temps, uniquement pour passer un moment ensemble en amoureux. Il était sincère. Parler ainsi de l’avenir…il savait que ce serait rassurant. Effectivement, comme attendu, Elena embraya, joyeuse. C’était presque comme si toute cette histoire n’était pas arrivée, comme si ils ne se trouvaient pas dans cette situation étrange et tendue. Doucement, elle lui demanda de promettre qu’il prendrait un jour de congé. En réalité, il s’était déjà fait cette promesse plus tôt dans la journée, plus tôt dans l'ascension, mais ne lui en avait pas parlé. Souriant, il hochait la tête.

« C’est promis, on aura notre journée rien que tous les deux. »

Puis, elle se stoppa et, hésitante, continua sa liste de ‘points positifs’. Interloqué, Johan la regardait. Il s’était arrêté sur la même marche qu’elle, attendant, se demandant bien pourquoi elle redevenait si hésitante d’un seul coup. Une fois de plus, elle revint sur ce sujet qui devait la hanter depuis le dernier palier… Mais, loin de l’abattre, ses paroles mirent du baume au cœur du néerlandais. Elles lui rappelaient à quel point son adorée pouvait l’aimer… IL en était de même pour lui. Qu’importait les épreuves qu’ils pourraient traverser dans cette tour, jamais il ne pourrait la quitter. Et, s’il n’était toujours pas prêt à lui parler des évènements de son passé, sa décision de lui en faire part avait été prise. Elle était ferme et définitive cette fois, renforcée par les mots de son aimée. Il avait décidé de s’en remettre à son jugement…en sachant pertinemment qu’un avis négatif de sa part pourrait le détruire à jamais. Il appréhendait toujours l’instant où il devrait lui raconter…mais il savait désormais que ce serait un mal pour un bien. Il avait confiance en elle et voulait le lui prouver…quand il serait prêt. Il sourit de plus belle et, face à elle, saisit sa deuxième main dans la sienne.

« C’est un excellent point positif… »

Puis…elle se détourna de lui, sombre. Johan devina qu’une nouvelle fois, la mélopée avait dû insinuer son angoisse dans son esprit. Un instant, il paniqua intérieurement…Et si les questions qu’il lui avait demandé de maintenir en suspend étaient revenue en force ? Juste un instant, ce doute fut balayé par sa promesse. Non, elle ne le ferait pas. Elle revint vers lui, dévoilant sa tristesse…celle qui lui perça le cœur tel une aiguille à tricoter enfoncé dans la chair. Le néerlandais redevint plus sérieux et les raison de ce marasme tombèrent. Elle avait peur…Peur que l’esprit ne s’emparer du visage de sa mère. Le botaniste savait quelle estime sa bienaimée avait pour elle. Au final, il aurait aimé en savoir plus sur cette femme exceptionnelle qui avait élevé seule sa fille dans cette ville aussi immense qu’impersonnelle. Il aurait aimé la connaitre… mais surtout, lui présenter son respect et ses remerciements, pour avoir gardé son amour de fille en vie. Celle qui partageait sa vie désormais. Quelle dommage…Quelle dommage que la maladie l’avait emportée, laissant un trou béant dans la poitrine de la belle américaine. Il connaissait l’histoire… Il se doutait qu’elle referait surface. Simplement, il l’entoura de ses bras pour la rassurer, il ne pouvait pas tellement faire plus…puisqu’il ne pouvait empêcher cet esprit d’agir.

« Ça va aller…Je suis là. Ensemble, nous pourrons tout surmonter. » Il l’espérait tellement…Tout en redoutant l’instant où le spectre s’attaquerait à son propre passé. « Je ne partirai pas et te soutiendrai, toujours. »

Il aurait tellement voulu pouvoir faire plus…pouvoir effacer ces souvenirs sombres, pouvoir faire revenir cette femme exceptionnelle à qui il devait tant… C’est alors que le murmure augmenta en intensité. Fort, extrêmement fort, il emplissait cette cage d’escalier sans fin. Maintenant ? Était-ce les prémices du retour de cette créature ?  Serrant plus fort encore son aimée dans ses bras, il l’incita à enfouir son visage contre son épaule, à ne pas regarder, quelque part. C’était tout ce qu’il pouvait faire pour la protéger. Il s’attendait à revoir une silhouette spectrale, tel le visage flottant de Lara plus tôt. Mais…Ce ne fut pas le cas. Sous son regard estomaqué, la tour disparut autour d’eux, laissant place à une chambre d’hôpital….plus vraie que nature. Le bruit des machine, d’une respiration saccadée et faible…tout semblait si réel. Même l’odeur semblait réelle. Bien trop réelle. Johan ne savait pas quoi faire. Il balaya la pièce du regard…et tomba sur elle. Dans ce lit, branchée à tellement de machines qu’on la voyait à peine. Une femme…Sa ressemblance avec Elena ne trompait pas…Ce n’était pas n’importe quelle femme… La mère d’Elena…Elle lui ressemblait trait pour trait, rendant la scène perturbante, même pour lui.  Doucement, il essayait de maintenir le visage de son aimée enfouis dans son pull. Il ne devait pas voir…c’était la seule chose qu’il pouvait faire pour la protéger. Il lui murmura.

« Ne regarde pas… Je suis là… Et ce n’est pas elle. Ce n’est qu’une illusion. » Et il rajouta, un peu plus fort, comme pour s’adresser à l’empêcheur de tourner en rond. « Et elle va nous laisser en paix. »












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MessageSujet: Re: [INTRIGUE] Tempus Fugit. [Groupe 4 : Elena Heart/Johan N. Stern]   Jeu 17 Mar 2016 - 22:08

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Une promesse, celle de passer du temps ensemble, que demander de plus en cet instant ? S'accrocher à cette perspective, à ce projet pour oublier le reste. Mais le reste était si difficile à oublier. Ces murmures, cette mélodie, cette angoisse ... S'accrocher à cette promesse, la garder à l'esprit ... S'accrocher à son regard, à son sourire ... A cet air rassurant ... Mais malgrè tout ceci, l'angoisse était bien là. Laquelle ? Celle de revoir un visage si familier qui me ferait sans doute m'effondrer ... Ce point positif que j'énonçais était on ne peut plus sérieux, mais il était bien réel, il était tout ce qu'il y avait de plus vrai, mais le sérieux de cette situation me fit repartir dans ces doutes, dans cette peur. Laquelle ? Cette fois, elle fut prononcée à voix haute. Revoir ma mère ... Enfin, une pâle copie de cette femme si merveilleuse que j'avais perdu bien trop tôt. Mais tant qu'il serait là, tout irait bien, tout du moins étais-ce ce que je pensais.

Ses bras, cette sécurité ... Je décidai de m'y blottir, fermant les yeux pour tenter de me rassurer, de me dire que cet esprit ne reviendrait pas. Puis, j'écoutais de nouveau ses mots, encore une promesse que je savais vraie. Tout était vrai avec lui ... Même après avoir appris qu'il me manquait des informations sur son passé, je lui faisais toujours confiance. Parce qu'il était vrai avec moi ... Toujours les yeux fermés, son coeur ne put rester apaisé longtemps puisque les murmures reprirent de plus belle, s'intensifiant comme au premier palier. Avec prévenance, Johan me poussa à enfouir mon visage contre lui, ce que je fis, pressant mon front contre lui comme s'il ne suffisait que de ça pour faire taire les murmures. Mon coeur s'emballait, me donnant une nausée certaine. La peur me gagnait ...

Puis cette odeur, ce bruit ... Tous deux si familiers ... Je me mis à trembler, les larmes me montant aux yeux. Sans même savoir ce qu'il se passait, je le comprenais. Cette odeur d'hôpital, ce bruit de machine qui apportait l'oxygène dont une personne en insuffisance respiratoire avait besoin, étouffant l'égouttement des perfusions ... Mais pourtant, il y avait cette respiration faible et saccadée. Non, pas elle ... Par pitié pas elle ... Je n'avais toujours pas regardé autour de moi, restant figé dans l'éternel pull vert de mon amour, mais pourtant un sanglot étouffé me gagnait déjà. Ses mots murmurés me confirmèrent la situation. Une illusion ... Une simple illusion, mais une illusion de ma mère. Peut-être ma dernière chance de la revoir un instant "en vie". Sans se détacher de lui, en tout cas pour le moment, je lui répondis.

"Jo ... Je ne peux pas l'ignorer ... Je ne peux pas ... Je veux revoir son visage ..."

Toujours les yeux fermés, je me détachais doucement de lui, respirant difficilement sous l'angoisse pesante. Puis je rouvris mes yeux océans, me tournant vers l'origine des bruits. Mon coeur loupa un battement lorsque je la vis ... Dans ce lit ... De cette pâleur presque fantomatique ... Elle était moi en plus âgée, d'une maigreur presque cadavérique ... Ma main tremblante chercha celle de Johan. Enfin, un mot put sortir de ma gorge terriblement serrée.

"Maman ..."

Me mordant la lèvre si fort, je ne pus retenir mes larmes devant elle, son regard était méconnaissable, cette femme que j'aimais tant me pointant du doigt comme une accusée. Dieu ce que ça faisait mal ... Mon deuil était loin d'être terminé malgré toute ces années. Je fixais ce regard bleu, semblable au mien, ma main libre venant tout contre ma bouche pour étouffer un nouveau sanglot. C'était douloureux, comme si l'on venait pour la deuxième fois de me prendre ma mère alors qu'elle était encore "en vie". C'était trop dur, je n'étais pas assez forte. Incapable de prononcer un mot, je saisissais tout de même ma chance, levant ma main toujours tremblante, paume vers le haut. Une fleur jaillit lentement de ma peau, une jolie fleur blanche, un Edelweiss ... Symbole que je ne l'oublierais jamais même si elle n'était plus. Je savais que ce n'était pas elle, mais pourtant ce geste me dit un bien fou. Puis je fis disparaître la fleur, laissant retomber mollement mon bras, les larmes me gagnant, attendant un nouvel assaut de la part de l'esprit, ma main serra celle de Johan. Je m'adressais à lui dans un murmure qu'il pourrait entendre. "Je t'en prie ... Surtout ... Ne me lâches pas ..." Je tournais mes pupilles larmoyantes vers lui. "J'ai tant envie de la serrer contre moi ..." Mais ce geste qui avait toujours été si naturel entre une mère et une fille était symbole de danger et je le savais ...










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MessageSujet: Re: [INTRIGUE] Tempus Fugit. [Groupe 4 : Elena Heart/Johan N. Stern]   Mar 22 Mar 2016 - 17:13


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La femme se contentait de fixer sa fille et celui qu'elle s'était choisi, le bras accusateur toujours tendu vers elle. Son regard en disait long. Mais pour l'instant, le murmure s'était tu, remplacé par le bruit de la machinerie d'hôpital. Mais soudain, il réapparut, empli de colère. Et soudain, une vérité put, pendant quelques fragments d'instant, s'imposer à l'esprit des deux amoureux. Ce murmure était empreint de la voix de la mère de la femme. Et c'était son prénom qui était murmuré. Un murmure accusateur... Mais aussi résigné. Comme si la femme dans son lit avait compris que sa fille ne voulait pas venir... Alors, à ce moment-là... Son bras commença à se décomposer.

Ce fut d'abord la peau qui fondit. Puis les os apparurent et commencèrent à se décomposer lentement. Et le phénomène s'étira sur tout le corps de la femme. Rapidement, elle ne fut plus qu'un squelette, mais ce squelette était toujours branché à la machinerie et tendait toujours son bras accusateur vers la descendante de Saruta-Hiko. Et, sur son faciès, ses dents se relevèrent en ce qui semblait être un sourire de bien sinistre augure. Et elle ouvrit la bouche, parlant pour la première fois, au travers du masque à oxygène.

-Elena, tu ne viens pas me faire un câlin ? Viens donc me présenter ce jeune homme, je suis sûre que nous aurions beaucoup à nous dire. Je me trompe ?

Sur ces derniers mots, sa voix s'était un instant dédoublée, semblant légèrement masculine le temps d'une pensée. Comme si, dans cet ailleurs pourtant si familier, tous se réunissaient pour leur propre univers...



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MessageSujet: Re: [INTRIGUE] Tempus Fugit. [Groupe 4 : Elena Heart/Johan N. Stern]   Ven 25 Mar 2016 - 22:58

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Pourquoi ? Pourquoi maintenant ? Pourquoi elle ? Pourquoi avait-il fallu que ce spectre revienne au plus mauvais moment possible ? A peine Elena avait formulé sa peur légitime, cette peur contre laquelle Johan ne pouvait être qu’impuissant puisque provenant d’une plaie encore à vif, que le décor changea tout autour d’eux, passant de la tour sombre et brumeuse à l’hôpital. L’hôpital où, sur ce lit, reposait cette copie presque identique de son aimée, cadavérique, branchée de d’innombrables machines pour la maintenir en vie…Mourante, et pourtant elle levait ce bras accusateur vers eux. Par reflexe, pour la protéger de ce spectacle qu’il ne souhaitait pas qu’elle voit, il l’incita à garder son visage enfouis dans son pull. Caressant ses longs cheveux, il essaya de la couvrir de paroles rassurantes alors que lui ne lâchait pas du regard cette vision du passé. Il voulait graver en lui cette épreuve douloureuse que sa bienaimée avait vécu, bien avant d’atterrir sur l’île, bien avant qu’ils ne se connaissent. Même lui avait le cœur qui se serrait face à cette femme alitée. Sur son visage, on pouvait très clairement apercevoir qu’elle ne s’en sortirait pas, que jamais, elle ne ressortirait de cet hôpital. Même s’il ne l’avait jamais rencontrée, c’est bien grâce à elle qu’il avait la chance de serrer contre lui la belle américaine, soir après soir, jour après jour. Il s’avait que ce n’était qu’une illusion mais… Il ne pouvait s’empêcher de se sentir reconnaissant en cet instant, mais également d’avoir mal.
Surtout qu’il sentait bien qu’Elena avait compris le lieu où ils se situaient désormais. Il sentait les sanglots s’emparer d’elle, s’emparer de sa douce voix. Définitivement, le néerlandais haïssait cette apparition, ce spectre étrange. Et il était extrêmement compliqué de se faire haïr de lui, lui qui semblait ne tenir rigueur à personne de leurs actes. Mais cette fois-ci, s’en était trop. Personne. Personne ne pouvait causer du tort à son aimée. Doucement, elle se détacha de lui. Il n’eut pas la force de protester, de s’opposer à elle…Son souhait était si légitime. Il serra sa main tremblante, la douleur de la voir dans cet état lui perçant le cœur. En cet instant, il souhaitait juste la consoler. L’avoir de nouveau dans ses bras. La consoler longuement. Qu’elle puisse oublier toutes ces épreuves ignobles, qu’il puisse les effacer de ses mots et de ses gestes. Si seulement il possédait ce pouvoir… Mais non…Il ne pouvait que rester spectateur alors qu’elle prononçait ce simple mot emplis de souffrance, un mot que lui-même n’avait pu prononcer depuis plus d’une douzaine d’année.
Tout ce qu’il pouvait faire, c’était observer ces retrouvaille qui n’en était pas, et caresser doucement la main de sa bienaimée. Elle avait émis le souhait de la revoir, il ne pouvait aller contre sa volonté. Et pourtant, malgré toutes ces larmes qu’il lui tardait d’effacer, Elena présenta sa paume à l’apparition. Une légère vague de magie, et un splendide Edelweiss blanc d’épanouit. La fleur du souvenir… Utiliser ce genre de symbole quand les mots restaient bloqués dans sa gorge lui ressemblait tellement. La fleur disparut aussi vite qu’elle était apparue et elle s’adressa alors la lui, sa voix brisée comme son propre cœur. Une simple demande. Voir ses yeux bleus emplis de larmes salées était un véritable déchirement pour lui. Il acquiesça, attristé, d’un signe de tête, serrant sa main toujours un peu plus fort.

« Je ne te lâcherais jamais, c’est une promesse. On fera face ensemble. » Doucement, il vint poser ses lèvres sur son front et murmura tout contre sa peau. « C’était à moi…Point positif, j’ai enfin pu voir cette femme à qui je dois tant… »

Ce ne serait sans doute pas assez pour faire revenir ce sourire sur son visage, mais…il le pensait, tout simplement. Lui-même était déjà à deux doigts de déclarer à cette illusion tout le respect qu’il avait la mère d’Elena, qui lui avait permis tout simplement de retrouver une vie. Mais ce n’était pas elle. Ce ne serait jamais elle. Et le murmure revint en force, passant du masculin au féminin, prononçant si violement ce prénom qui n’était que douceur. C’est avec horreur qu’il constata la décomposition accélérée de l’alitée. De cadavérique, elle était tout simplement devenu cadavre. Un squelette blanc se tenait désormais en lieu et place de cette douce femme. S’il ne pouvait la protéger de cette vision de cauchemar, il pouvait néanmoins lui assurer son soutient dans cette épreuve. Lâchant sa main, il préféra l’enlacer sa taille, l’attirant contre lui. Elle pourrait se réfugier contre lui si elle en ressentait le besoin. Puis une voix…. Qu’il ne put s’empêcher de trouver détestable sur le moment. Il serra les dents, il se sentait tellement impuissant, tellement inutile. Tout ce qu’il pouvait faire, c’était l’aider à encaisser, tout comme lui encaissait ces visons de cauchemars. Car, depuis le début, il n’avait eu aucune raison de s’en prendre physiquement –ou plutôt magiquement- à ce spectre….Puis il doutait qu’Elena approuve de le voir se battre contre sa propre mère. Non, le ‘doux’ Johan ne se battait pas, du moins, ne se battait plus. Comme un mantra, de façon cyclique, il répétait, autant pour se rassurer lui qu’elle.

« Ce n’est pas elle… Une simple illusion, juste du vent… ne la laisse pas t’anéantir, s’il-te-plait. Je suis là, je ne te lâche pas.»

Si seulement il pouvait faire partir cette vision d’horreur…













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MessageSujet: Re: [INTRIGUE] Tempus Fugit. [Groupe 4 : Elena Heart/Johan N. Stern]   Dim 27 Mar 2016 - 21:06

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L'esprit savait parfaitement où frapper pour que cela fasse mal, très mal. L'idée qu'il prenne la forme de ma mère m'avait angoissée, mais la situation actuelle était sans doute mille fois pire que ce que je pensais affronter. La revoir lors de ses derniers instants, alors qu'il y avait eu tant de moments heureux avec elle ... Mais l'esprit avait choisi ce qui était certainement le pire de tous. Cette ambiance de ses dernières heures, celles où elle m'avait suppliée de rester à ses côtés pour qu'elle puisse partir en paix. Bien entendu, j'avais respecté son choix, et il n'en aurait pû être autrement. Jamais je n'aurais pu l'abandonner, la laisser s'endormir à jamais seule, c'était tout simplement inconcevable. Elle avait tant fait pour moi ... Non, elle avait tout fait pour moi, absolument tout, comblant cette absence paternelle tout en remplissant avec brio son rôle de mère. Jamais je n'avais ressenti le besoin de retrouver mon père, enfin devais-je dire l'homme qui m'a abandonnée alors que je n'étais qu'un simple embryon dans le ventre de ma mère, l'homme qui nous a abandonnée toutes les deux. Elle m'avait choisie moi, plutôt que son grand amour et jamais elle n'avait regretté sa décision. Une femme si exceptionnelle ... Maman ...

Malgrè le fait que mon bien aimé voulait m'épargner cette vision perturbante, je n'avais pu me résoudre à l'ignorer, saisissant cette infime occasion de contempler une dernière fois le visage de celle qui avait égayer ma vie, celle qui avait fait de moi ce que j'étais aujourd'hui. En quelque sorte, j'avais cette impression que je lui devais bien ça, même si j'avais parfaitement conscience de l'illusion. Comment pouvait-on être si cruel, si maléfique ? Pourquoi ? Méritais-je cette souffrance ? N'avais pas tout fait pour elle ? Pour lui rendre ses derniers mois "confortables" ? Non, il n'était pas question de cela, ma mère n'aurait jamais eu cet air accusateur envers moi. Elle qui était si compréhensive, si douce ... Elle qui avait laissé un si grand vide en moi depuis son "départ". La pire des souffrances endurées. Sa présence était devenue un manque, même après le temps qui s'était écoulé depuis, elle me manquait terriblement. Un creux qui ne s'était jamais refermé et que Johan avait pu combler en partie. En partie car il m'était tout simplement impossible de l'oublier totalement, je lui devais tant.

Cette fleur était pour elle, l'Edelweiss ... J'avais tant lu sur la flore depuis ma rencontre avec le botaniste et je m'entrainais régulièrement à faire apparaître diverses plantes. Celle-ci avait toujours tendance à me faire penser à elle et c'était donc pour cette raison que je fis naitre cette magnifique fleur blanche de la paume de ma main. Ah si je pouvais la poser devant elle, si je pouvais la lui offrir en ultime cadeau, elle qui n'avait aucune connaissance de mes dons. Si seulement ... Si seulement, je pouvais m'approcher d'elle et la serre contre moi, entendre ses faibles battements de coeur ... La fleur disparue, la tentation devenant beaucoup trop forte, beaucoup trop insupportable et ma main vint enserrer un peu plus celle de mon bien aimé, le suppliant de ne pas me lâcher. Je savais que je pouvais compter sur lui, lui qui semblait prêt à décrocher la lune pour l'océan de mes pupilles. Un véritable amour.

Je pus percevoir une certaine tristesse dans ses yeux, j'en étais responsable, lui imposant mon état de détresse incontrôlé. Je m'accrochais à son regard balancé, écoutant ses mots, n'en attendant pas moins de lui. Il était devenu si important pour moi, si précieux. Je fermais mes paupières douloureuses d'avoir laissé échapper tant de larmes lorsque ses douces lèvres rejoignirent mon front. Un nouveau point positif de sa part, un vague sourire triste sur mes lèvres en réponse. Je rouvris les yeux, m'accrochant toujours à ce regard comme à une bouée de sauvetage tout en murmurant.

"Point positif ... J'ai pu la voir une dernière fois ..."

Je déglutis difficilement tandis que je reportai mon attention sur le spectre. Le murmure s'intensifia, prenant forme, mon prénom prononcé si durement par cette voix si familière, habituellement si bienveillante. Ce ton empli de reproche ne lui ressemblait tellement pas mais je n'eus pas vraiment l'occasion de m'attarder sur les murmures. Le fantôme de ma mère se décomposait sous mes yeux, revenant à la forme de squelette. Je restais choquée sous cette vision d'horreur, portant une main à ma bouche pour étouffer un nouveau sanglot. C'était trop ... Pourquoi tant de souffrances ? Pourquoi tant de maux ?  Je ne réagissais plus, fixant ce qui restait de la vision de ma mère comme hypnotisée, laissant Johan m'enlacer, me blottissant une nouvelle fois contre ce pull vert informe. La voix reprit de plus belle et je portais mes mains sur mes oreilles pour l'étouffer au mieux, ne loupant pour autant pas les paroles de mon protecteur. Je répétais ses mots machinalement pour m'en convaincre.

"Ce n'est pas elle ... Ce n'est pas elle ..."

Non ce n'était pas elle ... Tout simplement car jamais ma mère ne m'aurait fait subir de telles souffrances, ou de quelconques reproches. Même lorsque j'étais dans l'erreur, elle ne m'avait jamais fait aucun reproche, me laissant y réfléchir par moi-même. Jamais elle ne m'aurait infligée de telles angoisses. Au contraire, toujours, à chaque fois où l'angoisse ou la peur s'était emparée de moi, elle avait été là pour me consoler, pour me rassurer, pour m'aider à me dépasser. Affronter ses peurs ... Bien sûr, de simples peurs d'enfant, de simples angoisses d'une timidité maladive par exemple lors d'un premier jour d'école ... Cette peur, cette angoisse qui m'habitait à cet instant était bien plus forte, comparable à celle que j'avais vécue lorsque je m'étais retrouvée seule après son décès ...

C'était trop ... Il devait cesser, je ne méritais pas une telle souffrance, j'avais tout fait pour elle, tout ... Pour sans doute la seconde fois de toute ma vie, la première étant relative au déni suivant le deuil, pour la seconde fois, la colère m'envahit. Ce sentiment que je ne connaissais que très peu, moi de nature si calme et posée. Les larmes passèrent de chagrin à rage. Laissant tomber les bras le long de mon corps, me détachant de quelques centimètres de Johan, je serrais les poings, fort, si fort ! Ceux-ci tremblèrent tout comme la pièce autour de nous. C'était trop, mon pouvoir reflétait cette émotion presque inconnue pour moi, faisant trembler le sol à faible amplitude, mais assez pour que l'on s'en rende compte. Inspirant profondément, je me tournais vers l'esprit pour lui faire face. Mon ton se fit dur, tellement invraisemblable de ma part, sans hausser le ton, je m'adressais au squelette face à moi.

"Tu n'es pas ma mère ... Laisses la tranquille ... Laisses la en dehors de ça !" Le tremblement se fit plus fort alors que mes pupilles fixait les orbites vides du cadavre. Oubliant mes larmes, mon ton se rehaussa, plus sûre de moi. "Disparais tout de suite et ne reviens pas ! Laisses nous en paix ! Ma mère ne mérite pas d'être utilisée ! Jamais elle n'aurait utilisé ce ton ! Je ne mérite pas ça ! Va-t'en !"

Provoquer l'esprit n'était peut être pas la meilleure solution, mais la rage avait tout simplement pris le dessus à cet instant, les tremblements ne cessant pas. Je voulais qu'il s'en aille, qu'il disparaisse à jamais.











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MessageSujet: Re: [INTRIGUE] Tempus Fugit. [Groupe 4 : Elena Heart/Johan N. Stern]   Jeu 31 Mar 2016 - 20:46


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Dans ces Ailleurs que chacun peut se créer, les descendants de Saruta-Hiko, qui croyaient pouvoir tout faire passer à coup de sucreries, se retrouvaient à devoir faire face à la mère de la femme, lui portant un dernier coup au coeur. Mais il semblerait que cette apparition, même si elle effrayait la femme, semblait aussi lui redonner de la force, de cette force virulente et destructive qui provient de la colère. Alors, elle somma le Murmure de disparaître. Et de laisser sa mère tranquille. A ces mots, le squelette eut un sourire qui aurait pu sembler amusé.

Si tu le désires, ma chérie, je peux disparaître. Et tu te retrouveras seule. Après tout, tu n'as pas été désirée... Mais soit, je vais disparaître, ma belle. Après tout, je ne suis pas seule...

La chambre d'hôpital disparut alors, ramenant les tourtereaux dans le brouillard de la tour. Mais très vite, un nouveau décor apparut devant leurs yeux. Cela ressemblait d'avantage... A une ville que l'homme reconnaîtrait sans doute. Le décor était sombre, mais malgré tout très reconnaissable. Et, là, un homme apparut. Il eut un sourire mauvais. Tout dans son être clamait sa dangerosité. Et sa voix ne faisait que confirmer cette impression...

Salut Johan. Tu me remets ?



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MessageSujet: Re: [INTRIGUE] Tempus Fugit. [Groupe 4 : Elena Heart/Johan N. Stern]   Lun 4 Avr 2016 - 18:25

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Si seulement. Si seulement il possédait le pouvoir d’effacer ces moments d’horreur, ces moments pénibles. Si seulement il possédait le pouvoir d’empêcher ce spectre de s’attaquer à son aimée, de s’attaquer à cette « belle-mère » qu’il n’aurait jamais la chance de connaitre. Une femme douce et exceptionnelle, de ce qu’il avait compris des dires d’Elena. Un parent aimant et respectueux, soutenant sa fille dans chacune de ses épreuves, dans chacun de ses maux. Et maintenant, elle n’était plus là. Car là, dans ce lit d’hôpital si réel, ce n’était tout simplement pas elle. Juste une illusion, juste une projection…Mais ces mots étaient si durs, sa voix était si assassine… Même en devinant la nature exacte de ce semblant de femme, ses paroles faisaient tout de même mal. En cet instant, Johan ne pensait plus au fait que son tour viendrait peut-être bientôt. Plus d’importance, seul comptait son amour en cet instant. Doucement, même si la situation ne s’y prêtait guère, il posa ses lèvres sur son front, et reprit ce jeu étrange du « point positif ». Il avait enfin pu la voir en « vrai » et non au travers d’images de papier glacé. Ce n’était évidemment pas suffisant car elle était toujours si attristée, si choquée, mais néanmoins, elle rebondit sur ses paroles. La revoir… Un très bon point positif…Toujours essayer de tirer le bon du mauvais, de le mettre en valeur et en lumière. Il en existait…Toujours. Sinon, il ne serait tout simplement pas ici pour en débattre.
Plus cruel encore, la projection reprit ses mots assassins avant de se décomposer en un squelette immaculé et souriant. Ignoble. Abasourdie, Elena vint se réfugier contre lui quand il lui en donna l’occasion. Contre lui, recherchant la moindre parcelle de réconfort. Et, doucement, le néerlandais répétait ces évidences qui étaient parfois si difficiles à croire en des temps pareils. Son aimée, répétant ses mots, avait besoin de lui et il serait toujours là pour elle. Ça ne changerait jamais. Et il avait eu la promesse qu’il en serait toujours de même pour elle. Il espérait. Fort. Si fort. Parce qu’un avenir sans elle sonnerait comme la plus douce des horreurs.
Et pourtant, alors qu’il comptait bien la protéger de ce spectre, de ces murmures de ces paroles blessantes en l’enserrant dans ses bras, le plus longtemps possible, ce fut l’américaine qui se détacha légèrement de lui. De quelques centimètres, elle s’avança et, aussitôt, Johan vint saisir sa main. Il n’avait jamais cette expression sur son visage encore. Était-ce…de la colère ? Jamais, depuis qu’ils se connaissaient, elle n’avait montré le moindre ressentit. Pas le plus petit énervement, mais la plus faible parole blessante n’avait quitté ces douces lèvres rosées. Elle était d’une douceur sans égale, la gentillesse incarnée…mais, s’en était trop. S’en était trop pour elle. Elle serrait ses mains si fort, qu’il se demandait si elle n’allait pas briser la sienne, mais il ne la quitta pas pour autant. Il ne la lâcherait jamais.
Colère. Le botaniste ne sut pas comment réagir, restant pantois dans un premier temps. Il détestait la colère, ce qu’elle avait pu le pousser à faire, ce qu’elle avait pu détruire une partie de sa vie, une grande partie de son adolescence qu’il ne retrouverait jamais. Colère… Lui, évitait le plus possible d’embrasser ce sentiment si néfaste. Et voilà qu’il venait titiller la femme la plus douce et gentille qu’il n’ait jamais rencontré. Des mots forts, jetés au visage de ce spectre frappeur, mais qui pourtant reflétait tout l’amour d’Elena pour sa mère. Jamais, elle ne pourrait croire que cette apparition disait la vérité. Jamais elle ne pourrait croire en ces paroles ignobles. Il…comprenait. Il comprenait à quel point elle était exaspérée par le comportement de cette illusion voleuse de souvenir. Il comprenait, mais il détestait voir la colère s’emparer d’elle. Encore plus lorsqu’elle enclencha son pouvoir, faisant trembler les pierres invisibles de la tour dans laquelle ils se trouvaient toujours. Tremblement de terre… Ce n’était sans doute pas conscient, sans doute pas dirigé contre qui que ce soit, mais ça reflétait à la perfection son état d’esprit… Et tout ça le ramenait invariablement en arrière… Quand lui-même déstabilisait la roche, le sol à la moindre petite contrariété, se fichant complètement des conséquences, des regards apeurés qu’il pouvait déclencher. Au plus grand plaisir de l’organisation.
Depuis « cette » époque, celle où il était si différent, il avait abandonné de son plein gré une partie de son don. Plus jamais, il n’avait exercé la moindre influence sur la roche, sur le minerai, se cantonnant aux plantes, qui elles, ne pouvaient faire souffrir selon lui. Trop de violence, le néerlandais avait tout simplement tranché le moindre lien qui le reliait à cette époque, que ce soit les personnes qu’il côtoyait, les mots qu’il employait ou l’attitude autodestructive qu’il avait. Et maintenant, il se revoyait un peu dans ces forts sentiments qu’exprimait son aimée. Il comprenait, mais avait horreur de ça. Il comprenait, mais en avait presque peur. Abasourdi autant que peiné, autant que tiré en arrière, il vint se placer derrière Elena, et posa ses mains sur ses épaules pour les lui masser tendrement. Doucement, il posa ses lèvres dans son cou et murmura.

« Calme-toi, mon amour… Il n’en vaut pas la peine » Il déglutit, un peu perturbé.  « Je t’en conjure, ne t’énerve pas. »

Il aurait pu continuer, rajouter que la colère ne lui apporterait rien de bon, mais, il savait que ce ne serait que les mots jugeant et reflétant sa propre situation et pas la sienne. Elle avait toutes les raisons du monde d’être dans cet état, elle et il savait que ce ne serait que temporaire…pour elle. Loin, très loin de cet état de colère constant qu’il avait ressentis durant de longues années. Cet état qui l’avait plongé dans un enfer de violence teinté de substances depuis longtemps illégales. Un enfer où il s’était si bien adapté…Loin de la victime, plus proche du bourreau, où seul un miracle engendré par l’électrochoc de la mort avait pu l’en tirer. Peut-être un peu tard. Autant consommateur que producteur et vendeur de ces substances qui avaient dû en terrasser plus d’un. Qui l’avait terrassé, l’amenant à sa fuite.
Les derniers mots de sa prétendue « belle-mère » lui transperça le cœur, même en sachant qu’ils étaient faux. Elena avait bien été désirée, mais par un seul de ses deux parents, malheureusement. Ce père absent qui l’avait laissée seule avec sa mère, seule dans cette ville immense et si dangereuse… Ce personnage qui n’avait, à ses yeux, même pas le droit de se revendiquer une quelconque affiliation avec cette femme exceptionnelle qui partageait ses dires. Peiné pour son aimée, il se doutait que ces mots lui mettrait le cœur à vif, aussi continua-t-il à la rassurer, alors que la chambre semblait peu à peu disparaitre.

« Elle est partie… Tu sais maintenant que c’est impossible que ce soit elle. » Il revint devant elle pour la prendre dans ses bras, pour la consoler. « Oh, Ele…Je suis tellement désolé que tu aies dû assister à ça. On trouvera un moyen d’arrêter toute cette histoire. »

Que pouvait-il d’autre ? Que pouvait-il faire à part être présent ? A part la rassurer ? A part la consoler ? Mais alors qu’il prononçait ces paroles, le décor changea à nouveau. La brume insatiable fit place à une ruelle de brique et béton sale et sombre. Dangereuse… Les murs couverts de tag souvent à la limite de l’obscène et l’endroit, c’est flagrant, a depuis longtemps été déserté de toute justice. Johan écarquilla les yeux alors que son cœur s’arrêta d’effrois. Il reconnaitrait l’endroit entre mille, il reconnaitrait toujours ce lieu qui le hantait encore à l’heure actuelle. Quartier sombre d’Amsterdam, proche, si proche de l’une des « planques ».
Le moment était venu. Celui qu’il redoutait plus que tout, celui où le spectre reproduit son passé à lui. Si noir, si sale, si perturbant… Lui avait tellement changé, ou plutôt, il était enfin redevenu celui qu’il n’aurait jamais dû cesser d’être, mais il savait. Il savait que s’il se relâchait, les anciens reflexes pourraient resurgir. Les anciens mots, les anciennes paroles et attitudes, gravés en lui comme un système d’auto-défense face à cet univers de la rue.
Il se détacha de son aimée, sans pour autant lâcher sa main qu’il serrait si fort à son tour… « Il » allait arriver. Ça ne pouvait être que « lui ». Il lui sourit doucement, mais même lui avait du mal à masquer son angoisse, à masquer les battements de son cœur irrégulier et paniqué. « Il » allait arriver. Plus que pour lui, il avait peur pour elle. Peur de sa réaction, peur de ses propres réactions, peur qu’ « il » ne s’en prenne à eux, à elle surtout… Pourvu que l’illusion ne puisse pas agir physiquement… Il aimerait ne pas avoir à se battre devant elle. Un tremblement dans la voix, il lui rappela sa promesse.

« Ça va aller… » Avait-il déjà prononcé mensonge plus flagrant ? « Quoi que tu voies, quoi que tu entendes… S’il-te-plaît, garde tes questions pour plus tard. Je ne suis pas encore prêt à les entendre. »

C’est alors qu’ « il » apparut et que le néerlandais reporta son attention sur lui, l’air soudainement très sérieux, grave même. Cheveux foncé, yeux clair, du moins pour l’instant, car on ne pouvait jamais être sûr que ce soit sa véritable apparence, à peine plus petit que lui et étrangement très bien habillé malgré l’endroit, l’apparition eut un sourire mauvais, le même que d’habitude. Sur tous ceux qu’il avait côtoyés, se résumant pour beaucoup à des loques humaines constituant sa clientèle, il avait fallu que ce soit « lui ». Son « boss », qui l’avait si « gentiment recueillit et offert un toit et sa protection ». En réalité, il avait bien manipulé et utilisé le gamin à don qu’il était, le poussant doucement sur ce sentier glissant de la drogue et de la violence. Petit à petit, pas après pas… « II » était si charismatique. Il n’était sans doute pas le sommet de l’organisation dont il n’avait jamais vu toute la structure, mais bien un rouage fort important. La plaque tournante d’Amsterdam…Car il n’était pas resté à Maastricht quand il s’était enfuis de chez lui.
L’illusion ouvrit la bouche, et ces mots…ce ton… Une véritable plongée dans le passé. Ces mêmes paroles que lorsqu’il revenait d’une nuit ou d’une journée beaucoup trop floue pour qu’il s’en souvienne. Pourquoi avait-il fallu que ce soit lui… Johan essaya de calmer son cœur affolé, essaya de garder sa contenance, de ne surtout pas lui répliquer comme il le faisait à l’époque, à base d’insultes jetée au visage comme l’on jette des ordures. Il fallait…Qu’il se détache, qu’il n’entre pas dans le jeu…un maximum. Par habitude face à cet individu et peut-être aussi un peu inconsciemment pour protéger Elena, il répondit dans sa langue maternelle, le néerlandais.

« Le décor est très mal choisit. ‘Ghost’ est en taule ou dans une tombe, à n’en pas douter. » Essayer de ne pas rentrer dans le jeu...un maximum. Il n’en savait rien, mais tellement rien. D’instinct, il s’était tout de même légèrement placé devant Elena, sans pour autant la cacher complètement. « Fait nous ce plaisir et va faire tes combines ailleurs, je n’ai pas le temps de discuter avec toi du ‘bon vieux temps’ »














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MessageSujet: Re: [INTRIGUE] Tempus Fugit. [Groupe 4 : Elena Heart/Johan N. Stern]   Mar 5 Avr 2016 - 21:43

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Se laisser aller à la colère ... Un sentiment tellement rare, même inédit à cette intensité pour moi. Presque effrayant à voir. Ces tremblements, cette expression et ce ton dur et sévère. Tout le contraire de moi. Mais pourtant c'étaient bien mes poings qui se serraient, l'une de mes mains tenant sans doute un peu trop fort celle de mon bien aimé, c'était ma voix qui s'échappait de ma gorge de ce ton dur et déterminé, c'étaient mes pouvoirs qui se déchainaient sous cette rage m'envahissant, ma respiration s'accélérant au même rythme que les battements de mon coeur, l'adrénaline parcourant mes veines. Je voulais qu'il disparaisse, qu'il laisse ma mère en paix, qu'il nous laisse en paix.

Qu'est ce que Johan penserait en me voyant dans cet état ? En voyant qu'à cet instant, je n'étais plus la femme qu'il connaissait, bien loin de celle que j'étais habituellement. Mais cette rage était bien trop forte et la douleur l'était encore plus. La blessure qui me fendait le coeur depuis la perte de ma mère s'était réouverte, saignant abondamment dans tout mon être. Revoir ma mère une dernière fois ... Mais la voir se transformer en squelette, entendre ces mots qui ne lui ressemblaient pas ... Ce spectre était simplement une pâle copie de cette femme qui avait été tout pour moi, cette femme qui avait toujours fait passer ses intérêts avant les miens, cette femme qui m'avait donné la vie en perdant la chaleur que l'amour pouvait loger dans un coeur, tout comme celle que je ressentais en présence de cet homme fabuleux qui était le mien.

L'émotion était trop forte, ces mots menaçants sortaient de ma bouche sans vraiment que je ne prenne le temps de réfléchir. Une seule idée en tête : qu'il déguerpisse ... Qu'il laisse ma douce mère reposer en paix ... Il n'avait pas le droit de se servir d'elle, il n'en était pas digne. Cette impression de le voir souiller un ange ... Souiller la mémoire que j'avais de ma propre mère. Mais la douce chaleur me fit revenir à moi. Doucement, un frisson parcourut ma peau tandis que je sentis des mains se poser avec délicatesse sur mes épaules, sous cette douce pression. Je fermais les yeux en sentant la tendresse de ses lèvres sur ma nuque. Je baissais la tête, retenant mes larmes, tandis que le tremblement cessait progressivement jusqu'à se stopper totalement. Douce chaleur dans mon coeur ... Grâce à lui et seulement lui. Puis ces mots qui se voulaient à la fois suppliants et rassurants.

Immédiatement, je me sentis coupable de lui avoir montrer une partie de moi que je ne connaissais guère, que je pensais inexistante. Mes pupilles revinrent sur la moelle blanche constituant encore ce "corps humain", un sourire effrayant sur ses lèvres. J'écoutais ses paroles, me poignardant en plein coeur. Pas désirée. Non pas désirée ... Je reculais d'un pas, collant presque mon dos contre mon bien aimé, levant une main sur la sienne tandis que je fixais l'apparition, perturbée par ses paroles. Il mentait ... Ma mère m'avait désirée ... Et je n'avais besoin que d'elle. Je n'avais pas besoin de ce "fantôme du passé" qu'était mon père, si je pouvais l'appeler ainsi. Je n'avais pas de père et je n'en aurais jamais. Je ne voulais pas connaitre cet homme que je haïssais pour avoir abandonner la femme qu'il disait aimer. Mais cette peur de l'abandon restait logée au creux de mon estomac, cette peur qui était devenue réalité à la mort de ma mère et cette peur que je gardais encore et toujours.

Mais lui, Johan, ne m'abandonnerait jamais. Une promesse silencieuse mais bien présente entre nous, elle était réciproque. J'écoutais ses mots, caressant doucement sa main, mais restant pourtant muette, même lorsqu'il revient face à moi pour m'enlacer. Je me contentais de le serrer fort, très fort contre moi, le coeur battant d'un rythme effrené. Puis le bruit des machines se stoppa, l'odeur changea. Je m'écartais de lui, restant tout de même proche pour regarder autour de moi. Ce décor inconnu, tellement étrange et effrayant, peu fréquentable. Je compris d'où venait l'illusion ... Du passé de mon amour ... Mais pourquoi ? Il finit par se détacher de moi, tenant toujours ma main avec plus de force qu'à l'habitude. Je l'observais, inquiète, angoissée ... Je perçus un tremblement dans sa voix, me rendant compte qu'il s'agissait de la première fois. Il avait peur ... Mais peur de quoi ? De qui ? Quel était donc le lien avec son passé ? Toutes ces questions qui émergeaient dans ma tête, mais il les stoppa net dans une seule requête, la même qu'il avait formulé précédemment.

L'incompréhension se lisait sur mon visage, mais pourtant je me tus. Je le lui avais promis ... Je respecterais son choix ... Gardant foi en lui. Mais intérieurement ces questions ne demandaient qu'à franchir mes lèvres, brûlante de curiosité. Son air changea soudainement lorsque Johan reporta son attention droit devant lui. Je fis de même suivant ce regard pour découvrir un nouveau fantôme. Instinctivement, je me réfugiais un peu derrière lui, passant mes bras autour du sien. Je détaillais l'homme, remarquant immédiatement ce sourire mauvais, ne me disant rien de bon. Mais qui était-il ? Pourquoi faisait-il parti du passé d'un homme droit comme Johan ? D'un homme si doux et tendre ? Pas de question ... Pas de question, pas de réponse ... Puis il s'adressa à mon bien aimé, mon regard océan fixant celui de cet homme étrange et malsain. Ma main glissa vers la sienne, entrelaçant mes doigts aux siens pour lui montrer ma présence.

Je ne fus pas la seule à montrer une autre facette de moi-même, puisque Johan prit la parole de ce même ton de voix que le mien précédemment, dans une langue que je n'étais pas capable de comprendre, dans sa langue maternelle. J'angoissais de plus en plus, me posant tant de questions. Pourquoi parlait-il dans une langue inconnue pour moi ? Pourquoi voulait-il dissimuler le sens de ses mots ? Non une promesse est une promesse. Il n'était pas prêt. Déglutissant, la voix douce et tremblante, j'inversais les rôles.

"Ca va aller ... Il n'est pas réel Johan ... Nous sommes dans la tour, tous les deux. Il n'est pas réel, il est le fruit d'une illusion, tu le sais. N'aies pas peur ..." Illusion tellement vraie, paraissant si réelle, comme si nous étions dans ce pays que je ne pouvais connaitre. Courageuse, mais à la fois effrayée, sans lâcher sa main, je me postais devant Johan, l'air déterminé, mais pourtant si calme. "Laisses-le tranquille ... Tes tours sont surfaits ! Tu n'es que mensonges et lâcheté ..."

Il m'avait rassurée et protégée, maintenant que Johan était menacé, c'était à mon tour de lui montrer ma présence. Se surpasser pour lui ... Toujours un peu plus.










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MessageSujet: Re: [INTRIGUE] Tempus Fugit. [Groupe 4 : Elena Heart/Johan N. Stern]   Dim 8 Mai 2016 - 15:25


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Comme ils étaient prévisibles. La possibilité de voir l’avenir n’avait jamais été donnée au Murmure. Mais malgré tout, tout se produisait comme il le désirait. Il était si jouissif de voir ces petits humains danser au creux de la paume des mains qu’il n’avait pas, tel un marionnettiste fait danser ses pantins dans son théâtre. Ce spectacle était si beau.

Malheureusement, les meilleures choses ont une fin… Mais heureusement pour lui, la fin de ce divertissement n’était pas encore arrivée. Et il comptait en profiter au maximum. Ces deux descendants de Saruta-Hiko représentaient sa doute sa meilleure proie, même si les autres, dans leurs Ailleurs respectives, étaient délicieux aussi.

Et leur peur possédait une flaveur réellement inénarrable et inégalable. Même s’il semblerait que leur colère commençait à les dominer au détriment de la peur, cette dernière restait bien présente. Alors le Murmure appliqua sur le visage de Ghost un rictus amusé, qui témoignait de son propre amusement. Et Ghost éclata de rire, avant que son regard ne se durcisse. Sa voix se fit sifflante, même si son corps témoignait d’une étrange ouverture. Comme s’il était encore apte à offrir le pardon, tel un rédempteur issu du dernier cercle de l’Enfer.

Allons, allons, mon petit Johan. Tu t’oublies. Rappelle-moi qui t’as formé ? Qui eu pris sur son temps par pure compassion envers un jeune un peu paumé ? Qui a toujours été à tes côtés ? Tu as du potentiel, Johan, je l’ai toujours dit. Je suis prêt à passer l’éponge sur ta rébellion si tu me rejoins. Tu pourras même emmener la fille, si tu veux. Tu pourras même la garder pour toi. Je te dois bien ça. En échange, je t’offrirais un grand avenir. Mais c’est ma dernière offre. Parce que si tu refuses…

Son regard se fit soudain plus violent, et, en à peine un pas, il s’était dangereusement rapproché de la femme. Il lui effleura la joue d’un geste presque tendre et se réavança vers l’homme.

Je t’assure que tu lui diras définitivement adieu. N’oublie jamais que tu m’appartiens, quoi qu’en dise ta camée du soir.





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Dernière édition par PNJ le Ven 10 Juin 2016 - 21:35, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: [INTRIGUE] Tempus Fugit. [Groupe 4 : Elena Heart/Johan N. Stern]   Mer 25 Mai 2016 - 15:51

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Pourquoi ? Pourquoi avait-il fallu que cela arrive ? Pourquoi avait-il fallu que le destin lui force la main de cette façon ? Pourquoi avait-il fallu que sur toutes les personnes de son passé, ce fantôme impie choisisse… « Lui ». Johan aurait encore préféré revoir ses parents, eux et cette tension, cette oppression qu’il ressentait au sujet de son don, au sein du cadre familial. Il aurait encore préféré revoir certains de ses anciens clients, le regard et le doigt accusateur. Il aurait encore préféré revoir ses camarades de collèges et leurs regards d’effroi face à ses pouvoirs. Il aurait encore préféré revoir sa grand-mère, à qui il ne peut donner de nouvelles aussi régulières qu’il le souhaiterait. Mais non. Non. Le fantôme avant fixé son choix…Sur « Lui ». Ghost, l’homme aux mille visages et prénom. L’homme par qui tout a commencé, l’homme aux paroles si convaincante à une époque, si douces, si tentantes…Juste trop tentante pour l’adolescent qu’il était. Car cette vie qu’il lui proposait lui semblait à cet instant plus intéressant que tout ce qu’il aurait pu accomplir dans un parcours « normal ». Et lorsque l’on se trouve dans ce milieu, il est si difficile d’en sortir, encore plus d’en sortir indemne. Le néerlandais n’avait pu s’extirper de cet endroit qu’au prix d’un sacrifice immense qui lui laissa de profondes blessures, non pas sur sa peau, mais bien sur son cœur.

Car sur sa peau n’était gravé à l’encre que ces messages d’un autre temps, ces dessins artistiquement sublimes, d’une aiguille d’exception, chose si rare dans les basfond, mais à la signification si…dérangeante. Et à ça s’ajoutait ces marques et blessures d’anciennes bagarres dont il n’arrivait même plus à se souvenir du pourquoi, du quand, ou du comment. L’esprit trop embrumé par ces substances qu’il produisait, il en était devenu violent, sans doute sans aucune raison, comme d’habitude. Et, face à cette apparition qui lui semblait si réelle, il ne pouvait que réagir par réflexe. Se braquer, se crisper, sentir son cœur s’emballer comme rarement, mais pas de doux sentiments, non, de l’étreinte de la peur et de l’angoisse. S’il avait été seul face à « Lui », il aurait pu se défendre, l’esprit léger, mais non. Il était accompagné de son aimée, celle qui ne voyait encore en lui qu’un homme doux et droit, si loin de l’image passée du trafiquant. Il avait peur de sa réaction, mais il avait plus peur que cet homme n’en dévoile de trop ou pire, ne s’en prenne à elle. Cela se ressentait et marquait sa voix, ses gestes, ses paroles, comme rarement.
Il savait que cet homme n’était qu’un fantôme, mais, c’était plus fort que lui. Cette apparition lui semblait si réelle, trop réelle. Il se revoyait dans cette ruelle mal famée d’Amsterdam, un véritable bond en arrière, un poids, une chaine. Il entendait les paroles de son aimée, sa si chère Elena. Il les comprenait, il en avait prononcée de semblable mais…comment lui avouer ? Comment lui avoue ce point noir de son passé ? Si sombre…Si sale… Si elle savait… elle saurait pourquoi il réagissait de la sorte. Si elle savait, elle ne s’accrocherait plus à lui de la sorte, elle n’essayerait plus de le protéger. Serrant plus fort la main de sa chère et tendre, il murmurait, autant pour lui répondre que pour se rassurer, même si cela était si vain.

« Il n’est pas réel. Il n’est pas réel. Ce n’est pas la réalité. On sortira d’ici ensemble. Ce n’est pas réel… »

Un mantra qui ne lui servit à rien quand ce fantôme fait homme ouvrit la bouche pour s’adresser à eux. L’espace d’un instant, il avait espéré qu’il lui réponde dans cette langue inconnue de son aimée…Mais non. S’en était presque étrange, c’était ce même ton, ces mêmes paroles, mais prononcée dans une langue différente, comme prise exprès pour exposer à tous ici présent ce qu’il avait été dans un passé pas si lointain que cela. Johan serra les dents pour ne pas simplement lui dire de la fermer. Il encaissa, espérant mille fois qu’Elena ne retienne rien de tout ça… Même si cela était vrai. Les femmes de passage dont il n’avait même plus vraiment le souvenir, sans doute lui-même trop camé pour se rappeler de leur visage ou de leur nom, pour peu qu’elles lui donnent. Dans la rue, tout peut servir de monnaie d’échange, et le corps en est une parmi d’autre. Rien que de se rappeler de ça le répugnait, profondément. II n’était plus cet homme et quelque part, il n’avait jamais vraiment voulu l’être. Ce n’était plus la violence qui guidait ses actes et ses pensées. Il s’était coupé de ce milieu, après une sortie quelque peu fracassante mais surtout, après une fin désolante.
Et l’Homme s’avança, sa démarche hurlait qu’il n’était pas réel, mais Johan ne le tout simplement voyait pas. Les yeux braqué sur « lui », tout son être était en alerte, en tension, tendu comme jamais. Il scrutait ce fantôme du passé, comme s’il pouvait le transpercer de son regard. De nouvelles paroles encore, cet ordre déguisé de la part de cet homme dangereux. Il savait pour l’avoir côtoyé plus que de raison, plus que la plupart de ses collaborateur, quand il ordonne, on obéit, à moins de vouloir finir six pieds sous terre, une balle entre les deux yeux, dans le meilleur des cas. Ce geste fut à la fois le seul et celui de trop. Ce regard, cette façon qu’il avait d’observer sa tendre moitié comme l’on regarde un objet. Car pour lui, une femme n’était que ça, n’est-ce pas ? Tout le dégoutait dans cet homme, tout le révulsait chez lui, mais il n’était plus cet adolescent impressionnable. Non, il avait grandi, il avait changé, et plus jamais, il ne lui obéirait.
Pour protéger celle que son cœur avait choisie, il écarta cette main honnie sèchement. Il ne jouait pas. Il ne plaisait pas et son air se faisait dur et froid, si éloigné de ce qu’il était d’habitude pour elle, moins pour « Lui ».

« Ne la touche pas ! »

Se détachant d’Elena, il le repoussa une première fois, claquant ses paumes sur ses épaules pour le forcer à reculer, puis une seconde fois, un peu plus fort, pour que quelques pas les séparent désormais. De son point de vue, il devait presque s’estimer heureux de ne pas avoir reçu son poing dans la figure. Dans le même mouvement, il décrocha son catalyseur et ses yeux prirent la teinte de l’argent, signe qu’il y déversait sa magie. Bien sûr qu’il savait pour son don, et Johan ne se ferait pas trop prié pour le lui rappeler de façon douloureuse si jamais il s’approchait encore. Poing en avant comme pour mettre sa menace bien en évidence, brins d’herbe et autres lierres naquirent et croissaient de façon anarchique pour se tresser autour de son bras. S’il semblait s’apprêter pour un quelconque conflit, en réalité, tout son corps était tourné et aux aguets pour une seule et unique mission : protéger Elena. La protéger de cet homme infâme, et ce, par tous les moyens.

« On souffre d’amnésie ? Il me semble avoir été plus que clair la dernière fois ! Sors de ma vie ! »














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MessageSujet: Re: [INTRIGUE] Tempus Fugit. [Groupe 4 : Elena Heart/Johan N. Stern]   Sam 28 Mai 2016 - 21:28

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L'ambiance était des plus étranges et l'angoisse était à son comble, je ne comprenais pas qui était cet homme, quel était ce lieu et ce que tout cela avait à voir avec Johan. Malgré les question qui se bousculaient par dizaine dans ma tête, je tentais de ne pas sombre dans la peur et de rester forte. Pourquoi s'adressait-il à lui dans sa langue maternelle ? Il me cachait des choses, je n'étais pas idiote, mais je me devais de lui faire confiance et d'honorer ma promesse. Pas de question ... Aucune ... Garder en tête qu'il y avait une explication à tout et qu'il me la donnerait certainement le temps voulu. En attendant, je me devais de le soutenir, le rassurer, avant de me poster devant lui. Il était hors de question que cet homme ne lui fasse le moindre mal. Je sentis la pression de la main de mon amour s'accentuer, tandis que la mienne se faisait de plus en plus moite. Fixant l'esprit d'un regard dur, j'écoutais la douce voix de mon néerlandais répéter mes dires précédents pour mieux s'en convaincre.

Lorsque l'inconnu s'approcha, ce fut à mon tour de serrer un peu plus cette main rassurante, son sourire ne me disant rien de bon. M'ignorant royalement, il préféra répondre à Johan, mais cette fois dans ma langue natale et je pus comprendre chaque mots prononcés. Mon visage dut certainement perdre toutes couleurs pour le peu qu'elles existaient au fil de ses paroles, me décomposant un peu plus. Ainsi, ils étaient amis ? Mais comment pouvait-il être ami avec cet homme ? Et pourquoi avais-je été qualifiée de "conquête de la soirée". L'énonciation de drogues diverses me laissa sans voix. C'était donc cela que mon homme tenait tant à me cacher ? Il fournissait ces substances ...

De plus en plus mal à l'aise, mon coeur loupa un battement lorsque je compris où l'homme voulait en venir à l'évocation d'un certain "partage", moi en l'occurrence. A son approche, sous son regard insistant, je tentais de garder constance, de ne pas me démonter sur place, ne pas lui donner la satisfaction de la peur, mais inconsciemment, je reculais un peu pour revenir à niveau de Johan. Tétanisée, je ne pus en croire mes yeux lorsque je sentis sa main froide saisir mon visage. Ainsi, il pouvait ... nous toucher ... Même nous attaquer s'il le souhaitait. Retenant mon souffle, je lui lançais un regard noir pour cacher cette profonde terreur, écoutant ses paroles dégoutantes envers moi. Du chantage ... Il menaçait de me blesser pour obtenir les faveurs de mon botaniste.

Tout était à la fois si clair et si flou, mon esprit embrouillé ne parvenait pas à déceler le vrai du faux. Johan ... Dealer ? Impossible ... Mais dans ce cas, pourquoi était-il si terrifié face à cet esprit si tout ce qu'il énonçait était faux ? Et pourquoi m'avoir fait promettre de ne pas poser de questions si ces mots n'étaient que mensonges ? Pourquoi avoir voulu me mettre à l'écart de par sa langue maternelle que je n'étais pas en mesure de comprendre ? Et cette histoire de "conquête d'un soir" ... Il y en avait eu ... plusieurs ? Tandis que l'homme répugnant garder mon visage en otage, je m'efforçais d'enfouir toutes ces questions que je ne pourrais de toute façon pas poser. Aphone, mon rythme cardiaque s'emballait de plus belle. Mais impossible d'oublier ça ... Impossible, c'était beaucoup trop ... Johan, cet homme si doux, si souriant, si adorable ... Je ne pouvais pas croire à de telles histoires et pourtant ... Celui-ci, à cet instant, fut remplacer par un autre lui, plus froid, plus dur, lorsqu'il écarta cette main de moi, lâchant la mienne, me laissant souffler doucement pour reprendre mon calme, tenter de stopper les tremblements qui s'emparaient de mon être.

Non, il semblait simplement vouloir me protéger, mais c'était tellement déboussolant de le voir dans cet état, surtout lorsqu'il le repoussa une fois, puis deux fois avant de s'emparer de son catalyseur. Je restais en arrière, ne sachant que faire, ni comment réagir à la situation, continuant d'encaisser ces mots que mon cerveau retenait parfaitement pour les repasser irrémédiablement dans ma tête. Je ne vis pas la totalité de la scène, étant restée en arrière, mais je pus voir les plants se développer autour du bras de mon bien aimé, entendre les menaces qu'il proférait à son tour, parfaitement consciente qu'il faisait tout ceci pour moi, pour ma protection. Je savais l'amour qu'il me portait, mais je ne m'étais pas rendue compte à quel point je pouvais être son "point faible". Silencieuse, je déglutis difficilement devant mon manque de réaction. Tout simplement, je ne savais pas quoi faire ... M'interposer ? Rassurer Johan ? ... Attaquer ? ... Mais comment pourrais-je le faire, je ne m'en étais jamais pris à personne jusqu'à maintenant ...

Je choisis de m'approcher de mon néerlandais, sans pour autant le toucher, inspirant avant de reprendre une voix douce et calme. Je me sentais coupable de le voir dans un tel état, pour moi ...

"Johan ... Calmes toi s'il te plait ... Je n'ai rien. Je ... Je vais bien." Fixant de nouveau notre ennemi, mes traits marqués par la crainte, je me permis pourtant de lui tenir tête, d'une voix beaucoup plus dure à mon tour, plus assurée. "Johan ne vous appartient pas et moi non plus ... Laissez nous tranquille. Je ne sais pas quel est votre but dans tout cela, mais disparaissez. Rien n'est réel ..."

Je priais pour qu'il disparaisse, même si j'en doutais fortement, et j'étais bien consciente que mes simples mots ne parviendraient certainement pas à adoucir mon homme, surtout si un danger me menacer.









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MessageSujet: Re: [INTRIGUE] Tempus Fugit. [Groupe 4 : Elena Heart/Johan N. Stern]   Lun 13 Juin 2016 - 13:12


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Comme ils étaient prévisibles. La possibilité de voir l’avenir n’avait jamais été donnée au Murmure. Mais malgré tout, tout se produisait comme il le désirait. Il était si jouissif de voir ces petits humains danser au creux de la paume des mains qu’il n’avait pas, tel un marionnettiste fait danser ses pantins dans son théâtre. Ce spectacle était si beau.

Malheureusement, les meilleures choses ont une fin… Mais heureusement pour lui, la fin de ce divertissement n’était pas encore arrivée. Et il comptait en profiter au maximum. Ces deux descendants de Saruta-Hiko représentaient sa doute sa meilleure proie, même si les autres, dans leurs Ailleurs respectives, étaient délicieux aussi.

Et leur peur possédait une flaveur réellement inénarrable et inégalable. Même s’il semblerait que leur colère commençait à les dominer au détriment de la peur, cette dernière restait bien présente. Alors le Murmure appliqua sur le visage de Ghost un rictus amusé, qui témoignait de son propre amusement. Et Ghost éclata de rire, avant que son regard ne se durcisse. Sa voix se fit sifflante, même si son corps témoignait d’une étrange ouverture. Comme s’il était encore apte à offrir le pardon, tel un rédempteur issu du dernier cercle de l’Enfer.

Allons, allons, mon petit Johan. Tu t’oublies. Rappelle-moi qui t’as formé ? Qui eu pris sur son temps par pure compassion envers un jeune un peu paumé ? Qui a toujours été à tes côtés ? Tu as du potentiel, Johan, je l’ai toujours dit. Je suis prêt à passer l’éponge sur ta rébellion si tu me rejoins. Tu pourras même emmener la fille, si tu veux. Tu pourras même la garder pour toi. Je te dois bien ça. En échange, je t’offrirais un grand avenir. Mais c’est ma dernière offre. Parce que si tu refuses…

Son regard se fit soudain plus violent, et, en à peine un pas, il s’était dangereusement rapproché de la femme. Il lui effleura la joue d’un geste presque tendre et se réavança vers l’homme.

Je t’assure que tu lui diras définitivement adieu. N’oublie jamais que tu m’appartiens, quoi qu’en dise ta camée du soir.





Prochaine intervention de PNJ dans ~ tours



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MessageSujet: Re: [INTRIGUE] Tempus Fugit. [Groupe 4 : Elena Heart/Johan N. Stern]   Mar 21 Juin 2016 - 11:39

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Une véritable plongée dans le passé. Malheureusement. Les senteurs, les sensations, la pâleur du soleil des Pays-Bas perçant difficilement le ciel et ses nuages de maladie… La crasse de cette ruelle, et les souvenirs flous s’y associant invariablement. Flous par choix, flous par obligation, flous pour ne pas que cela pèse de trop. Même si en réalité, ils restaient bien présents et bien net. Bien trop net. Juste enfouis, sous une couche si fine qu’un rien les ferait resurgir. Un rien, oui, comme la rencontre avec une ancienne connaissance par exemple.
Mais ce n’était pas qu’une simple connaissance qui lui faisait face. Non… Il avait été bien plus que cela. Un mentor, un guide, un gourou. Son charisme rayonnant, attirant l’adolescent trop paumé qu’il était à l’époque dans un univers d’où il avait eu toutes les peines du monde à s’extirper. L’univers parallèle, hors des normes de la société, et tellement, tellement plus attrayant à l’époque pour lui. Tout ce pan de sa vie, il le regrettait, sans avoir la force d’en effacer définitivement les marques et l’encre. Malgré tout, malgré tout ce temps, toujours ancré, retenu par cette chaine de dessins de sa peau, il ne pouvait simplement oublier.
Tout semblait si réel. Tout ce qu’il avait voulu maquer à la vue et au su de son aimée était là…Il ne savait comment elle réagissait à toutes ces paroles, ces mots de son passé. Il ne savait combien de temps elle oserait encore rester en compagnie en n’ayant que ces embryon d’information à disposition. Angoisse… Pourquoi n’osait-elle le toucher désormais ? Peur… Il ne pouvait songer à cela. Le danger était trop présent, trop imminent. Quand ils auraient épuisé la patience de ce ‘Ghost’ de papier, ils auraient un douloureux aperçu de l’application de ses menaces. Mais il n’était qu’un profane, non ? Jamais, il n’avait été doté de pouvoir d’après ce que le néerlandais savait. Colère. Après tout… il avait clairement les capacités de se défaire de lui, de refaire parler sa violence. Qu’est ce qui l’en empêchait ? C’est ainsi qu’il répondait à l’époque après tout. Pour se défendre, pour défendre sa chère et tendre, il le pourrait. Ce serait… si facile. Et pourtant, il n’osait.

C’était…trop réel. Comme s’ils étaient réellement dans cette ruelle d’Amsterdam, à deux pas d’une des planques de l’organisation… Exactement comme ‘ce fantôme’ avait dit, quelque part. Comme s’il ramenait une autre de ses clientes, lui promettant mont et merveille, n’offrant en réalité que de quoi sombrer un peu plus. Cadeau empoisonné dont il faudrait payer le prix tôt ou tard. Lui-même avait bêtement gouté à ce poison qu’il fabriquait. Et cela avait été si difficile de s’en défaire… Simplement parce que d’un simple claquement de doigt, il pouvait faire réapparaitre plants et fleurs ‘magiques’, source de délires si profonds. Encore maintenant, encore plus depuis qu’il avait constaté que sa magie semblait progresser, il pouvait juste produire pour sa consommation. Mais jamais. Jamais il ne replongerait. Il s’était fait cette promesse, ce serment. À lui-même, à sa famille, à sa vie, à elle aussi quelque part. Plus jamais il ne serait ce déchet de l’humanité n’existant que pour la détruire. Bouffé de colère, bouffé de ressentiment, bouffé de haine, sans pardon, juste parlant de violence. Plus jamais.

Non, il ne pouvait.

Il ne pouvait redevenir cet adolescent. Pas maintenant. Pas après tout ce temps. Pas devant elle. Pas comme ça. Il avait grandi, le temps avait passé. Il était devenu un autre. Non, il ne pouvait ne fusse que songer à cette ignoble proposition, même s’il ne disait que l’affreuse vérité. Il ne pouvait reprendre sa place aux côtés de cet homme de l’ombre. Il ne pouvait sur-réagir à ces paroles mesurée pour faire mal. Il ne pouvait entrer dans le jeu du chat et de la souris avec lui. S’il répondait à cet homme par la violence, cela lui prouverait qu’il n’aurait pas changé d’un pouce. Fort, il serrait si fort son catalyseur dans sa main, ce maillage herbeux se répandant comme un véritable chiendent, sans qu’il n’en ai véritablement conscience. Fort, il s’accrochait si fort à la douce voix d’Elena. Se calmer… Rien n’était réel… et même si ce n’était, elle avait raison, il ne lui appartenait plus.

Il ne lui appartiendrait plus jamais.

« Jamais… » Ce n’était qu’un souffle de voix, qui s’affirma. « Jamais ! »

Il le repoussa une fois encore, profitant pour érafler sa main de sa mine de critérium. Ce n’était qu’une éraflure, mais, bien vite, guidé par sa magie, nombres de diversités de plantes grimpantes prirent racines, s’échinant à s’épanouir sur le bras de son ennemi. Il s’étonnait lui-même. Il se savait capable de faire naitre des de multiples espèces végétale, de les modifier, de les forcer à grandir, mais jamais, cela n’avait pris de telle proportion, encore moins sur un autre supposé être humain.

« Met toi bien ça en tête, Ghost. Je préfèrerais mourir que revenir travailler pour toi ! »

De sa main toujours saine en apparence, l’autre couverte d’une véritable pièce d’armure de nature, remontant jusqu’à l’épaule, il saisit celle d’Elena. Il prit ce geste qu’elle ne le repousse pour toutes ces choses qu’elle savait sans savoir. Ces gestes étaient d’urgence, et le ton de sa voix également. Ils ne pouvaient rester ici.

« Je t’en supplie… Suis-moi. »

Et il prit la fuite, l’entrainant avec lui, tournant au premier coin de rue qu’il trouva. Il continua sa course effrénée, espérant que cette réplique d’Amsterdam soit conforme à ses souvenirs. Un maximum, il mit de distance avec le fantôme du passé, ne se stoppant que lorsque le souffle manquant le lui ordonna. Un lieu à découvert, pour qu’on puisse le voir revenir de loin. Un lieu où il pourrait avoir l’avantage. Un lieu d’apaisement, le Voldelpark. Ce n’est qu’après avoir passé ses lourdes grilles de fer noir où ce nom en lettre d’or était gravé qu’il se stoppa. Il s’était rendu ici par reflexe, guidé par son envie de quitter le béton froid et sale. Était-il si proche à l’origine de cette planque ? Il n’en était pas certain, mais le trouver si proche l’avait étonné. Ici, tout était vide et calme… un océan de solitude. Reprenant son souffle trop court, il lâcha la main de son aimée et partit s’effondrer contre l’écorce sèche de l’arbre le plus proche. Quelques instants… Il avait besoin de quelques instants de repos. Dans ce moment de flottement, il n’osa desserrer les dents, pas plus qu’il n’osa se confronter au regard bleu impossible.














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MessageSujet: Re: [INTRIGUE] Tempus Fugit. [Groupe 4 : Elena Heart/Johan N. Stern]   Dim 26 Juin 2016 - 17:20

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Etrangement, je n'osais pas plus m'approcher de lui, je ne savais pas réellement expliquer cela, simplement, je restais à distance, le rassurant d'une voix des plus douces, m'efforçant de ne pas la rendre tremblante. Johan ne devait sentir ma crainte, même s'il s'en doutait certainement. L'air plus sévère, je m'adressais au fantôme, parfaitement consciente du fait que mes paroles l'amuseraient plus qu'elles ne le feraient fuir. Il semblait plutôt s'offusquer des mots du néerlandais, réitérant des propositions, me mentionnant comme si je n'étais qu'un simple objet. Puis de nouveau, il s'avança et sa main froide effleura ma joue. L'océan de mon regard croisa cette lueur de démence, et mes joues pâlirent un peu plus. Je détournais la tête, mon coeur s'affolant à l'entente de ses menaces.

Le botaniste ne semblait apprécier son comportement envers moi et une fois de plus, il le repoussa, tandis que je pus apercevoir son catalyseur griffer la main de son adversaire, ce qui déclencha un pouvoir jusqu'à maintenant inconnu pour moi. Les yeux quelque peu écarquillés, j'observais le phénomène de croissance des racines autour du bras du fantôme. Depuis quand Johan détenait un tel pouvoir ? Etais-je moi même en possession de celui-ci ? Johan ne me laissa pas vraiment le loisir d'y penser puisque je sentis sa main saisir la mienne. Il me supplia de le suivre, je n'avais aucunement l'optique de le repousser. Malgré le fait que je me posais maintenant tant de questions à son sujet, au sujet de son passé, de son lien avec cet homme, je ne pourrais m'éloigner de lui, c'était tout bonnement impossible et inconcevable.

Je me laissais entrainer dans sa course, le suivant tant bien que mal, autant que mes jambes et mon souffle me le permettaient, gardant sa main fermement serrer dans la mienne. Je ne pouvais le lâcher, je devais le suivre, ne pas rester seule, ne pas le laisser seul. Hors d'haleine, je me concentrais uniquement sur cette touffe de cheveux en bataille, à défaut de pouvoir voir son visage. Je m'étonnais moi-même de mon endurance, sans doute était-ce dû à l'adrénaline à cet instant. Mon regard se détacha de son point de fixation lorsqu'il fut attiré par cette grille noire aux lettres d'or. Je parvins tant bien que mal à lire ce nom, comprenant enfin où nous nous trouvions, là où se trouvaient les racines de mon cher Johan. Ce parc, bien entendu que je le connaissais, il intervenait dans de nombreuses oeuvres, ce nom s'était régulièrement imposé sur des pages blanches maculées de lettres noires. Mais cette fois-ci, ce n'était pas qu'une histoire, c'était ma vie, bien que j'avais bien conscience que ce lieu était factice.

Le néerlandais se stoppa et je crus que mes jambes allaient céder sous mon poids tant elles tremblaient, mais lorsqu'il relâcha ma main pour aller reprendre son souffle plus loin, je restais debout, sans bouger, inspirant et expirant un peu trop bruyamment, mon rythme cardiaque encore tachycarde de cette course soudaine, comme si nos vies en dépendaient et c'était peut être le cas. Que nous voulait donc cet esprit ? Quel était donc son but ? Peut-être simplement jouer avec nous par cruauté pour mieux nous tuer ensuite tel un chat jouant avec une pauvre souris avant de la décapiter sans cérémonie ... Nous le saurions bien assez tôt.

Ecoutant le souffle encore un peu trop hâtive de mon botaniste, je scrutais les environs. L'endroit était juste magnifique, d'une beauté éblouissante. Aussi, en tant normal, dans ce type d'endroit, nous nous serions promenés main dans la main pour profiter de la nature, de l'air frais, des reflets du soleil sur l'étendue d'eau. Puis nous aurions certainement déposé une couverture ou sol pour se reposer après une longue marche, pour partager un plaisir sucré, comme nous le faisions régulièrement dans le parc sur l'île. Amsterdam offrait beaucoup de merveilles malgré les quartiers mal famés réputant cette ville, je n'avais jamais vraiment vu cette ville de la même façon que les autres, mais plutôt un lieu de culture, de célèbres endroits à visiter.

Mes pupilles océans se posèrent sur mon homme, me ramenant à la dure réalité de la tour. Ce lieu de paradis n'était pas réel, et j'avais cette impression que nous portions une cible en étendard sur le coeur. Maintenant que ma respiration reprenait son rythme normal petit à petit, mon coeur se serra lorsque je compris qu'il évitait clairement de me regarder. Je venais d'en apprendre beaucoup sur son passé, bien que les éléments n'étaient pas encore tout à fait clairs pour moi, mais pourtant déjà difficiles à encaisser. Je n'avais qu'une seule idée en tête, aucune autre ne s'imposait à moi, et ne s'imposerait sans doute jamais dans une telle situation. Le soutenir ... Le soutenir sans poser de questions ... Lui prouver que j'étais là, et que je le serais toujours pour lui.

Dans cette optique, je m'approchais doucement de lui, non sans lancer des regards inquiets autour de moi au cas où le fantôme réapparaitrait. Arrivée à son niveau, je me fis violence pour ne pas fondre en larmes, à bout de nerfs. Simplement, je m'agenouillais face à lui, ne portant aucun regard inquisiteur sur lui, juste de la douceur, de la tendresse et de l'amour, comme d'habitude. L'une de mes mains trouva la sienne, la caressant dans un but rassurant, l'autre se posant sur son menton pour relever son visage. J'esquissais un sourire en apercevant son regard balancé, voulant paraitre forte, normale.

"Hey ... Ne restes pas là tout seul, je suis là."

Ma main glissa sur sa joue, ma tête se penchant pour mieux le contempler. Bien que le moment ne soit pas opportun, hésitant un instant, mes lèvres finirent par trouver les siennes, durant un laps de temps pourtant court, stressée par la potentielle arrivée de notre ennemi. Me redressant, je tirais doucement sur sa main pour l'encourager à se lever.

"Allez viens, on ne doit pas rester ici, il pourrait revenir ..."

D'instinct, je tournais de nouveau la tête vers la grille noire encore proche. Je ne savais si elle était la seule entrée ou la seule sortie, mais je ressentis le besoin de l'entraver pour me sentir "en sécurité". Des racines sortirent de terre, grimpant haut, bien haut, jusqu'au sommet des pics de fer forgés. Un mur d'épines et de lierre que normalement seuls Johan et moi pourrions lever, mais je ne connaissais pas l'étendue des pouvoirs de cet entité sans visage. Mon visage revenant au sien, l'air sérieux et déterminé, je m'adressais de nouveau à lui.

"C'est grâce à toi que je sais faire ça tu sais ..."

Sans un mot de plus, serrant sa main, je m'aventurais un peu plus dans cet immense parc, en sa compagnie, restant sur mes gardes malgré la beauté du paysage qui ne manquait pas de m'émerveiller tout de même. Je voulais paraitre normale, lui montrer que ce que je venais d'apprendre n'influait et n'influerait pas dans notre idylle. Le ton qui se voulait léger, bien qu'un peu tremblant, je lançais cette phrase qui m'était venue dès notre entrée en ces lieux, écartant toujours ces questions qui tempêtaient dans mon esprit.

"J'espère qu'un jour, nous pourrons venir ici ... Pour de vrai ..."

Un souhait à long terme, promesse d'un amour durable et solide.









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MessageSujet: Re: [INTRIGUE] Tempus Fugit. [Groupe 4 : Elena Heart/Johan N. Stern]   Mar 19 Juil 2016 - 9:05

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Cette ville, il la connaissait, il ne la connaissait que trop bien. N’avait-il pas passé près de trois années complètes dans ces rues et ruelles de pavés ? N’avait-il pas longé tout ce temps quartiers chauds comme doux parcs ? Observant sans relâche ce bonheur factice que tous semblaient lui jeter cruellement au visage ? Un bonheur simple, celui d’une famille aimante, entière, complète. Un bonheur qu’on lui avait en quelque sorte arraché, emporté par les roues galopantes d’un cheval d’acier. Tous ces gens se promenant main dans la main, riant, conversant, s’amusant, jouant, le tout sous un soleil parfois si rare dans son pays… Tous ces gens, il les avait tant haïs. Haïs pour tout ce qu’ils représentaient, haïs pour ce qu’ils étaient, haïs pour ne pas avoir remarqué que derrière cet air délavé et agressif se cachait simplement autre chose. Combien de personne n’avait pas changé de trottoir en l’apercevant de loin, lui seul ou accompagné d’autres. Combien de personne ne lui avait pas jeté ce regard en biais, inquisiteur, juge sans connaitre de ce qu’il était. Combien de fois n’avait-il pas dû s’enfoncer dans l’obscurité pour éviter les hommes de loi aux uniformes si reconnaissable ? Les gens de son espèce n’étaient pas les bienvenus dans les lieux de tourismes, cantonné aux noirs bas-fond si rarement exposé à la lumière.
Le néerlandais les avait haïs, bouffé par cette colère qui jamais ne le quittait à l’époque. Il les avait haïs, bousculé, insulté, tout ça pour ne pas admettre qu’en réalité, il les jalousait.
Ces personnes sans visages, vivant dans la lumière du monde, avaient tous ce qu’on lui avait retiré. De la reconnaissance, de la joie, des amis, une famille…

Une famille…

Une famille.

Combien de fois n’avait-il tourné les talons avant de laisser exploser autant sa rage que ses larmes de dégouts devant ce spectacle ? Coincé derrière les immenses grilles de fers forgés, n’osant, ne pouvant s’aventuré sous le soleil dans ce parc, ne pouvant que s’y introduire de nuit, accompagné de la solitude des étoiles, une fois ses méfaits commis.
Dire que tout ceci avait été sa vie, son existence, à une époque si proche et en même temps si éloignée. Un gamin qui avait eu le malheur de paraitre plus vieux, qui avait eu le malheur d’attirer l’attention des mauvaises personnes. Histoire banale dont on ne revient jamais indemne. Au final, il s’était extirpé de ce milieu, de cette ville où il n’avait plus voulu remettre les pieds.
A quel prix ?
Ce « prix » n’avait jamais vraiment quitté sa vie. Il n’avait pu l’oublier, cesser d’y penser. Un « prix » trop lourd et que pourtant, il se doutait d’avoir pris à de nombreuses reprises indirectement. Un « prix » qui s’était gravé sur sa peau, hurlant par son art le fait d’exister.

Sur tous les lieux qu’il connaissait d’Amsterdam, il avait choisi celui qu’il avait tant haïs. Comme s’il possédait une « force » pouvant repousser ceux tapis dans les bas-fonds. C’était un lieu de ravissement, un parc si célèbre que sa notoriété avait depuis longtemps dépassé les frontières des Pays-Bas. Mais en ce jour sans fin et figé, il était désespérément vide. Nul habitant flânant, nul touriste perdu ou se reposant entre deux visites. Non, rien de tout ça. Il n’y avait même plus la moindre âme qui vive, nul insecte, nul animal. L’endroit était plongé dans un silence aseptisé et angoissant, renforçant son côté factice. Ce silence si pesant, si lourd, uniquement brisé, rythmé par deux souffles d’épuisement. Le sien, oui, bien entendu, mais aussi celui de son aimée, qu’il avait entrainé sans véritablement lui demander son avis. Mais la soustraire à la présence de cet individu, ce fantôme, avait été plus important que tout. Elle pourrait le lui reprocher plus tard, avec tant d’autres choses… Il lui avait caché tant de choses… Et comme un idiot, il avait cru pouvoir garder le secret, continuer à esquiver les questions, continuer à faire comme si cette partie de sa vie n’avait jamais exister, sans jamais pouvoir l’oublier.

Un bel idiot à bout de souffle.

A bout de souffle et coupable.

Là, assis sur le sol, près de sa Terre-Mère, Johan tentait de se faire oublier. Il tentait d’oublier, appréhendant sans cesse l’instant d’après. Plus que l’apparition, c’était bien l’avis de son Elena qu’il redoutait. Tiendrait-elle sa promesse ? Oublierait-elle ses questions qu’il devinait nombreuses pour lui ? Il ne pourrait même pas lui en vouloir si elle en venait à briser ce serment oral. Il avait tant caché et ne faisait que payer les conséquences de ses actes. Il la sentit s’approcher mais n’osa lever les yeux vers elle. Et pourtant… Ce n’était pas l’envie de contempler ce regard impossible qui lui manquait, loin de là. Doucement, elle s’accroupit face à lui. Ce qu’il avait envie de la toucher, de l’embrasser, de pouvoir l’emmener loin de ce cauchemar… Mais il ne pensait avoir le droit. Alors il restait stoïque, s’attendant à mille reproches s’échappant des mots de son aimée. Il s’attendait à devoir encaisser plus qu’autre chose.

Et pourtant, il en fut autrement.

Avec sa grâce et sa douceur qui ne semblait avoir de limite à ses yeux, la belle américain s’empara de l’une de ses mains, posa l’autre sur son visage, le relevant simplement. Il n’opposa aucune résistance… Il ne le pouvait. Le néerlandais avait l’air plus battu qu’autre chose. Il se refusait les larmes qui pourrait l’amener à le prendre en pitié. Mais… Ce sourire, ces mots, ce regard si doux, cette main rejoignant sa joue… Cette si douce chaleur. Comment aurait-il pu ne pas fondre à son contact ? Sa main se posa sur la sienne alors qu’il se blottissait contre cette paume réconfortante et il accueillit ses lèvres avec un immense soulagement.
Elle tiendrait sa promesse.

Pourvu que ce baiser ne cesse jamais.

Mais la séparation finit par venir et un faible sourire naquit sur son visage. Il avait tant besoin d’elle. Et elle le lui prouvait encore et encore. Guidé par ses gestes et ses paroles, il se releva. Elle avait raison, l’instant n’était pas au vague-à-l ’âme. À chaque instant, son ex-‘patron’ pouvait venir briser ce tableau idyllique. Le néerlandais doutait l’avoir dissuadé de les suivre. La magie emplit l’air autour de lui, familière et pourtant étrangère à la fois. Magie de terre, si proche de la sienne sans l’être, appartenant plutôt à sa belle américaine. Si vite, l’urgence devait s’être infiltré dans sa volonté, elle éleva une muraille d’épines. Epaisse, haute, nulle ronce n’avait cet aspect sur cette planète. Johan ne pouvait s’empêcher d’être fier de cette scène qui s’était jouée sous ses yeux, oubliant quelque peu que d’autres herbes folles et lierres enserraient encore son bras, même si ses yeux s’étaient éteins depuis un certain temps. Comme si elles avaient toujours appartenu à sa personne.
Il acquiesça à cette évidence. Bien sûr, il en était un peu pour quelque chose, il l’avait initié à cette facette de leur don commun qu’elle ne connaissait pas, que lui avait toujours possédé. Mais jamais ses leçons ne s’étaient montré aussi poussée, pas au point d’étendre une muraille de cette taille.

« Les émotions influent toujours sur notre don, Johan, tu te dois de faire attention. » Les paroles d’Oma Stern lui revenaient amèrement à l’esprit. Il fut un temps où il avait brisé ce mantra, déversant toute sa colère, la mêlant à sa magie. Tremblant le sol, dévastant mur de brique et roche, il ne s’était pas toujours restreint au règne du végétal. Mais les minéraux s’étaient marqués du sceau du passé, et il s’en était coupé, jusqu’à l’irruption d’une douce jeune femme à ses côtés. Elle lui avait montré la poésie cachée dans la dureté des pierres, dans leurs arrêtes tranchantes et blessantes. Il n’osait ouvrir la terre de nouveau, il n’osait emplir ses mains de roches, mais recommençait à y songer. Songer à lever l’interdiction. Grace à elle.

Il avait tant besoin d’elle. Le savait-elle ?

Aucune protestation, il suivit sa marche, même si ses lèvres restaient closes. Comme si parler allait briser quelque chose, lui rappeler toutes ces questions qu’elle devait se poser. Si seulement tout ceci ne s’était produit… si seulement ils se trouvaient réellement aux Pays-Bas, et non dans cette fausse et angoissante réalité.

Si seulement.

Ils auraient pu en profiter, comme le faisait ces couples qu’ils haïssaient alors, qu’il enviait en réalité. Il serait enfin devenu une de ces personnes sans visage profitant de la tiédeur du jour. Une nouvelle fois, elle reprit la parole. Ses efforts étaient louables, car il devinait sans mal son véritable état d’esprit derrière ces mots légers, derrière ce ton papillon. Il la devinait angoissée, s’interrogeant sans pouvoir le faire. Peut-être avait-elle-même peur… Sans doute que oui, peur du fantôme, il n’en doutait pas de cela, mais peut-être avait-elle peur de comprendre quel était l’Homme à qui elle tenait la main. Mais le temps n’était pas encore venu. Il ne se sentait pas la force de stopper cette marche, de la stopper, de lui parler, parler de ce point noir de sa vie. Il n’avait pas la force de parler de cela.

Alors, il entra dans le jeu.

Alors, il força un peu plus ce faible sourire, effaçant l’angoisse de ses traits, sans pour autant oublier la situation précaire dans laquelle ils se trouvaient.
Le plus simplement du monde, il entrecroisa ses doigts aux siens, refermant l’étreinte de sa main, et se décida enfin à ouvrir la bouche.

« Je t’y emmènerais. Je te ferai visiter mon pays, seulement si tu m’emmènes voir le tien. Tu verras comme il y fait bon vivre quand le soleil décide enfin de montrer le bout de son nez. » et ajouta ensuite. « C’est promis. »

Et temps qu’elle voudrait toujours de lui à ses côtés, il n’oublierait pas cette promesse. Si seulement leur couple pouvait survivre à tout ça. Gangrenant tout son bras désormais, les herbes étranges n’avaient faibli, bien que plus alimentée en magie. Animée d’une volonté qu’il n’avait insufflée consciemment, elles n’étaient qu’un prémices à autre chose. Autre chose de plus grand. Mais étaient bien inutile en cet instant. Le botaniste trouvait cet état de fait bien étrange, jetant de temps à autre quelques coups d’œil vers les lianes, mais… il n’en avait pas peur. Il s’agissait d’une manifestation de son don, et à travers lui, de la Terre-Mère et elle ne l’avait jamais blessé.

Le regard droit devant lui, sa parole tomba comme un couperet.

« Je te raconterai. Tout. » Le sujet ne semblait avoir besoin d’être précisé tant il était évident. « Mais aujourd’hui, je ne pourrai pas. » car les mots qu’il ne parvenait à mettre sur son passé restait coincés dans sa gorge, formant une boule qu’il déglutit difficilement. « En attendant, je crois que je ne dirais pas non à un morceau de beignet aux pommes, si tu souhaites toujours le partager avec moi. »

Était-ce le moment ? Non. L’esprit pouvait revenir à chaque instant, il le savait, il ne l’oubliait pas. Mais il avait besoin de se rappeler qu’il y avait autre chose que ce monde factice. Une autre monde plus beau et plus vivant.









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MessageSujet: Re: [INTRIGUE] Tempus Fugit. [Groupe 4 : Elena Heart/Johan N. Stern]   Mar 9 Aoû 2016 - 20:06

Tempus Fugit




Ce qu'elle aurait aimé effacer ses peurs, lui faire oublier ce cauchemar figé dans le temps mais pourtant bien réel. Bien qu'Elena se posait tant de questions, ce qui lui importait le plus à cet instant était l'état de son bien aimé. Le voir ainsi lui oppressait le coeur. Jamais elle ne pourrait songer à l'abandonner, quoiqu'il ait à lui cacher. Bien que leur idylle ne datait que de quelques mois, il était simplement inconcevable pour elle de vivre sans ce botaniste qui avait ravi sa vie. Le passé était le passé, l'américaine ne pensait plus qu'à l'avenir, à leur avenir à tous les deux, il ne pouvait en être autrement pour elle. C'est ainsi que la belle avait laissé ses craintes et ses interrogations de côté pour faire ce dont elle était la plus douée : réconforter son aimé, son Johan, lui prouver ses sentiments, si forts étaient-ils, si puissants, si purs. Elle n'avait besoin que de lui, de sa présence, de sa voix, de son contact. Elle lui laisserait le temps d'être prêt à affronter ses démons du passé, à tout lui raconter et elle l'aiderait à les surmonter sans aucune hésitation.

Après avoir "sécurisé" du mieux qu'elle le put l'entrée de ce petit coin de paradis, si factice soit-il, Elena décidait d'effacer quelque peu ce contexte d'horreur et d'angoisse, même de l'ordre de quelques minutes, oublier leur assaillant et profiter, profiter de ses doigts entrelacés aux siens. L'ombre d'un instant, croire en la réalité de ce lieu, oublier cette tour terne et froide, hantée par ce fantômes aux milles visages, l'exorciser. Et pour ce faire, la belle n'émit qu'un seul souhait, celui de pouvoir connaitre le pays natal de celui qui avait volé son coeur, juste fouler cette terre en sa compagnie, sereinement. La jeune femme ne savait si cela était possible, quitter cette île ne serait-ce que pour quelques jours, pour découvrir de nouveaux paysages pour elle, des anciens pour lui, ou peut être enfin offrir ce fameux Edelweiss à cette plaque de marbre portant le nom de sa chère mère ?

Bien que dites sur un ton léger, ces paroles étaient si lourdes de sens, reflétant tant de choses, tant de pensées. Dans cette initiative, Elena souhaitait plus que tout briser ce silence entre eux, ce vide si insupportable, elle ne pouvait laisser les derniers évènements briser cette complicité qu'il y avait toujours eue entre eux. Elle espérait simplement voir ses douces lèvres esquisser ne serait-ce qu'un léger sourire, tout comme lui l'avait fait pour elle lorsqu'il avait évoqué ce tentant chocolat chaud ou même à de nombreuses reprises. Combien de fois avait-il fait apparaitre un sourire sur son visage parfois entaché de tristesse ou de nostalgie ? C'était à son tour à elle maintenant, de faire pour lui ce qu'il ne cessait de faire pour elle. Car c'était son rôle. L'étudiante ne pouvait croire que cet homme qui partageait son quotidien n'était qu'un masque, une comédie, elle le savait sincère.

Son regard d'océan se risquant à le regarder, son coeur s'allégea en voyant ce léger mieux sur son visage, remplaçant quelque peu cette tristesse s'étant installée dans ses traits. L'étreinte de sa main se resserrant, la douce constata avec bonheur qu'il avait enfin décidé de faire entre sa voix, son accent qu'elle aimait tant entendre chaque jour, tout ce qu'elle attendait, qu'il la suive dans ces souhaits d'amour et de bonheur, dans ce petit jeu qu'ils avaient instauré entre eux dès le début des évènements afin de mettre de côté la peur de l'inconnu. Ecoutant ces paroles, cette promesse, ce fut à elle de serrer un peu plus sa main.

"Je le ferais, c'est promis ..."

Une promesse qu'ils tiendraient, elle en était sûre, ils trouveraient la solution ensemble. Johan lui avait tant parlé de sa grand mère, celle à qui il devait tant, celle qui avait fait de lui l'homme qu'il était devenu. Connaitre cette femme si importante à ses yeux. Le regard dans le vague, elle tourna soudainement ses yeux vers lui lorsqu'il reprit la parole. Elle n'avait nul besoin de lui demander le pourquoi, elle en comprenait parfaitement le sujet qu'elle ne releva pas immédiatement, le laissant la surprendre de plus belle à l'évocation de ce plaisir sucré qui avait eu pour mérite de les rapprocher en ce jour d'automne, sur ce banc du campus. Elle n'oublierait jamais le regard émerveillé du professeur lorsqu'elle avait sorti cette modeste viennoiserie de son sac de papier pour le partager avec lui, en guise de remerciement.

Doucement, elle cessa la marche, l'incitant à se stopper, veillant à tout de même jeter un coup d'oeil aux alentours pour ne pas se faire surprendre par l'esprit. Rien autour d'eux, avait-il abandonné ? Pourtant, cette vision venait de lui, s'il avait bel et bien disparu, le parc aurait laissé place au pierre froide de la tour. De nouveau, elle lui fit face, attrapant sa seconde main harcelée de liane et de végétation, car elle n'en était pas effrayée, plutôt intriguée. Le regard qu'elle posait sur lui n'avait pas changé, il reflétait tout autant l'amour qu'elle avait pour lui, si ce n'est plus qu'avant ces épreuves.

"Je ne voudrais le partager avec personne d'autre, tu sais bien qu'un beignet aux pommes est beaucoup moins bon si je le mange toute seule." Elle afficha une moue plutôt enfantine, égale à elle-même, puis se rehaussa sur la pointe des pieds pour déposer un baiser dans son cou avant de relâcher l'une de ses mains. "Viens, on va se trouver un endroit sûr. Juste une chose ... Essayons de croire en ce moment, comme si cet endroit était réel. Je veux juste oublier cette journée pendant quelques minutes, tu veux bien ?"

L'entrainant sous un arbre, une sorte de saule pleureur, l'américaine prit place sur l'herbe réchauffée par ce faux soleil. Tout paraissait tellement réel ... Elle l'invita à la rejoindre, se blottissant contre lui tout en sortant le petit sac en papier contenant leur modeste trésor. Se tordant le coup pour l'embrasser tendrement, elle ajouta quelques mots pour clôturer ses inquiétudes. "Prends ton temps, je serais toujours là." Et elle sortit la viennoiserie, la coupant en deux parts les plus égales possibles, la compote coulant quelque peu sur ses doigts, en tendant une moitié à son amour, rassurée par leur proximité. "C'est bien mérité tu ne penses pas ?"

Si seulement cette menace ne flottait pas autour d'eux à cet instant ...










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MessageSujet: Re: [INTRIGUE] Tempus Fugit. [Groupe 4 : Elena Heart/Johan N. Stern]   Dim 14 Aoû 2016 - 1:38

Tempus Fugit



Dans cette réalité factice qui avait presque tout pour être réelle, en ce lieu d’angoisse, sous la menace planante d’une ombre au visage trop connu, un couple. Deux personnes, sans autre lien que celui liant leurs cœurs, leurs âmes, livrés à l’appétit vorace d’un spectre aux milles aspects blessant. Pourtant, autour d’eux, nulle armée de l’ombre, nul gens d’arme, nul péril n’était visible. Pour l’œil spectateur, il ne s’agissait que d’un simple parc. Un lieu de plaisance, verdoyant, enchanteur sous la douce lueur d’un soleil parfois trop rare. Juste un parc comme il en existe des milliers, dans une ville comme il en existe des millions. Un parc où badauds et touristes déambulent au hasard du temps et de la saison, seul ou en groupe, riant ou silencieux, profitant simplement du fait de vivre.
Oui, à l’origine, c’était une bonne description de ce parc.
Un lieu de vie, un lieu de rencontre, un lieu de bonheur et d’allégresse.
Loin, si loin de leur réalité actuelle. Car sous la douceur de ce soleil factice, le temps n’existait plus. Car sous la tiédeur de ses rayons, ils étaient seuls dans un lieu d’apparence et sans âme. Pas un bruit. Pas un son. Pas une seule autre silhouette à des lieues à la ronde. Personne. Rien si ce n’était le bruit régulier de leur pas, accompagné plus intimement de celui de leur cœur en alerte. Sur leur garde sans pourtant le paraitre. Pour l’un comme pour l’autre, ce qui aurait pu être une journée idyllique n’était en réalité qu’un cauchemar vivant.
Qui l’aurait cru ? Qui l’aurait cru que cette Île concentrant les gens de leur espèce, loin des profanes et de leurs regards accusateurs, était si dangereuse ? Qui aurait cru qu’il existait pareil être trompant l’œil autant que les sens, pour mieux se nourrir de la terreur qu’il faisait naitre ? Qui aurait cru qu’il existait pareille magie ? Capable de stopper le temps, la nature, les Hommes dans une danse figée, stoppée, cynique. Car sans le temps, la vie n’est plus. Ce petit coin de paradis où deux âmes liées par la force unique et pur de leurs sentiments essayaient de se reconstruire, loin de tout, avait montré sa face si sombre et brutale.
Qui l’aurait cru ?
Tenant fermement la main de celle qu’il considérait sienne depuis quelques mois déjà, Johan était comme revenu dans cet environnement honnis et familier, celui qu’il ne pensait jamais plus fouler. S’il ne s’était fié qu’à ses yeux, il aurait pu y croire, se croire revenu en ces temps sombres, en cette compagnie de mauvais augure. S’il avait été seul, livré à lui-même, il aurait pu. Il aurait pu craquer, ébrécher cette pierre qu’il avait reposé sur son passé, sur la personne de haine et de colère qu’il avait été, qui ne demandait qu’à ressortir, guidé par son ancien maitre. La peur des représailles aurait eu raison de lui et sans doute de tout ce qu’il avait construit depuis le temps où il avait quitté l’univers de la rue. Mais seul, il ne l’était pas. Il ne l’était plus. Il avait désormais à ses côtés la plus douce des compagnes et l’enivrant parfum de fleur de sa peau, la soie de sa main glissée dans la sienne, la douceur de sa voix de miel suffisait à le lui rappeler. A lui rappeler qu’une autre vie était possible, état même mieux que tout ceci. Pour elle, il aurait été capable de bien des choses, quitte à se mettre en danger. Pour elle, il avait osé s’interposer, il avait osé s’en prendre au fantôme hurlant à qui voulait l’entendre la vérité camouflée.
Dire qu’il avait cru que c’était la fin. La fin de leur histoire, la fin de leur idylle sucrée, à cause de cet autre lui qu’il avait toujours pris soin de dissimuler. Qui voudrait d’un ancien danger tel que lui, après tout ? Cette réponse, avec ce doux et apaisant sourire aux lèvres, elle lui avait offert, balayant d’un revers de main les questions auxquels il ne pouvait répondre, balayant par là même ses craintes. Car plus que le spectre sans visage, il craignait de la perdre. Pourtant, il en fut autrement, alors même qu’il rappelait par ses mots détournés qu’un autre passé entachait l’homme simple qu’il était.
Mais elle ne le releva pas, préférant plutôt continuer leur jeu nait pour leur faire oublier la situation précaire et étrange dans laquelle ils étaient. Tous deux le savaient mais tous deux préféraient sourire pour l’autre plutôt que se tordre d’angoisse.
A sa proposition d’enfin partager la douceur de sucre et de pomme que la belle américaine avait emmenée avec elle, elle répondit favorablement. Se stoppant sur le chemin, elle saisit sa deuxième main couverte d’herbacés divers et mouvant d’une volonté venu d’on ne sait où. Même si elle restait prudente, Elena n’en avait pas oublié sa douceur d’enfance, ni sa tendresse à son égard. Et un frémissement du néerlandais lui rappela à quel point il pouvait apprécier le contact de ses lèvres sur sa peau. Souriant sereinement sous la lueur du ciel factice, il accéda à sa demande. Comment aurait-il pu ne pas le faire ?

« Bien sûr. Temps que tu restes à mes côtés, c’est tout ce que je souhaite également. »

Et il la suivit, entrainée sous un majestueux saule aux branches si longues et recourbées qu’elles en formaient un rideau de verdure, masquant aux regards indiscrets, les couples de tout horizon devant s’y être déjà arrêté. C’était une bien maigre protection, le feuillage pouvant être balayé facilement d’un revers de main, mais du moment qu’ils étaient là l’un pour l’autre, ils ne craignaient pour ainsi dire presque rien. Johan rejoignit son aimée sur le sol tiédi et passa son bras sain autour de sa taille délicate, pour l’avoir plus proche de lui encore. Il accueillit un baiser bienvenu, en savourant chaque seconde, et sourit doucement à ses paroles sibyllines. Le sujet n’avait besoin d’être énoncé entre eux, pas plus qu’il n’avait besoin d’être commenté autrement que par un sourire un peu plus large, une expression un peu plus rassurée, reflétant son état d’esprit. Elle attendrait. Elle tiendrait sa promesse et attendrait qu’il soit prêt à en parler. Il l’observa sortir la douceur de sucre de son petit sac de papier devenu translucide par endroit et la scinder en deux parties égales. Les effluves de pommes lui mirent l’eau à la bouche. Depuis ce premier jour au campus de l’université de l’Île, cette modeste pâtisserie était devenue le symbole d’un tout bien plus grand et ce rituel un peu étrange, uniquement une façon bien à eux de rejouer la naissance de leurs sentiments l’un pour l’autre.
Au lieu de saisir l’appétissant amas de feuilletage, le botaniste préféra s’emparer des doigts de son aimée. Il les porta simplement à ses lèvres autant pour les débarrasser des traces de pommes que pour pouvoir y déposer de tendres baisers. Puis, il les libéra, non sans oublier de s’emparer de la moitié du symbole de leur amour.

« Amplement mérité » Il en profita pour déposer ses lèvres dans son cou, tout en la serrant contre lui. « Tout comme le chocolat chaud qui nous attend quand on rentrera chez nous. »

Le jeu avait repris. Parce que parler de cet avenir où ils seraient tous deux en sécurité, loin de tout ça, était mieux que de ruminer leur situation précaire et menaçante. Johan mordit dans la gourmandise, laissant sa saveur lui faire quelque peu oublier le lieu où ils se trouvaient.

Les minutes s’égrainèrent. Un temps calme et sereine où rien ni personne ne put déranger leur petit havre de paix et de verdure. Un temps où ils purent juste profiter du fait d’être ensemble, du contact de l’autre, tout blottit. Bien vite, la pâtisserie fut engloutie, une parenthèse nécessaire pour évacuer tout le stress accumulé dans ce cauchemar trop réel. Ayant posé sa main gangrenée sur le sol, les herbacés qui s’y étaient implantés formèrent lentement un tapis de fleur sous le couple de la terre, comme pour les couper de cette fausse verdure qui avait presque tout pour être réelle. Avec curiosité, Johan avait observé l’étrange scène sans pour autant s’en alerter. Certes, son don n’échappait pour ainsi dire jamais à son contrôle, mais des herbes folles ne pouvaient les blesser ou leur faire du mal, encore moins alors qu’il s’agissait vraisemblablement d’un cadeau de la Terre-Mère à leur égard. A vrai dire, ces mêmes herbes s’étaient essentiellement développées autour de lui, autour de ses jambes, ignorant quelque peu celles de l’américaine. Raison de plus pour ne pas s’en faire, de ce tout encore inutile, prémices d’un évènement bien plus grand. A la fin de sa contemplation, le néerlandais reprit doucement la parole.

« Je ne m’étais jamais vraiment attardé dans ce parc avant. » Ce qui était vrai, non qu’il ne l’avait voulu, plutôt qu’il n’avait pu. « C’est agréable… »

Et alors qu’il essaya d’enserrer son aimée de son autre bras, celui-ci resta cloué au sol, fermement attaché par la verdure qui avait rejoint le sol pour forme l’enchantant tapis. Johan tira une fois, deux fois, trois fois sur son bras mais rien n’y fit, il était bel et bien coincé. C’était… plus qu’étrange. Les herbacés l’entravaient mais ne le faisaient nullement souffrir. Mais il garda son sourire, ne voulant céder à une panique bien inutile.

« Je crois que mes plantes sont un peu jalouses de toi. » Il rit un peu, cette plaisanterie n’était là que pour désamorcer la situation inédite même pour lui. « Même s’il y a de quoi, je trouve la solution un peu extrême tout de même. »

Sur ses mots, il activa son pouvoir, laissant son don emplir peu à peu chaque fibre de son corps. Alors que son regard virait à l’argent, dans un premier temps, les herbacées s’agitèrent un peu, reprenant une force de vie certaine. Puis, Johan leur intima l’ordre silencieux de se calmer, ce qu’elles firent de suite, avant celui de le désentraver. Lentement, le règne végétal battit en retraite et quitta son bras pour rejoindre le tapis de fleurs sur le sol. Il releva alors son bras à hauteur de sa vision, pour vérifier qu’une trace ne restait sur sa paume, puis le déposa enfin autour de la taille de son aimée, comme il l’avait voulu. Ses yeux reprirent leur teinte de feuillage et de foret alors qu’il vint blottir son visage dans son cou.

« C’est mieux comme ça. »










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MessageSujet: Re: [INTRIGUE] Tempus Fugit. [Groupe 4 : Elena Heart/Johan N. Stern]   Sam 20 Aoû 2016 - 17:17


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Le Murmure les observa, dépité. Il n’avait plus le temps de s’amuser avec eux. Mais il ne pouvait leur laisser la paix sans leur adresser un dernier signe. Alors, Ghost réapparut, pendant quelques secondes, dans ce lieu où ils pensaient être tranquilles. Il eut le même sourire qu’auparavant et disparut, tandis que dans les airs résonnait sa voix.

-Vous ne pourrez jamais m’oublier. Profites-en bien, Johan, car je serais toujours là.

Les deux descendants sentirent alors un picotement sur leurs mains jointes. Picotement qui se transforma bien vite en sensation de brûlure. Et, à ce moment-là, le parc disparut. Tout fut recouvert de brume et, sans qu’ils ne s’en rendent compte, les deux descendants de Saruta-Hiko furent transportés. Quand le brouillard disparut, ils se trouvaient au pied des tours jumelles. Et, sur leurs mains jointes, on pouvait voir une rougeur, comme l’inflammation qui précède la brûlure. Ce stigmate formait la lettre G. Puis, sous leurs yeux ébahis, leurs peaux retrouvèrent leur état normal. Comme si tout n’avait été qu’un mauvais rêve. Mais pourtant, ils savaient que ce qu’ils avaient vécu était bien réel.

Autour d’eux, les habitants de l’île vivaient leur vie, inconscients de ce qu’il venait de se produire. Pourtant, dans la tour, le Murmure regrettait déjà ses si délicieux cobayes…








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MessageSujet: Re: [INTRIGUE] Tempus Fugit. [Groupe 4 : Elena Heart/Johan N. Stern]   Mar 23 Aoû 2016 - 21:31

Tempus Fugit




Elena avait fait du chemin depuis sa rencontre avec Johan, beaucoup de chemin. Et elle était bien loin d'imaginer à quel point il en était de même pour lui. Car jusqu'à aujourd'hui, elle ignorait ce passé qui devait certainement le hanter chaque jour, cet ancien lui dont le soit-disant "Ghost" lui avait fait un tableau à la fois flou et concret. Concret parce qu'il avait été plutôt clair dans ses insinuations, flou car la belle américaine avait beaucoup de mal à imaginer qu'il parlait bien de son "doux Johan". Pour elle, il était un homme droit, et il avait toujours été ainsi durant toute sa vie. Mais pourtant, il semblerait que le néerlandais cachait de nombreuses zones d'ombre, son passé comptant de nombreux écarts de conduite. Mais à quand cela remontait-il ... Un an ? Deux ans ? Dix ans ?

Perturbée, elle l'était, clairement. Mais pourtant elle affichait une mine sereine, en réalité bouffée par l'angoisse à l'intérieur. Car malgré cette promesse, elle ne pouvait oublier ces questions. Si seulement son aimé lui en avait parlé avant ? Si seulement elle ne l'aurait pas appris de la bouche d'un murmure ? Le botaniste n'avait rien fait pour réfuter ses actes, juste, il avait montré une partie de lui que la brune ne lui connaissait guère, une certaine violence. Si elle avait été choquée ? Oui ... Elle l'avait été. Mais elle savait que son but principal restait de la protéger ... Qu'il était sa moitié, son âme soeur. Mais elle aurait tant préféré entendre toutes ces révélations de sa bouche ... "Lui", le spectre ou l'apparition, quelconque soit-il, l'avait appelée "sa camée du soir", et malgrè le fait qu'elle souhaitait plus que tout oublier cette nomination, elle ne pouvait qu'y penser, encore et encore. Quand bien même il disait la vérité, Elena ne pourrait reprocher à son bienaimé sa vie d'avant.

Peut-être pouvait-elle définir cela en échappatoire, mais plutôt que d'insister sur ces questionnements silencieux, elle avait décidé de passer à autre chose, en tout cas le temps que l'européen soit prêt à lui parler. Car il le ferait, sa confiance en lui ne s'était aucune effritée. Et après avoir élevé un mur d'épine inpénétrable, bien que certes inutile face à leur nemesis de la tour, elle émetta un seul souhait : faire passer ce parc et ce moment pour une réalité, une minime tentative d'occulter l'angoisse. Johan acquiesca, se laissant entrainer vers ce saule, si beau, si prestigieux, derrière ce rideau de végétaux paraissant si sécurisant. Profiter du décor de nature comme un couple normal, non persécuté. Après tout, peut-être que la Saruta avait simplement rêvé ? Qu'elle se réveillerait dans les bras rassurants de son doux néerlandais ? Qu'il lui dirait simplement que tout ceci n'était qu'une illusion de son esprit ? Mais non la douleur qu'elle avait ressentie à l'apparition fantomatique de son ancienne meilleure amie, et bien pire, de celle de sa mère, était bien trop réelle pour n'être qu'une songe.

Pourtant, dès lors qu'elle sentit son bras délicat passer autour de sa taille, elle se rendit compte que, même si cette journée était éprouvante et étrange, elle ne voulait en rien l'oublier. Car elle se sentait encore plus proche de lui, bien plus proche. Elle lui fit simplement savoir qu'il ne devait aucunement craindre un quelconque jugement ou des interrogations. Comme promis ... Il était grand temps pour eux de savourer leur plaisir sucré, logé dans ce sac de papier à l'odeur alléchante de compote. La première viennoiserie qu'ils avaient tous deux partagés. Ce fut non sans en faire déborder le fourrage qu'elle déchira la pâte sucrée en deux. L'américaine fixa son aimé lorsqu'il se saisit de son bras, portant ses lèvres sur ses doigts maculés de pommes. Elle ferma les yeux un instant pour savourer le contact. Définitivement, elle ne pouvait croire en un lourd passé de violence, lui qui était si doux, si attentionné. Lui dévoilant de nouveau ses pupilles d'océan, elle lui sourit, abaissant sa main lorsqu'elle fut libre de mouvement.

Un baiser sucré dans le cou et une allusion à ce fameux chocolat chaud qui lui mettait toujours l'eau à la bouche et Elena se blottit contre lui pour grignoter sa moitié sucrée. Sans doute une grande première, elle la mangeait sans faim ... Difficile d'avoir de l'appétit lorsqu'une épée de Damoclès restait perchée au-dessus de leurs têtes. Difficile d'oublier l'esprit frappeur qui devait rôder non loin d'eux, se délectant de cette peur dissimulée derrière leurs sourires et leurs tons légers. Une fois le beignet terminé, pensive, la belle passa sa main dans l'herbe chaude, dessinant des contours imaginaires sur celle-ci.

"Oui, très agréable ... Je pense qu'on devrait faire ça plus souvent et dans ... d'autres circonstances ..."

Sans pression psychologique, sans coeur lourd. Peut-être qu'une fois sortis de cette tour, ils iraient profiter réellement du soleil de l'île sous un saule réel, sans persécution ... Un léger mouvement forcé la tira de sa rêverie et son regard d'azur se fixa sur cette flore qui avait entouré les jambes de son botaniste. Aussi étranges étaient-elles, leur beauté n'avait pas d'égale, mais elle s'inquiéta quelque peu de voir son bras opprimé, même prisonnier de celle-ci. Levant les yeux vers lui, elle fut rassurée par son sourire et le lui rendit.

"Oh pourtant tu leur voues un amour inconditionnel à elles aussi."

Elle plaisantait, bien entendu aucunement jalouse de son goût prononcé pour la nature, mais fut tout de même soulagée de voir les racines lâcher le bras caché par l'éternel pull vert. Elle contempla le gris passant à cette balance de couleurs qu'elle aimait tant. Elle accueillit son visage, posant sa tête sur la sienne, souriante.

"Bien mieux oui ..."

Un visage réapparut devant eux, laissant Elena terrifiée sur le moment. Elle eut un mouvement de recul, agrippant le bras de son compagnon. "Jo ... Il est là !" Disparaissant certainement aussi vite qu'il était apparu, il laissa derrière lui cet effrayant son, cette voix inhumaine et cruelle. Sonnait-il le glas ? La fin de ce règne d'angoisse et de terreur ? Un picotement dans la main, suivi d'une sensation de brûlure, la fit s'écarter de celle de Johan. Elle contempla sa paume rouge un instant mais elle ne put en voir plus, une brume entâchant sa vue. Elle le sentait encore près d'elle mais ne le voyait plus. "Johan !" Sa voix saccadée de peur, tant bien que mal, elle put brièvement rattraper sa main, de la sienne douloureuse.

Puis tout redevint clair, l'entrée de la tour, le ciel d'Hizumu. Risquant un coup d'oeil vers l'élu de son coeur, elle leva leurs mains avant de les séparer une fois de plus, restant bouche bée devant ce G qui ne laissa plus aucune trace. Le murmure avait cessé, laissant place au tic-tac de leurs montres qui semblait presque trop perceptibles, tout autant que les battements de coeur de la belle.

"C'est fini ... Je ... je veux rentrer s'il te plait ..."

Et Elena se blottit contre lui, en quête d'un énième réconfort.










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MessageSujet: Re: [INTRIGUE] Tempus Fugit. [Groupe 4 : Elena Heart/Johan N. Stern]   Mar 1 Nov 2016 - 12:04

Tempus Fugit



En fin de compte, cette journée semblait se terminer sur une note positive. Une toute petite note positive mais qui, peu à peu, s’amplifiait pour prendre la forme d’une mélodie douce et entrainante. Une mélodie effaçant la cacophonie de cette journée chaotique, trop chaotique. Une mélodie qui ne pourrait, malheureusement, qu’être temporaire. Une fois que ce rêve niché au creux d’un cauchemar serait éteint, d’autres temps viendraient. Le temps des explications, le temps des doutes, le temps des maux aussi peut-être. Un temps que le néerlandais eût tenté de repousser de toutes ses forces. Un temps qui s’était imposé à lui et à sa bien-aimée par le biais de l’apparition fantomatique de cet homme presque haïs, entièrement honnis. Car ce joli jardin d’Eden, ce havre de paix découvert par hasard, n’en était pas moins factice. Ce moment de douceur dans les bras de son aimée avait beau être réel, ce lieu n’en était pas moins faux. Ce saule était faux, cette herbe tiédie par les rayons de ce soleil jaune était fausse, cette douce brise rafraichissante était fausse. Tout. Tout était faux. Et quand la réalité reviendrait, peut-être que tout serait différent.
Mais en cet instant, cet instant de quiétude où il pouvait enfin profiter de son aimée, Johan n’y pensait pas. Il ne voulait juste pas y penser. Il ne voulait pas entacher ce moment, le seul qui soit un tant soit peu positif dans cette journée à cent à l’heure. Il voulait juste sentir la chaleur de ce corps tout blottit contre le sien, humer le parfum de fleur s’échappant de la chevelure corbeau, sentir sous ses doigts la soie de sa peau, profiter du contact de son visage si proche du sien, de la douceur de ses lèvres sucrées. Comme si en un instant, ces sensations pouvaient disparaitre, lui être arraché cruellement. Il ne pourrait. Il ne pourrait supporter que cela puisse arriver. Que du mal lui soit fait à elle, devenue le centre de son existence désaxée, son pilier, le noyau du tas de poussière qu’était devenu son cœur au fil des évènements passés. Le botaniste aurait voulu. Il aurait tant souhaité que ce même passé reste dans l’ombre, dans l’oublis, que jamais plus il ne soit exposé à sa vue, que jamais il ne soit exposé à la sienne. Mais ça, c’était trop tard. Juste trop tard.

On ne peut fuir bien longtemps les fantômes, une leçon qu’il avait appris contre sa volonté.

Une leçon qui revint s’imposer à lui.

Soudainement, le visage de l’homme honnis réapparu, suivit de près par son corps trop bien vêtu pour le type d’activité clandestine qu’il pratiquait. Son aimée réagit, alertée et instantanément, une bouffée d’adrénaline se répandit dans l’organisme du néerlandais. Il avait été naïf, trop naïf de croire que dans cette illusion, ils pourraient être en sécurité où que ce soit. Cette scène ne dura que d’infimes secondes. Il resserra son étreinte autour de son aimée tandis que, presque par reflexe, sa magie se libéra. Les herbes folles autrefois inoffensives se dressèrent commençant à déployer une protection contrant l’hypothétique attaque à venir. Mais rien ne vint. Rien ne vint car Ghost disparut tout aussi rapidement, laissant derrière lui une phrase en suspens, sonnant comme une menace.
Une brûlure soudaine les contraignit à rompre l’entrelacement de leur doigt. Johan grimaça, l’apparition de cette lettre « G » ne lui disait rien de bon. A tout instant, il ne tenait prêt à attaquer, à défendre, à.…n’importe quoi, pourvu que sa bienaimée sorte indemne de cette journée d’enfer ! Puis, plus rien.

Tout disparut.

Le parc, la brise, le soleil factice, le saule, les herbacées tiédies. Tout disparu dans la brume, la brume, la brume. Tout, même Elena. Le néerlandais s’en alerta comme jamais, avant de se rendre compte que seule sa vue avait été trompée. Il la ressentait. Il ressentait encore cette douce chaleur, celle de son corps contre le sien. Il la sentait. Il sentait ce doux parfum de fleur, celui de ses cheveux. Il l’entendait. Il entendait sa douce voix teintée d’angoisse l’appelant. Et il y répondit.

« Je suis là ! » Des doigts incertains et tremblant revinrent se joindre aux siens. Il les serra fort, si fort de peur qu’ils lui échappent encore. « Je suis là, ne me lâche pas ! »

Et la brume disparut. Le brume disparut, dévoilant l’extérieur de la tour dans laquelle ils avaient pénétré il y a des heures et des heures pour eux, à peine une seconde en réalité. Ce fut si soudain que Johan, privé du soutien du saule factice, failli en tomber à la renverse, mais il se rattrapa au dernier instant. Tremblant, il constata en même temps qu’Elena la disparition de cette brûlure et en fut soulagé. Une marque de moins à camoufler. L’un comme l’autre n’aurait voulu rompre leur étreinte en cet instant et certainement pas le néerlandais. Les douces paroles de son aimée lui déchiraient le cœur, tant il pouvait y lire l’angoisse et la peur, deux sentiments qui faisaient écho aux siens en cet instant. Quand elle revint se blottir, il la serra contre lui. Il avait eu si peur pour elle et, quelque part, cette peur était toujours là, ancrée, formant un poids dans son estomac. Tout faire pour la réconforter, il n’avait le droit de se laisser submerger par la terreur maintenant, surtout sans être certain que tout était bel et bien terminé. Il caressa la longue chevelure d’onyx tout en prononçant doucement quelques mots. Si faiblement que seule elle pouvait les déceler. « Tout va bien » « Ne t’en fait pas » « C’est fini » « On va rentrer » « Je vais bien ». Et durant de longues minutes, ils restèrent immobiles, blottis l’un contre l’autre au pied d’une tour trop mystérieuse, trop lourde de sens pour eux désormais. Parfois, les mots du néerlandais s’entrecoupaient du contact de ses lèvres sur sa peau, et finalement sur ses lèvres. Mais malgré tout, il regarda ses sens en alerte, il garda sa magie en éveil, prêt à réagir à la moindre étrangeté.

Quand il fut certain qu’ils soient en sécurité, qu’Elena s’était calmée à son contact, il l’invita à se détacher de lui pour qu’ils puissent enfin se lever. Jamais il ne rompit le contact de leur main. Parce qu’il le fallait bien, ils amorcèrent leur retour vers la citée de Kousha. Autour d’eux, le temps semblait avoir repris son cours. Johan constata avec soulagement que les personnes stoppées, paralysées, revenaient à elles, sans trop savoir ce qui avait bien pu leur arriver. Il devait en être de même pour ses élèves. Avant que le couple ne puisse prendre un repos bien mérité dans leur petit nid douillet, le néerlandais dut se rendre au lycée, s’assurer que les lycéens dont il avait la charge se remettaient de cette histoire et qu’ils retrouvent leurs chambres respectives. Il ne pouvait se soustraire à son devoir, malheureusement.

Ceci fait, Johan et Elena rentrèrent à leur appartement, et purent enfin obtenir la récompense de cette journée d’angoisse : un bon chocolat chaud agrémenté d’un maximum de douceurs sucrées.

Et pour le reste, ils verraient bien.














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[INTRIGUE] Tempus Fugit. [Groupe 4 : Elena Heart/Johan N. Stern]

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